Odiolab podcasts
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@CarolineDeAllegri @JeremieWagner @WarcoBrienza
Odiolab est une association à but non lucratif réunissant des podcasters et des artistes passionnés par le son. Des podcasts vocaux aux live-acts musicaux, notre équipe a pour objectif de diffuser de véritables expériences audio gratuitement et de faire passer le mot à travers dans le monde.
5tracks #010 – ‘B-side’ produit Jay Castelli & Chris Kraus
L'épisode #010 de notre série de podcast « 5tracks » est présenté par le DJ espagnol JAY CASTELLI, qui s'est associé à l'artiste allemand CHRIS KRAUS pour l'occasion: ensemble, ils ont produit cinq titres de musique indépendante. Cette toute dernière sortie « B-side » – orientée house – fait suite à l'épisode « A-side » (#009) – axé techno. Cinq titres mixés par JAY CASTELLI, après avoir été produits par les deux acolytes. Tracklisting ci-dessous: 1. JAY CASTELLI - Eyieyieh (5:17) 2. CHRIS KRAUS - Oh my gosh (7:03) - [info & order: chriskraus.bandcamp.com/track/oh-my-gosh ] 3. CHRIS KRAUS - “How are you?!” (5:53) - [info & order: chriskraus.bandcamp.com/track/how-are-you ] 4. JAY CASTELLI - Dah Dah (5:32) 5. JAY CASTELLI - All in (5:06) © Jay Castelli & Chris Kraus, 2026 Plus d'informations sur Chris Kraus :
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Apr 12
5tracks #009 – ‘A-side’ produit par DeepSpud & Chris Kraus
La 3e saison de 5tracks podcast a commencé fort : dès le 20 janvier, un 1er opus de Patrick Villa & Jay Castelli résolument rythmé, ‘A techno session’ préparée par 2 nouveaux artistes chez UZIC : le producteur de son Patrick Villa et le DJ catalan Jay Castelli. Puisque 5tracks est un podcast collaboratif qui met en vitrine les musiques électroniques indépendantes, on en remet une couche avec ‘A-side’, un épisode ‘à-part’ puisqu’il nous donne à écouter le fruit d’une collaboration récente entre Chris Kraus, producteur et DJ de Cologne sous influences ‘House’ (deep/tech-house comme on les aime, underground et rythmée) et DeepSpud a.k.a. SickSpud, artiste techno présent historiquement sur UZIC radio. 5 titres enchainés par DeepSpud justement, après qu’ils aient été produits en duplex Lausanne - Cologne. Plus d’information sur chaque titre et commande en ligne pour les fans qui souhaitent soutenir ces 2 artistes indépendants: DEEPSPUD - Orientale Face (7:48) - [info & order] CHRIS KRAUS - Oh my gosh (7:03) - [info & order] DEEPSPUD - Minimal bal (7:19) - [info & order] CHRIS KRAUS - “How are you?!” (7:03) - [info & order] DEEPSPUD - Funky Face (7:43) - [info & order] © SickSpud & Chris Kraus, 2026 Vous en voulez encore? Restez connectés pour le prochain épisode intitulé ‘B-side’ qui porte bien son titre mais on n’en dit pas plus pour le moment. Bonne écoute. Plus d'informations sur Chris Kraus :
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Jan 30
5tracks #008 – A techno session produced by Patrick Villa, mixed by Jay Castelli
Fan of the 90's electronic music, Patrick Villa was deeply influenced by Detroit and Berlin technos. Nowadays, he produces his own vision of music, delivering massive, underground tracks. To get out of the studio - which also serves as his cave - 5tracks is quite useful to Patrick Villa! Our music podcast allows him to present his latest tracks to the public as well as collaborate with other artists/DJ's/producers. Tracklisting here: • 00:00:56 - 00:06:21 >> Patrick Villa - Detroigo (Reworked) • 00:06:21 - 00:11:46 >> Patrick Villa - Red Stick (Reworked) • 00:11:46 - 00:16:05 >> Patrick Villa - King of Club (Reworked) • 00:16:05 - 00:20:20 >> Patrick Villa - Phantoms (Reworked) • 00:20:18 - 00:25:55 >> Patrick Villa - Thena (Reworked) © Jay Castelli & Patrick Villa, 2025 This episode is a collaboration with Spanish-Swiss DJ Jay Castelli. Hope it will be the first of many! More information about Patrick Villa: https://www.patrick-villa.com/ https://soundcloud.com/patrick_villa https://www.youtube.com/@patrickvilla7249 https://www.facebook.com/patrickvillamusic Get the music of Patrick Villa now! https://music.apple.com/de/artist/patrick-villa/1464009413 More electronic music & podcasts on Odiolab's website: https://www.odiolab.ch/series/5tracks/ Call4Artists are you an independent artist willing to showcase your techno track(s) ? Please send your music here : uzic.ch/submit-music/ Our team will review and provide feedback to every track submitted! Want to support 5tracks podcast ? Help the Odiolab association broadcast it free of charge with a donation: donorbox.org/podcast-donation-en Wanna support the Odiolab association ?
