
« Au village d’Aït Idris, commune de Taskriout, à 60 km à l’est de de Béjaïa : une scène difficile à soutenir, relate TSA Algérie. Celle d’une septuagénaire au regard désabusé, qui se tient debout au milieu des décombres noircis de ce qui fut sa maison, son foyer, sa vie et dont plus rien ne subsiste hormis les murs calcinés et des amas de cendres. Meubles, vêtements, photos, argent, ustensiles du cuisine… tous les biens accumulés au fil des années sont partis en fumée, en quelques minutes lors des derniers incendies qui ont endeuillé les wilayas de Bejaia, de Jijel et de Tizi-Ouzou. "Je n’ai plus rien, plus rien ! Je suis veuve, je souffre d’une maladie cardiaque, et mes bêtes, dont je tirais ma subsistance, ont été brûlées. Où puiser le courage pour faire face à cette situation ? Avec quoi je vais réparer tout ça ?", lance la vielle femme, le regard perdu dans les vestiges de son foyer réduit en cendres. » À lire aussiIncendies en Algérie: les autorités déclarent trois jours de deuil national Quel bilan ? « Six jours après le départ des premiers feux dans les zones montagneuses de Béjaïa, de Tizi Ouzou et de Jijel, le bilan officiel reste figé à douze morts, pointe Jeune Afrique. Bien que la Protection civile ait revu ce chiffre à la hausse, la présidence de la République a imposé un black-out : aucune institution, aucun responsable ni aucun média n’est autorisé à contester le chiffre officiel. Cette censure vise à dissimuler l’ampleur des pertes humaines pour ne pas assumer le fiasco politique d’un plan anti-incendie encensé au début de l’été. (…) Pourtant, poursuit Jeune Afrique, les témoignages des habitants de la région de Jijel, les textes postés sur les réseaux sociaux ainsi que les listes publiées par les hôpitaux et les mairies concordent : les victimes se comptent par centaines. Vendredi dernier, des sources proches du ministère de la Défense confiaient que le bilan provisoire était de 385 morts, sans compter les nombreux disparus. » Au total, près de 200 incendies ont éclaté ces derniers jours en Algérie. Les autorités affirment que la plupart sont d’origine criminelle. Conséquence, relève Afrik.com, « le président Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la modification du Code pénal avant le 15 septembre afin de rétablir la peine de mort, avec exécution, pour les personnes impliquées dans des incendies volontaires. » À lire aussiAlgérie: le président veut faire appliquer la peine de mort contre les pyromanes Alger : un soutien militaire direct et assumé au Niger L’Algérie toujours, dans un tout autre domaine. L’Algérie a « franchi un cap militaire au Sahel », avec un soutien direct aux autorités nigériennes… C’est ce que relève Le Point Afrique. L’Algérie a en effet envoyé à Niamey quatre avions de chasse Sukhoï au lendemain de la tentative de coup de force d’une partie de l’armée. Cela « confirme bien un soutien militaire algérien visible et assumé au profit du pouvoir de Niamey, commente Le Point Afrique. Ce soutien s’inscrit aussi dans un dispositif nigérien où les forces russes d’Africa Corps occupent déjà une place importante, mais aucune coordination entre Alger et Moscou n’a été officiellement établie. (…) Traditionnellement, rappelle Le Point Afrique, l’Algérie privilégie, au Sahel, la non-ingérence, la médiation et une coopération sécuritaire discrète. Son influence reposait surtout sur les leviers des services de renseignement, la diplomatie parallèle, l’arbitrage avec les mouvements armés et les réseaux de notables, de confréries religieuses et d’élites tribales. Cette fois, Alger a donc choisi un soutien militaire visible, médiatisé et assumé. » Intérêts économiques… Commentaire d’El Moudjahid à Alger : « L’enjeu est d’autant plus important, que plusieurs projets structurants reposent sur un environnement régional stable. Le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, l’interconnexion dorsale de fibre optique, la route transsaharienne destinée à faciliter les échanges, les zones de libre-échange et d’autres initiatives d’intégration régionale constituent autant de leviers de développement, dont la réalisation suppose un climat de sécurité et de stabilité. L’Algérie, qui œuvre, depuis des années, en faveur d’une Afrique prospère, intégrée et pacifique, a tout intérêt, affirme encore le quotidien proche du pouvoir, à préserver les conditions permettant à ces projets de voir le jour et de produire leurs effets au bénéfice des populations. » À lire aussiPour étendre son influence au Sahel, l'Algérie utilise «sa force militaire» et son capital «pétrole»
