Être beau-père, ce n’est pas juste jouer au Playmobil et aider à faire les devoirs.
C’est voir les enfants grandir, évoluer.
C’est tenter de les accompagner au mieux, dans leurs changements.
C’est répondre aux questions qu’ils me posent, avec mes mots et mon expérience.
N’est-ce pas, aussi, anticiper ?
Leur donner des clés avant qu’ils ne les demandent…
Mais, est-ce vraiment mon rôle ?
Après tout, ils ont des parents qui s’en chargeront très bien !
Et puis, tout ce qui touche à l’intime, aux sentiments, n’est pas le plus facile à aborder.
Autant laisser la patate chaude à Maman et Papa…
Oui mais non :
J’ai des choses à dire, à transmettre !
J’ai une expérience de vie.
Des bons et des mauvais souvenirs.
Des étapes de construction dans lesquelles j’ai été accompagné et, d’autres, où je me suis senti un peu plus démuni.
Est-ce que je veux qu’ils ressentent ça ?
Pourquoi attendre que d’autres leur parlent, alors que j’ai de quoi le faire ?
La peur qu’ils ne m’écoutent pas ?
Je prends le risque !
Les enfants savent tout de ce qui a pu m’arriver : le bon comme le moins bon.
Alors comment ne pas les prévenir que leur corps leur appartient, qu’il est leur sanctuaire, et que personne n’a de droit sur ça ?!
Je me serais posé des questions pendant des années et je ne prendrais pas les 10 minutes nécessaires à leur expliquer les réponses ?
Impossible !
Ils doivent être prévenus.
Ils doivent savoir que l’on se respecte avant tout, dans son corps et dans ses sentiments.
Qu’aimer est l’une des plus belles choses au monde.
Que quelqu’un qui les aimera ne cherchera pas à les changer.
Qu’il ne faut pas s’oublier, à trop aimer.
Ils doivent savoir qu’ils ont le droit de dire non, qu’ils ne doivent pas céder au chantage, à la culpabilité.
Ça vaut dans tous les domaines, évidemment.
La sexualité en fait partie.
Voir ma belle-fille grandir et me demander comment elle l’aborde.
A son âge, j’essayais de me faire une idée à travers les infos que je briguais, par ci par là.
Est-ce que ça m’aurait gêné qu’un adulte vienne m’en parler : Oui…
Avec le recul, est-ce que ça m’aurait aidé ? Certainement !
Alors, j’estime que je n’ai pas le droit de la laisser seule face à ça.
J’ai le devoir de lui parler de prudence, de consentement, de respect, mais aussi de découverte, d’écoute, de tendresse et de plaisir !
Le sexe, c’est tellement pas YouPorn !
Oui, c’est gênant.
Oui, ils rougissent, et moi aussi.
Oui, ils ont des parents.
J’estime ne pas les remplacer.
A quoi bon avoir des valeurs, une expérience, si je ne m’en sers pas pour accompagner les enfants ?
Puisque je suis là, autant être une corde de plus à l’arc de leur vie…