Jan 20
5tracks #007 – Pure Techno by SickSpud – hommage au mUZIC.radio festival !
Le moins qu’on puisse dire, c’est que SickSpud a plus d’une corde à son arc. Actif comme l’un des programmateurs de UZIC radio, il est DJ bien sûr, mais aussi producteur de sons. Avec ’s’ à sons, le pluriel est de mise puisqu’à côté de la musique électronique (techno, tech-house, deep house, minimal...) il s’occupe aussi d’habillage sonore pour les podcasts de l’association Odiolab. Et le voilà que devient maître de classe lorsqu’il donne un atelier DJ4Kids aux enfants ! Revenons à la musique, parce qu’il y a matière. Pour sortir du studio - qui lui sert aussi de caverne - 5tracks s’avère utile. Créé en 2021, ce podcast musical lui permet de faire découvrir ses derniers titres au public, d’initier des ventes en ligne (le tracklisting mis à disposition dans les notes d'épisode ci-après mentionne des titres disponibles en ligne) et de collaborer avec d’autres artistes producteurs. Pour ce nouvel épisode, il y a un coup en plus à jouer : c’est le dernier week-end du mUZIC.radio festival et SickSpud y jouera un set techno ce vendredi 12 septembre 2025 de 18:00 à 20:00. Tendez l’oreille, il placera aussi quelques morceaux à lui ! Dans ce 7e épisode du podcast 5tracks, SickSpud sort une session de pure techno. Ecoutez-le sans attendre sur cette page ou en vous abonnant à 5tracks podcast. Voici la liste des morceaux diffusés lors de cette émission Pure Techno : 00:00:56 - 00:08:06 >> SickSpud - Bazzard (original mix) 00:08:06 - 00:11:04 >> SickSpud - H ou OP (Hardgroove mix) 00:11:04 - 00:16:22 >> SickSpud - Black Rabbit (mix original) 00:16:22 - 00:20:18 >> SickSpud - UZIC acid001 (mix original) 00:20:18 - 00:25:55 >> SickSpud - MACIVE (mix original) © Sickspud, 2025 #Call4Artists Vous êtes artiste indépendant et souhaitez faire découvrir vos morceaux de musique électronique ? Envoyez votre musique à notre radio partenaire UZIC : uzic.ch/submit-music/ Plus de musique électronique et de podcasts sur le site web d'Odiolab. Vous souhaitez soutenir le podcast 5tracks ? Aidez l'association Odiolab à le diffuser gratuitement en faisant un don. Envie de soutenir l'association Odiolab?