Sep 1
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« La capitale nigérienne, Niamey, a connu vendredi une nuit de forte tension, relève le Journal du Niger. Des échanges de tirs et plusieurs détonations ont retenti pendant plusieurs heures autour de sites stratégiques, notamment la base militaire 101, l’aéroport international Diori Hamani et les abords du palais présidentiel. Les autorités militaires affirment désormais avoir circonscrit le mouvement. Le ministère nigérien de la Défense a attribué les violences à un “mouvement d’humeur" impliquant des soldats en rupture avec le règlement militaire ». « Les tirs nourris entendus dans la nuit de vendredi à samedi à Niamey ont suscité inquiétude et spéculations, au Niger et à l’étranger, pointe pour sa part Tam-Tam info, autre site nigérien. Comme à l’accoutumée, les ennemis de notre souveraineté retrouvée et de notre cohésion sociale ont vite saisi la balle au bond pour distiller des rumeurs les plus fantaisistes les unes que les autres. Mais, en réalité, affirme Tam-Tam Info, les FDS, les Forces de défense et de sécurité, ont réagi rapidement et professionnellement pour maîtriser un mouvement d’humeur impliquant des éléments isolés de l’armée ». Voilà pour la version officielle distillée donc par les médias nigériens. Tensions et frustrations au sein de l’armée nigérienne… Analyse diamétralement opposée pour Sahel Horizon, site spécialisé sur les pays de l’AES, tenu par des journalistes en exil : « La crise qui a secoué Niamey trouve son origine directe dans de profondes tensions au sein de l’appareil militaire nigérien. Elle met en lumière des frustrations accumulées autour des conditions de déploiement, de la rotation des personnels et du sentiment d’une inégalité de traitement au sein de la hiérarchie sécuritaire ». Sahel Horizon cite le cas de deux officiers des Forces spéciales, à l’origine de la mutinerie, qui avaient récemment « dénoncé une répartition inégale des contraintes opérationnelles, certaines unités étant maintenues durablement sur le terrain tandis que certains cadres bénéficieraient d’affectations administratives, de promotions ou de missions à l’étranger. (…) La mutinerie de la base 101 révèle (donc), pointe le site, les fractures de l’armée nigérienne et met (aussi) à l’épreuve la crédibilité du pacte de défense de l’AES, dont la Charte prévoit une assistance mutuelle face aux rébellions et menaces contre un État membre ». En effet, précise Sahel Horizon, « si le Burkina Faso et le Mali ont affiché leur solidarité politique, le soutien militaire direct publiquement établi est venu de la Russie. L’épisode révèle ainsi un décalage entre la solidarité politique revendiquée par l’AES et sa capacité opérationnelle effectivement démontrée ». De plus en plus d’attaques djihadistes Pour Ledjely en Guinée, cette victoire des forces loyalistes « ne doit pas faire illusion » : « ce putsch manqué constitue un indicateur supplémentaire de la dégradation de la situation, notamment sécuritaire, depuis le coup d'État de juillet 2023. (…) Ironie du sort, c’est précisément cette même dégradation du climat sécuritaire que l’actuel dirigeant nigérien, Abdourahamane Tiani, avait invoquée pour justifier son propre coup d'État contre Mohamed Bazoum ». Le Monde Afrique à Paris renchérit : « cette mutinerie révèle les faiblesses de la junte du général Tiani, alors que le pays est en proie aux attaques de plusieurs groupes djihadistes. (…) Le 14 mai, rappelle le journal, le GSIM a attaqué un camp militaire à Garbougna, dans la région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso, tuant 