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L’été fini, la fête des vignerons rassemble tout le monde dans les villages du Lavaux. Les préparatifs de ce grand rassemblement sont contés dans le dernier épisode de cette série.CF Ramuz est né en 1878 à Lausanne, en Suisse, de parents commerçants. Après des études de lettres dans sa ville natale, il part pour Paris, où il séjournera régulièrement jusqu’en 1914, tout en participant à la vie littéraire romande. Après la « Grande Guerre » il renonce au roman explicatif pour décrire des communautés aux prises avec les forces du mal, la guerre, la fin du monde. Il développe ainsi un nouveau style d’écriture proche du langage parlé, abandonnant la narration linéaire et introduisant le « on » comme l’expression d’une collectivité.Bonne écoute avec le chapitre 14 de 'Passage du poète'.Transcription ci-dessous:Chapitre 14Ils avaient décidé que la fête aurait lieu le dernier dimanche d’août. Tout à coup, ils avaient dit : « Si on la faisait cette année ? » et ils étaient tombés d’accord sur ce point, étant tombés d’accord aussi quant à la date, parce que c’est un mois où le travail est moins pressant. On a fini les sulfatages, les soufrages ; et plus tard il faut tout préparer pour la vendange, on lave les tonneaux, on met de l’ordre dans les caves, on graisse la vis du pressoir.Entre deux temps, après les sulfatages et les soufrages, avant que les grappes commencent à traluire : une fête, un beau dimanche pour se réjouir, cette fête de tir. Et tous : « C’est une bonne idée. Depuis le temps… Ça nous manquait. »Mlle Mathilde a vite été acheter des journaux de mode qu’elle feuillette avec ses amies dans la tonnelle du jardin.Elles ont regardé comment elles allaient faire ces robes, et elles sont sans manches cette année. Est-ce qu’on oserait ?Sous la tonnelle, trois ou quatre semaines à l’avance ; – heureusement qu’il y a ces capes ou des collerettes tombantes ; et Mlle Mathilde s’est décidée pour une robe à berthe d’organdi.Les deux machines, celle à pied, celle à main, n’ont plus arrêté de tourner pendant tout le mois chez Mlle Ducimetière, comme quand on chantonne à deux voix, puis l’une des deux se tait.On a entendu Congo qui vient ; il tousse, il crache, il s’arrête, il a regardé ses pantoufles ; il a dit :— Ça ne se passera pas comme ça !Il lève le bras, il le tient un moment levé au-dessus de sa tête, il l’abaisse :— Je vais aller lui parler !À ce moment, les deux machines ont recommencé à tourner de compagnie et on n’a plus compris ce que Congo disait, bien qu’il continuât à parler tout haut avec des hochements de tête.Il sait bien qui il va trouver sous les platanes, entre deux de ces troncs nus de leur écorce comme d’une robe tombée, sous les grosses branches courtes, maintenant rejointes et aux vides qui ont été bouchés par les feuilles, comme quand en travers des poutres on met des lattes, on met du plâtre et c’est un plafond.— Ah ! ce qu’ils m’en font des misères, monsieur Besson. Heureusement que vous êtes là, alors écoutez. J’ai écrit une lettre à la municipalité.Il tire de sa poche de pantalon une feuille de papier pliée en quatre, qui est une page arrachée à un carnet de comptes, avec les colonnes imprimées en rouge.Ayant été dans l’intention de quitter plusieurs fois rapport à ces mauvais traitements…On voit que c’est écrit au crayon.— Je veux leur faire remarquer ça, a-t-il dit.C’est écrit au crayon, et il a eu beaucoup de peine à lire, tandis que ses gros doigts tremblaient de l’un et de l’autre côté de la feuille et étaient roses avec des ongles blancs.Besson fait ses paniers, pendant ce temps.— Ayant pourtant fait tout mon possible pour patienter jusqu’à aujourd’hui… Attendez… rendant ces messieurs attentifs au dommage qui m’est causé vu le défaut d’hygiène relatif