Sep 12, 2025
Caffè Croissance 009 – Remettre sa PME entre de bonnes mains, avec Raphaël Gindrat (Nuavo)
“C'est logique que toutes les entreprises ne trouvent pas repreneur. ” On lit ici et là que plus de 95’000 entreprises en Suisse devront être cédées dans les 5 ans à venir. Parmi les sources, la Confédération estime qu’environ une PME sur 3 disparaît parce qu'elle ne trouve pas de repreneur. Mais de quelle(s) PME parle-t-on ? Pour étayer ces chiffres, la plus haute instance politique du pays cite une source datant de 2012 (!) C’est dire si ce sujet épineux ne déclenche que peu d’emballement. Caffè Croissance est disponible un peu partout, d’Apple podcasts en passant par YouTube ou Spotify ; alors si vous voulez faire croître Caffè Croissance, votez sur votre plateforme préférée ou laissez-nous un commentaire, c’est toujours un plaisir de vous lire! L'invité que Marco Brienza retrouve autour du micro pour parler de transmission de PME est Raphaël Gindrat, cofondateur de Nuavo, un entrepreneur croisé à l’EPFL il y a plus de 10 ans et qui vit désormais sur la Goldküste zurichoise. À la tête de Nuavo, une initiative lancée il y a un peu plus d’un an, Raphaël Gindrat ambitionne - avec les 2 autres cofondateurs Philipp Ries et Gregor Plattner - d’assurer la pérennité des PME en Suisse, en leur offrant une solution entrepreneuriale pour la gestion de la succession. Voyons comment dans cet épisode avec LA QUESTION DU JOUR: COMMENT ET À QUI VENDRE SA PME ? Selon le magazine PME, la durée moyenne des successions s’avère plus ou moins longue: le temps moyen pour un Family Buy-out (FBO) est de 6,6 ans ; pour un Management Buy-Out (MBO), c’est 3,3 ans et 1,6 an pour le Management Buy-In (MBI). Peux-tu nous expliquer les différences entre ces 3 solutions: FBO, MBO et MBI ? Un peu plus d’un an et demi: cette estimation se confirme-t-elle chez Nuavo ? Selon l’"Enquête sur la succession d’entreprise 2022" publiée en sept.23 par feu le Credit Suisse, environ 42% des PME du pays sont transmises à une ou un descendant direct, 11% à d’autres liens de parenté et 23% à des collaborateurs ou à des membres de la direction hors du cercle familliale. Comment ces 3 manières de remettre une entreprise ont-elles évolué ces dernières années (après le Covid) ? Comment fixer le prix de vente de son entreprise ? 17% des entreprises suisses entre 10 et 49 employés connaissent des problèmes de succession, contre seulement 8,1% des entreprises de 50 à 249 collaborateurs. À quel point est-ce la taille de l’entreprise qui compte ? Sur quels critères - financiers ou non - les décisions d’investissement de Nuavo reposent-elles ? En tant que patron qui envisage de remettre, quelles sont les erreurs à ne pas commettre ? Nuavo a récemment fait une belle emplette… Pouvons-nous décrire le cas de l’entreprise jurassienne Domofen et les défis auxquels vous avez été confrontés pour ce 1er investissement ? INSPIRATIONS [ARTICLE] Comment acheter une entreprise familiale en Suisse? [CITATION] "Dans ce nouveau monde, si vous n’êtes pas autour de la table, vous figurez sur le menu.” Guy Verhofstadt, ex-premier ministre belge Vous avez râté l'épisode précédent, Des routes de la soie à la route vers Soi ? Le voici. Envie de soutenir l'association Odiolab?
