Sens de la visite
Sens de la visite
Jérémie et Lisa THOMAS
Rencontrez à l'audio celles et ceux qui peuplent le monde de l'art: professionnels, artistes, passionnés, ou amateurs. Dans les musées, les lieux d'expositions, les ateliers ou juste devant une oeuvre d'art... Nous sommes toujours à l'écoute d'une histoire intime, experte ou sensible. Pour susciter l'envie, d'aller les voir en vrai. Production : Jérémie et Lisa THOMAS Logo: Jean-Charles Abrial + Jaquette: Thomas Hayman Soutenez-nous sur Patreon !
Riss - le procès Papon
Nous sommes allés rencontrer le dessinateur Riss, au Mémorial de la Shoah, pour découvrir une exposition temporaire qui présente une sélection de ses dessins, lorsqu'il qui a couvert pour son journal Charlie Hebdo, il y a 26 ans, l’intégralité du Procès Papon. Il sera condamné à 10 ans de prison, pour complicité de crimes contre l'humanité. Un procès qui marqua les annales judiciaires et l’histoire de notre pays, puisqu’il permit de mieux comprendre l’implication de l’Etat français dans la déportation des juifs. Comment dessine-t-on, au jour le jour, un procès? Quelles sont les spécificités et la force de ce dessin, le dessin d’audience, ou croquis de justice, comme on l’appelle? Et à titre personnel, qu’est-ce qui l’a particulièrement marqué au cours des 6 mois de ce procès historique…  Lorsque s’ouvre le procès, le 10 octobre 1997, en plein coeur de la salle d’audience, Riss est là, près du box de l’accusé. Crayon gras à la main et carnet à dessins sur les genoux, prêt à retranscrire ce moment judiciaire unique. Il va produire un travail d’archive et une œuvre artistique hors norme puisque c’est le seul dessinateur, et peut-être même le seul journaliste, à avoir couvert l’intégralité du procès. Au total, plus de 400 dessins, dont une soixantaine sont présentés ici dans l’exposition, qui font revivre les confrontations, les déclarations et les tensions de ce procès… Soutenez-nous sur Patreon !
Jan 11, 2024
20 min
La Cité internationale de la langue française
L’ouverture d’un nouveau lieu culturel, ce n’est pas si fréquent et c’est toujours un événement. Alors, ne boudons pas notre plaisir, d'accueillir, depuis quelques jours la toute nouvelle Cité Internationale de la langue française.  Installée au cœur d’un lieu de patrimoine exceptionnel, le château de Villers-Cotterêts, dans l’Aisne, la Cité est entièrement dédiée à la langue française et à l’ensemble des cultures francophones. Avec 2 objectifs: Révéler cette langue dans toute sa richesse, sa diversité, et ses formes d’expression. tout en restant accessible aux adultes, aux jeunes générations, aux français et aux étrangers. Comment est-ce que l’on réfléchit et on conçoit un projet culturel d’une telle ampleur?  Et puis, quels sont les enjeux et les messages portés par cette Cité? C'est ce qui nous intéressait de comprendre, en venant dans ce sublime château de Villers-Cotterêts, où nous avons pu rencontrer 3 personnes qui chacune à leur façon, ont contribué à l’ouverture de la Cité: l'Académicienne Barbara Cassin, philologue et commissaire scientifique de l’exposition permanente, Mathieu Avanzi, dialectologue à l’origine de plusieurs dispositifs de médiation, et Xavier Bailly, directeur délégué de la Cité internationale de la Langue Française. Un lieu culturel géré par le Centre des Monuments Nationaux, avec qui nous avons réalisé en collaboration cet épisode. Soutenez-nous sur Patreon !