Mar 11, 2025
Entre Ombres et Lumière – CF Ramuz dans ‘Passage du poète’ (EP7)
L’été fini, la fête des vignerons rassemble tout le monde dans les villages du Lavaux. Les préparatifs de ce grand rassemblement sont contés dans le dernier épisode de cette série. CF Ramuz est né en 1878 à Lausanne, en Suisse, de parents commerçants. Après des études de lettres dans sa ville natale, il part pour Paris, où il séjournera régulièrement jusqu’en 1914, tout en participant à la vie littéraire romande. Après la « Grande Guerre » il renonce au roman explicatif pour décrire des communautés aux prises avec les forces du mal, la guerre, la fin du monde. Il développe ainsi un nouveau style d’écriture proche du langage parlé, abandonnant la narration linéaire et introduisant le « on » comme l’expression d’une collectivité. Bonne écoute avec le chapitre 14 de 'Passage du poète'. Transcription ci-dessous: Chapitre 14 Ils avaient décidé que la fête aurait lieu le dernier dimanche d’août. Tout à coup, ils avaient dit : « Si on la faisait cette année ? » et ils étaient tombés d’accord sur ce point, étant tombés d’accord aussi quant à la date, parce que c’est un mois où le travail est moins pressant. On a fini les sulfatages, les soufrages ; et plus tard il faut tout préparer pour la vendange, on lave les tonneaux, on met de l’ordre dans les caves, on graisse la vis du pressoir. Entre deux temps, après les sulfatages et les soufrages, avant que les grappes commencent à traluire : une fête, un beau dimanche pour se réjouir, cette fête de tir. Et tous : « C’est une bonne idée. Depuis le temps… Ça nous manquait. » Mlle Mathilde a vite été acheter des journaux de mode qu’elle feuillette avec ses amies dans la tonnelle du jardin. Elles ont regardé comment elles allaient faire ces robes, et elles sont sans manches cette année. Est-ce qu’on oserait ? Sous la tonnelle, trois ou quatre semaines à l’avance ; – heureusement qu’il y a ces capes ou des collerettes tombantes ; et Mlle Mathilde s’est décidée pour une robe à berthe d’organdi. Les deux machines, celle à pied, celle à main, n’ont plus arrêté de tourner pendant tout le mois chez Mlle Ducimetière, comme quand on chantonne à deux voix, puis l’une des deux se tait. On a entendu Congo qui vient ; il tousse, il crache, il s’arrête, il a regardé ses pantoufles ; il a dit : — Ça ne se passera pas comme ça ! Il lève le bras, il le tient un moment levé au-dessus de sa tête, il l’abaisse : — Je vais aller lui parler ! À ce moment, les deux machines ont recommencé à tourner de compagnie et on n’a plus compris ce que Congo disait, bien qu’il continuât à parler tout haut avec des hochements de tête. Il sait bien qui il va trouver sous les platanes, entre deux de ces troncs nus de leur écorce comme d’une robe tombée, sous les grosses branches courtes, maintenant rejointes et aux vides qui ont été bouchés par les feuilles, comme quand en travers des poutres on met des lattes, on met du plâtre et c’est un plafond. — Ah ! ce qu’ils m’en font des misères, monsieur Besson. Heureusement que vous êtes là, alors écoutez. J’ai écrit une lettre à la municipalité. Il tire de sa poche de pantalon une feuille de papier pliée en quatre, qui est une page arrachée à un carnet de comptes, avec les colonnes imprimées en rouge. Ayant été dans l’intention de quitter plusieurs fois rapport à ces mauvais traitements… On voit que c’est écrit au crayon. — Je veux leur faire remarquer ça, a-t-il dit. C’est écrit au crayon, et il a eu beaucoup de peine à lire, tandis que ses gros doigts tremblaient de l’un et de l’autre côté de la feuille et étaient roses avec des ongles blancs. Besson fait ses paniers, pendant ce temps. — Ayant pourtant fait tout mon possible pour patienter jusqu’à aujourd’hui… Attendez… rendant ces messieurs attentifs au dommage qui m’est causé vu le défaut d’hygiène relatif
Nov 12, 2024
Entre Ombres et Lumière – CF Ramuz dans ‘Passage du poète’ (EP6)
Charles Ferdinand - dit ‘CF’ - Ramuz dans Passage du poète: Besson le vannier arrive au printemps dans un village du Lavaux, à côté de Lausanne, surplombant le Lac Léman. Il vient y travailler le temps d’une saison. Sur son passage, on rencontre plusieurs personnages, du fossoyeur jusqu'à Mathilde et sa robe neuve en passant par Congo, à la charge de la commune, Gilliéron dans sa cave, Bovard dans sa vigne... Chacun est pris dans ses soucis. Besson, avec sa tranquillité silencieuse, s’intègre sans s’intégrer. Ce sont les autres qui modifient leur regard sur leur quotidien. L’été fini, une fête des vignerons rassemble tout le monde, et Besson s’en repart dans le silence de la nuit. Dans le 6e et avant-dernier épisode de cette série sur CF Ramuz, écouter les passages suivants d'un de ses livres préférés, 'Passage du poète' : - chapitres 12 et 13 Transcription ci-dessous: Chapitre 12 On voit, en ce mois de juillet, qu’on a eu raison de bâtir serré le plus qu’on a pu, avec la moitié des maisons sous terre. Mlle Ducimetière la couturière se réjouit d’être dans une chambre où le soleil n’est jamais entré, avec son apprentie et une réassujettie[2] (comme on dit ici), une machine à pied et une machine à main ; et aussi, heureusement, beaucoup d’ouvrage, parce qu’il y a cette fête qui se prépare pour le mois d’août. Le bruit des deux machines tournant en même temps se fait entendre ; puis il n’y a plus eu que le bruit de l’une des deux, celle à pied, puis de nouveau le bruit des deux pendant que les hommes viennent, la lance de cuivre sous le bras. Pendant ce temps, sur la place, Besson continue à faire ses paniers, disant le pays et le refaisant, mettant les lignes de l’osier l’une sur l’autre, comme l’écrivain ses vers ou sa prose ; – disant le pays et ses murs par les tiges de l’osier dont il met les unes en travers et les autres viennent s’y nouer ; – sans qu’on sache, sans qu’on s’en doute, bien tranquille et silencieux, sur la place, sous les platanes, tout seul dans sa chemise grise et avec son tablier vert, faisant bouger ses mains au-dessus de son tablier vert. Midi sonne. On entend crier : c’est les enfants qui sortent de l’école. Il y a le bruit des socques sur le pavé. Besson fait toujours ses paniers : alors les enfants s’arrêtent. C’est quand toutes les cheminées fument, quand l’odeur de la soupe vient dehors avec la vapeur. Et Besson tout à coup, levant la tête, à un des petits : — Ça te plairait, cet ouvrage, à toi ?… Eh bien, quand je m’en irai, veux-tu que je te prenne avec moi ? L’autre, qui est gêné, baisse la tête, devient tout rouge, n’ose pas dire non, – et deux hommes qui viennent encore avec la hotte, et c’est midi ; deux hommes encore dans la ruelle dont ils prennent toute la largeur, qui viennent, et on voit luire au-dessus de leur tête le manche des outils que leurs mains ont poli. Mlle Ducimetière, qui est assise près de la fenêtre, porte une seconde les yeux de côté, puis les a remis à son aiguille, pendant que Besson remet les siens sur ses paniers. Et ça va comme ça jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne ; alors il y a eu une grande assemblée de moineaux dans les platanes, où ils se sont posés sur la pierre des branches, mais ils commencent à être cachés, parce qu’une grosse feuille par-ci par-là y pend comme si dans la pierre poussaient des plantes. Ils ont une grande réunion en même temps qu’ils parlent tous ensemble, se demandant où est le vieil homme au tablier vert qui tout à l’heure était installé entre les troncs. Il y a dans l’ombre ronde, l’ombre ronde et claire, toute percée de trous comme une grosse éponge : ils ne savent pas bien ce que c’est de là-haut, ils se sont d’abord méfiés, mais c’est quelque chose qui ne bouge pas, alors ils se rapprochent de plus en plus, penchant la tête pour mieux voir. Dans l’ombre, avec des taches de soleil dessus, ces paquets de verges
Nov 12, 2024
Entre Ombres et Lumière – CF Ramuz dans ‘Passage du poète’ (EP5)