Nov 6, 2023
23 min
Les Enfants du Patrimoine
Dans ce nouvel épisode, nous sommes allés passer la journée à Laguépie, une petite commune du Tarn-et-Garonne, au milieu des élèves de la classe de CM1/CM2 de Muriel Sanchez, institutrice. Avec sa classe, elle a décidé de participer aux Enfants du Patrimoine. Une manifestation organisée par le réseau des CAUE, les Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l'Environnement, soutenue par les Ministères de la Culture, de l’Education Nationale et de la Jeunesse, et qui propose à toutes les écoles des activités ludiques et pédagogiques, avec l’objectif de sensibiliser les élèves au patrimoine. Cette année, les Enfants du Patrimoine ont rassemblé plus de 40000 élèves et 500 partenaires culturels, en proposant près de 900 activités en France métropolitaine et d’outre-mer. Animés par cette mission de service public, celle de promouvoir la qualité du cadre de vie, les CAUE sont convaincus que les nouvelles générations sont aussi concernées par le patrimoine, celui du territoire où ils habitent. Alors, dans les villes ou les villages, le temps d’une journée, tout un maillage d’enseignants, d’acteurs culturels, d’architectes, de paysagistes, d’urbanistes, et d’autres professionnels, s’activent au service des enfants, pour les aider à regarder avec plus d’acuité et de curiosité tout ce qui les entoure, que ce soit un bâtiment, un paysage ou la nature. Soutenez-nous sur Patreon !
Oct 18, 2023
30 min
Chambord, un mur qu'on restaure
Emblème de la Renaissance, le Château de Chambord, c’est une silhouette reconnaissable entre mille, une renommée internationale, et surtout un chef d'œuvre architectural. Construit à partir de 1519, de l’imagination de François 1er, et très sûrement inspiré par Léonard de Vinci… Mais Chambord, ce n’est pas uniquement le Château.  C’est aussi, tout autour, un immense Domaine. Avec un village, des fermes et une forêt, à perte de vue, qui abrite un réservoir exceptionnel de faune et de flore, et un mur d’enceinte, de 32 km de long. Voulu dès l’origine par François 1er pour préserver le Domaine, ses premières pierres ont été posées il y a presque 500 ans. Conçu pour durer, il est resté debout toutes ces années… jusqu’en 2016, quand des inondations dévastatrices lui ont causé d’importants dégâts.  En 2020, le Domaine National de Chambord décide de lancer la restauration du Mur, avec la volonté que ce soit aussi un chantier d’insertion et d’inclusion, et fait appel à l’association Acta Vista, dont c’est la mission depuis plus de 20 ans. Ainsi, depuis 3 ans maintenant, tous les matins, à la lisière du Domaine, arrivent près du mur, des personnes de tous horizons, pour apprendre les gestes de restauration du patrimoine historique auprès d’artisans qualifiés.Très souvent étrangers, ils ont fui des pays en guerre ou en souffrance, pour commencer ici, à se reconstruire…  Voici l’histoire de ce chantier. Et d’un mur qu’on restaure. Soutenez-nous sur Patreon !
Sep 11, 2023
30 min
Nikos Aliagas, le spleen d'Ulysse
Pour ce dernier épisode de la saison, nous avons rencontré Nikos Aliagas.  Homme de télé et de radio, journaliste. Nous l’avons rencontré pour évoquer avec lui, sa véritable passion: La pratique photographique. Un déclic qui remonte à l’enfance, il se souvient d’ailleurs parfaitement de l’instant de cette rencontre, c’était en Grèce, dans le pays de ses origines. Ensuite, comme un besoin, il ne va jamais cesser de  photographier.  Depuis quelques années, dans l’ombre de son personnage télévisuel, il s’autorise à exposer son travail, et dans des institutions culturelles comme l’Hôtel de Ville de Paris, le Musée des Beaux Arts de Bordeaux ou la Fondazione dellAlbero d’Oro à Venise… où il partage simplement son regard, et son univers photographique, en noir et blanc, bien éloigné des lumières électriques des plateaux télé. Jusqu’au 31 octobre 2023, c’est dans un lieu exceptionnel, l’Abbaye de Jumièges, en Seine Maritime, que se tient sa dernière exposition Le Spleen d’Ulysse. Une centaine de photographies, récentes ou plus anciennes, sont regroupées ici autour de cette figure mythologique, pour illustrer des sujets qui lui tiennent à coeur comme l’exil, le voyage, la finitude, les racines, les traces du temps, et la solitude… Des sujets qui semblent ne jamais le laisser vraiment tranquille... Mais que la photographie apaise. Soutenez-nous sur Patreon !