CF Ramuz est né en 1878 à Lausanne, en Suisse, de parents commerçants. Après des études de lettres dans sa ville natale, il part pour Paris, où il séjournera régulièrement jusqu’en 1914, tout en participant à la vie littéraire romande. Après la « Grande Guerre » il renonce au roman explicatif pour décrire des communautés aux prises avec les forces du mal, la guerre, la fin du monde. Il développe ainsi un nouveau style d’écriture proche du langage parlé, abandonnant la narration linéaire et introduisant le « on » comme l’expression d’une collectivité. Dans le 5e épisode de cette série sur CF Ramuz, écouter les passages suivants d'un de ses livres préférés, 'Passage du poète' : - chapitres 10 et 11 Transcription ci-dessous: Chapitre 10 C’est le temps où ils se sont mis partout à appeler par-dessus l’eau, du nord au sud, poussant leur voix par-dessus le lac, rangés en lignes derrière les lignes des murs, se tenant à différentes hauteurs contre le mont et étagés, – vers l’autre rive, vers la Savoie. Temps où il va y avoir surabondance et on n’avait pas assez tout d’abord, mais à présent il va falloir qu’on ôte, sans quoi on serait chassé de chez soi : alors ils appellent par-dessus l’eau, par-dessus le lac, celles de là-bas, c’est quand juin est venu, – les Savoyardes. Là-bas, elles se tiennent prêtes avec leurs paniers, sous leurs châtaigniers ; elles ont entendu. On entend bien les cloches d’ici, là-bas, le dimanche, elles entendent bien là-bas quand on sonne les cloches d’ici. Elles ont entendu qu’on les appelle, elles disent : « On vient », elles se sont levées : – depuis des siècles qu’elles viennent, et c’est quand juin est venu. Elles descendent leurs petits sentiers sous les châtaigniers, elles prennent leur panier et descendent à deux ou trois dans leurs robes du dimanche ; ou encore c’est au bord du lac qu’elles habitent : là elles se montrent sur le pas des portes, quand il y a l’autre côté de la maison qui plonge dans l’eau, disant au revoir à leur famille. Aux fenêtres sèchent des linges. À côté d’un petit port qu’on voit d’en haut entre ses murs, qui est carré et où les barques se touchent toutes, de sorte qu’elles font comme un plancher, un grand plancher de pont de danse… — Hé ! là-bas, c’est le moment… Les vieilles avec leurs bonnets de dentelles noires, les jeunes qui suivent la mode ; les vieilles avec leurs coiffes, leurs robes noires, des tabliers ; les jeunes en corsages clairs et en chapeaux à fleurs… — On vous attend, vous venez ?… À présent, elles se tiennent dans le bout du débarcadère, attendant le bateau à vapeur, pendant que les douaniers en kaki sont assis sur un banc avec leurs revolvers ; le grand bateau à vapeur tout blanc qui arrive précédé et suivi par les mouettes. S’asseyant sur le pont d’avant qu’elles remplissent, se tenant serrées le plus qu’elles peuvent comme quand on a peur de se perdre, logeant sous leurs jupes leurs paniers ; et le mouvement que prend l’air à mesure que le bateau augmente sa vitesse gonfle leurs manches à celles qui ont des manches minces et aux autres leur envoie leur tablier par-dessus l’épaule, – qu’elles ramènent, qui s’envole de nouveau, qu’elles ramènent. Pendant toute la traversée, toute la belle traversée, quand tout est bleu, le ciel est bleu, la montagne est bleue, l’eau est bleue, et même la rive vers laquelle la pointe du bateau s’est tournée est bleue devant elles d’abord sous sa peinture d’air, – mais peu à peu la peinture se fendille, s’écaille, tombe en lamelles ; et la grande côte sort déshabillée, avec la couleur de la feuille, sa couleur, se peignant en vert ; avec la couleur de la pierre, sa couleur, se peignant en blanc, – verte et blanche. La grande côte venant rapidement à vous, avec tous ses murs dont le nombre étonne, et chaque fois elles sont étonnées, cherchant à les compter, n’y
Nov 12, 2024
Entre Ombres et Lumière – CF Ramuz dans ‘Passage du poète’ (EP4)