Jul 3, 2023
33 min
Hyper sensible. Un regard sur la sculpture hyperréaliste
En collaboration avec le Musée d’Arts de Nantes, nous vous faisons découvrir, de l’intérieur, sa grande exposition estivale 2023, HYPER SENSIBLE. Un regard sur la sculpture HYPERRÉALISTE. Installée dans le Patio du Musée, au cœur de ses collections, l’exposition explore ce courant artistique apparu il y a plus d’une cinquantaine d’années, dont le but est de créer en sculpture l’illusion de la réalité pour représenter l’humain et le vivant… Au-delà de la fascinante virtuosité de ces artistes pour représenter le réel au risque de le confondre, ce qui a suscité notre curiosité, c’était la relation entre ces œuvres et le public. Face à des sculptures hyperréalistes de femmes, d’hommes ou d’enfants, il très difficile de rester insensible. On a voulu se rendre compte par nous-mêmes de ce phénomène souvent fascinant d’effet miroir, d’introspection, d’attirance ou de répulsion que l’on peut ressentir face à ces œuvres. Nous avons donc passé 2 journées intenses face aux sculptures hyperréalistes mais surtout… à côté des gens qui les regardaient: le public évidemment, mais aussi les employés du musée, qui vivent chaque jour au milieu de ces œuvres troublantes de vérité. Pour les réaliser, les artistes de ce courant utilisent généralement une technique bien particulière, le moulage sur modèle vivant, avec des matériaux comme les résines polymères et la fibre de verre. Et pour que l’illusion soit presque parfaite, ils vont coiffer, habiller et accessoiriser, ces personnages.  Chacun à leur manière, ils scrutent le monde, ses failles et ses détails, pour reproduire toujours plus précisément la réalité de nos corps, de nos quotidiens et de nos existences. Soutenez-nous sur Patreon !
Jun 7, 2023
35 min
"Manet / Degas" par Albin de la Simone
Nous avons retrouvé l’auteur, compositeur, interprète Albin de la Simone, au Musée d’Orsay, pour une visite, en sa compagnie, de l’exposition “Manet / Degas”. Invité d’honneur autour de cette expo, depuis quelques mois, il a pris ses quartiers au Musée d’Orsay, qui lui a laissé carte blanche pour piocher, dans les peintures de ces 2 artistes, des histoires à raconter en musique.. Résultat: une chanson de son nouvel album, les Cent prochaines années, sorti en mars dernier, est directement inspirée de la contemplation de deux tableaux de l’exposition:  La Prune de Manet, et L’Absynthe de Degas. Le rendez-vous était fixé avec Albin devant l’entrée de service du musée, à 08H30. Le moment où Orsay se refait une petite beauté juste avant d'accueillir ses premiers visiteurs, on avait donc un peu de temps devant nous pour se balader dans les salles désertées de cette expo qui présente en parallèle ces deux superstars de l’histoire de l’art: Edouard Manet et Edgar Degas.  Deux acteurs essentiels de la Nouvelle Peinture à la fin du 19ème siècle, précurseurs, inventeurs, géniaux, à leur façon, ils ont changé la façon de représenter le vivant. Une expo événement, à ne pas rater, que vous soyez admirateur de Manet, de Degas, ou des deux, ou d’aucun des deux d’ailleurs. Parce que ce qui est présenté ici, au-delà de certains de leurs chefs-d’oeuvre qui n’avaient jamais été réunis ensemble, c’est surtout leur histoire. Leur famille, leur époque et leur relation avec d’un côté, Manet le mondain, de l’autre, Degas le taciturne, que presque tout oppose, et qui pourtant, au cours de leur vie, successivement, se respectent, se détestent, ou s’admirent. Nous avons donc suivi Albin de la Simone, au fil de ces oeuvres exposées, dans lesquelles il s’est projeté de nouveau, pour nous, au micro. Une visite, au calme, de bon matin, seuls avec Degas et Manet. Et pour reprendre ses mots, lâchés à la fin de l’expo:  “c’était une belle façon de commencer une journée.” Soutenez-nous sur Patreon !