Charles Ferdinand - dit ‘CF’ - Ramuz dans Passage du poète: Besson le vannier arrive au printemps dans un village du Lavaux, à côté de Lausanne, surplombant le Lac Léman. Il vient y travailler le temps d’une saison. Sur son passage, on rencontre plusieurs personnages, du fossoyeur jusqu'à Mathilde et sa robe neuve en passant par Congo, à la charge de la commune, Gilliéron dans sa cave, Bovard dans sa vigne... Chacun est pris dans ses soucis. Besson, avec sa tranquillité silencieuse, s’intègre sans s’intégrer. Ce sont les autres qui modifient leur regard sur leur quotidien. L’été fini, une fête des vignerons rassemble tout le monde, et Besson s’en repart dans le silence de la nuit. Dans le 4e épisode de cette série, écouter les passages suivants d'un des livres préférés de CF Ramuz, 'Passage du poète' : - chapitres 8 et 9 Transcription ci-dessous: Chapitre 8 Besson, pendant ce temps, est de nouveau sur la route. Il a travaillé encore, ce matin ; après quoi, il a pris sa hotte comme un enfant entre ses bras, il passe dans les courroies l’épaule droite, l’épaule gauche. Il dessine la ligne du mur en passant derrière, à cause de sa partie claire qui est aussi sa partie d’en haut ; on voit qu’il a pris la côte en travers, s’élevant toujours plus par une pente égale. Là-bas, et presque à la même hauteur que la route, Bovard est sur son promontoire ; Bovard se redresse, il lève la tête un moment, il devient silencieux. L’outil s’est tu entre ses mains, tandis qu’il lève la tête et regarde. Un autre alors, au-dessus de la route, sort d’entre les feuilles comme le nageur, il sort avec son dos d’entre les feuilles gardant ses jambes enfouies, il se retourne, et lui c’est, d’en haut qu’il regarde. Ce qui passe, ce qui va. Ce qui quitte l’un pour aller à l’autre. Ce qui réunit. Eux, immobiles chacun dans son carré de murs, chacun sur sa marche d’escalier, et étagés ; et lui qui alors a le mouvement et est comme un message de moi à toi, de nous à vous. Le soleil le marque en clair et en brillant. Chacun se redresse, et regarde, et lui va : alors la route arrive à une place où il y a un repli dans le mont ; là on voit qu’il y a des arbres, les cyprès qui montent tout droit comme des colonnes noires, des saules pleureurs au feuillage clair, allant en sens inverse, étalés. C’est qu’ils veulent que leurs morts soient couchés bien à plat sous la terre, quand ils les y couchent pour toujours. Ils veulent que leurs morts soient comme dans un lit, ils ont choisi la seule place où il y ait une assez grande épaisseur de terre pour les mettre, comme il est convenable, la tête pas plus haut que les pieds. Ailleurs, sitôt qu’on creuse, on rencontre le roc ; ailleurs la pente continuellement se tient droite : c’est ici, dans ce repli, dans cette poche, après le tournant de la route, et on aperçoit par la grille les croix de marbre, de l’herbe, de la pervenche, comme Besson a fait, tournant un peu la tête, et puis il a passé… Lui, on ne l’a pas vu tout de suite. On ne savait même pas qu’il était là. Longtemps, il avait été comme disparu du monde. Longtemps, il a été dans son trou, descendant à mesure qu’il en fait descendre le fond davantage : un trou aux bords nets, bien tranchés, aux lignes bien droites et d’équerre, faisant quatre angles égaux, comme une porte, dont on s’étonne seulement qu’elle soit si étroite en proportion de sa longueur. Une porte faite de manière qu’on ne puisse jamais y passer deux de front, faite pour une seule personne ; une porte par où on descend, par où on ne peut que descendre, et lui le premier y est descendu. Besson passe. Lui, a été ôté du monde comme nous le serons, nous aussi, chacun notre tour, ne connaissant plus l’air, ne goûtant plus la bonne chaleur du soleil, ni sa douce lumière ; étant dans la nuit, dans le froid, dans l’humidité, hors de l’air ; au-dessous même des racines des arbres, sous la vie. Seule
Nov 12, 2024
Entre Ombres et Lumière – CF Ramuz dans ‘Passage du poète’ (EP3)
- « ... De nouveau, les mots lui viennent : — C’est de faire pour rien qui est beau. Même si le travail ne paie pas, parce que c’est de faire qui compte. Quand même je serais tout seul, et quand même je n’ai pas été gâté, quand même je sais bien ce que c’est, allez ! et on n’est pas toujours payé et c’est dur et c’est ingrat, et c’est toujours la même chose, mais je dis : « C’est ça qui est beau !… » CF Ramuz est né en 1878 à Lausanne, en Suisse, de parents commerçants. Après des études de lettres dans sa ville natale, il part pour Paris, où il séjournera régulièrement jusqu’en 1914, tout en participant à la vie littéraire romande. Après la « Grande Guerre » il renonce au roman explicatif pour décrire des communautés aux prises avec les forces du mal, la guerre, la fin du monde. Il développe ainsi un nouveau style d’écriture proche du langage parlé, abandonnant la narration linéaire et introduisant le « on » comme l’expression d’une collectivité. Dans l'épisode 3 de cette série, écouter ces passages d'un des livres préférés de CF Ramuz, 'Passage du poète' : - chapitres 6 et 7 Transcription ci-dessous: Chapitre 6 Puis voilà qu’ils ont regardé le ciel de nouveau, se demandant : « Qu’est-ce qu’il va nous donner ? » De nouveau, il y a eu dans le fond du lac ces bancs de pierre mis l’un sur l’autre comme si on les avait construits pour une assemblée qui aurait dû venir y prendre place ; et, ce qui y prend place, c’est un mauvais vent qui vous arrive apportant le froid, qui fait que les femmes ont remis leurs châles, les hommes leurs gilets de laine tricotée ; après quoi, on n’a plus qu’à attendre, comme ils font, se tenant sur la porte des caves, tandis que l’averse pend en barbes d’eau aux avant-toits. Ils vont regarder le thermomètre et le thermomètre marque 3° après qu’il a marqué 25°. Encore deux degrés de moins, parce que c’est tendre, c’est délicat… Il y a cette petite chair comme celle de l’enfant qui vient de naître. Il y a qu’à peine on y touche, elle vous casse entre les doigts. Les premiers jets, les premières pousses pas habituées à l’air avec leurs petites feuilles pâles de couleur, transparentes, pas encore capables de se défendre. Ils regardent le ciel, ce soir, parce que si par hasard le temps venait à se lever pendant la nuit, et c’est pleine lune… En effet, le ciel s’est éclairci, les étoiles se sont montrées ; ils ont été debout au petit jour. Heureusement que, cette fois-ci, ils ont été quittes pour la peur, sous un ciel qui s’est recaché, pendant que le lac se remet à fumer vers eux ses fumées. Il recommence à pleuvoir. On recommence à enfoncer dans la grosse terre où on reste pris par les chevilles ; il n’y a plus qu’à continuer d’attendre, comme ils font. Ils se tiennent les mains dans les poches sous les avant-toits, regardant pleuvoir : – ils s’étonnent de voir qu’il y a des métiers où le temps qu’il fait n’importe guère. Se tenant autour de la place, ils ont vu venir Besson, et Besson a mesuré de l’œil la distance qu’il y a entre les deux platanes. Besson s’en va. Besson revient. Ils ont vu que Besson avait été emprunter une bâche. Besson est monté sur le mur et le voilà qui attache sa bâche à une branche par l’un des coins. Il se fait avec sa bâche un toit, ayant fini par la fixer et la tendre sur les quatre côtés ; il se met dessous. « Tombe seulement ! » a-t-il l’air de dire à la pluie, parce qu’elle est autour de lui avec ses fines lignes grises, mais pas dans ce qu’il occupe d’air et dans le cube où il se tient. Étant reparti tout seul, comme pour vous donner l’exemple, comme s’il vous faisait signe avec ses mains ; ayant recommencé avec ses mains à vous parler une espèce de langue, comme si elles écrivaient dans l’air des mots et encore des mots. Ils commencent à chercher à lire sans y réussir encore. Ils se tiennent sous les avant-toits, ils essaient de lire entre les hachures
Nov 12, 2024