May 15, 2023
31 min
The Graffiti Tunnel, London
Dans ce nouvel épisode, nous sommes partis à Londres. Pour découvrir un lieu emblématique du street art de cette ville: le Graffiti Tunnel de Leake Street.  Situé juste derrière la Gare de Waterloo, il a été "créé" à l'origine en 2008 par Banksy. Un grand nombre de street artistes de renom y ont laissé leur empreinte. Aujourd'hui, c'est le seul endroit dans Londres où chacun peut graffer ou dessiner légalement. Avec Sophie, guide française expatriée à Londres, nous avons parcouru les 300 mètres de ce tunnel, qu'elle nous a fait découvrir. Elle nous a partagé sa passion de cet endroit, des artistes, de ce mouvement, et de la ville... Dans laquelle elle a décidé de vivre.   Soutenez-nous sur Patreon !
Apr 17, 2023
26 min
Artiste en fusion
Direction le Viaduc des Arts, dans le Studio de Jeremy Maxwell Wintrebert, artiste souffleur de verre. A l’intérieur de son atelier qui modèle le verre en fusion, une équipe s’active autour de lui pour l’aider à concevoir et diffuser ses créations, vers les quatre coins du monde, et dans les musées, puisque certaines de ses oeuvres ont été exposées dernièrement au MusVerre ou au Palais de Tokyo…  Autodidacte né en 1980, son art du verre et du geste, il le peaufine depuis plus de 20 ans, ce qui lui permet aujourd’hui de réaliser des sculptures, lumineuses, parfois volumineuses, mais toujours sans moule, et à main levée.  Chaque jour, devant le four en fusion, Jeremy explore les possibilités infinies de création que lui offre le verre. Une matière qui exerce sur lui, depuis l'enfance, une véritable fascination.  Voici notre conversation, recueillie en fin de journée, après que l'atelier se soit vidé, pour découvrir avec lui, son univers, son parcours et le verre...  avec qui il entretient aujourd’hui, une relation singulière, filiale, quasi mystique…  Soutenez-nous sur Patreon !
Mar 17, 2023
33 min
"C'est notre musée"
Il y a quelques semaines, se tenait à la Collection Lambert, en plein coeur d’Avignon, une exposition intitulée “Notre musée, une collection sentimentale”.   À l'origine de ce projet qui s’est permis de bouleverser les règles de l’art:  un musée d’art contemporain, la Collection Lambert, associé à des structures du champ social, comme la Fondation Abbé Pierre, entre autres organisatrices du Festival “C’est pas du luxe”. et puis un artiste, Mohamed el Khatib. Ensemble, ils veulent créer une exposition pour que, chacun, chacune, puisse se ré-approprier l’espace et les collections d’un musée. Alors, ils ont eu l’idée d’impliquer dans leur démarche, des personnes éloignées du champ de la culture, souvent en situation de précarité, les pensionnaires de ces structures d’hébergement.  Au total, un collectif d’une vingtaine de personnes, venus d’horizons très différents, réunies pour créer cet évènement, où s’entrecroisaient et s’exposaient, au même niveau, des oeuvres d’art de la Collection Lambert et des objets, très personnels, apportés par chacun des co-commissaires.   Ce sont les histoires de ces objets, intimes, légères, ou bouleversantes, que nous sommes venus recueillir, au micro, et auprès des co-commissaires, quelques jours avant la fin de l’exposition. Soutenez-nous sur Patreon !
Feb 20, 2023
35 min
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