67 personnes, dont des civils. Le 17 juin, 51 soldats étaient à leur tour tués dans un assaut contre la garnison d’Inates, dans la même région. Ces saignées à répétition ont alimenté les frustrations au sein de l’armée ces dernières semaines, pointe encore Le Monde Afrique. Malgré les discours patriotiques triomphants des responsables de la junte à Niamey, certains officiers se sentent démunis sur le terrain. De fait, selon des sources militaires concordantes, les mutins qui ont tenté de renverser le général Tiani étaient menés par de jeunes gradés des forces spéciales pour partie déployés en première ligne dans la région de Tillabéri ». Le Monde Afrique qui note également que « la junte du général Tiani apparaît d’autant plus fragile sur le plan sécuritaire qu’elle n’a pu compter sur ses alliés de l’AES durant cette journée à haut risque ». Une junte qui n’a dû son salut finalement qu’aux forces russes de l’Africa Corps présentes à Niamey. Libération, toujours à Paris s’interroge : « samedi, les mercenaires d’Africa Corps ont montré qu’ils étaient capables de sauver le régime nigérien. Mais pour combien de temps ? Et à quel prix ? ».
Aug 31
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« Dialogue national : Félix Tshisekedi prône "un sursaut national" sans partage du pouvoir », titre Le Potentiel. Le journal congolais estime que le président « s’est adressé au peuple dans un discours d’une grande lucidité politique ». « Face à l’amplification des crises sécuritaires à l’Est et à la fragilité de la cohésion nationale, poursuit Le Potentiel, le chef de l'État a appelé à un rassemblement patriotique pour traiter les causes profondes des instabilités du pays ». « Tshisekedi fixe le cadre d’un dialogue de trois mois et en exclut l’AFC/M23 », annonce de son côté Actualité.cd. Le journal en ligne précise que « le processus de dialogue national débutera par des consultations dans les 26 provinces avant des assises à Kinshasa, tout en excluant de ce cadre les acteurs qui continueront à combattre par les armes ». Quant au site d’information congolais Beto, il remarque que Félix Tshisekedi « a fait de l’ancrage territorial la marque du dialogue » qu’il a lancé hier. Qui participera à ce dialogue national ? C’est Actualité.cd qui détaille cet aspect du processus. « Ce dialogue doit associer majorité et opposition, société civile, confessions religieuses, autorités coutumières ainsi que des représentants des milieux économiques, professionnels, universitaires et scientifiques », a annoncé le chef de l'État. Et cela doit en principe se faire région par région. « Dans chaque province, explique Actualité.cd, des forums préliminaires devront examiner les causes de l’insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités, les obstacles au développement et les réformes jugées nécessaires ». Le programme s’annonce chargé. Et le pari n’est pas gagné d’avance si l'on en croit le journal en ligne Beto qui émet cette réserve : « En proposant de traiter les causes structurelles des crises sans céder au chantage classique du partage du gâteau politique, Félix Tshisekedi tente de poser les bases d’un contrat républicain renouvelé. Mais la grande question demeure : la classe politique congolaise, historiquement façonnée par la quête des positions d’influence, est-elle prête à s’engager dans un dialogue dont l’unique gain serait l’intérêt général ? » « Une génération entière décimée » Reste l'épineuse question de la situation dans l’est de la RDC. Il faut dire, remarque Le Potentiel, que dans « son allocution aux accents d’examen de conscience collective, le président congolais a livré un diagnostic sans complaisance des échecs accumulés au cours des soixante-six années d’indépendance de la RDC. Il a notamment pointé du doigt les insuffisances des anciens processus de paix, trop souvent réduits à de simples arrangements (…). Évoquant trois décennies d’agressions et d’insécurité à l’Est, il a martelé : "ce n’est plus une crise passagère, c’est une génération entière qui est décimée" ». Une chose est sûre, en tout cas, l’AFC/M23 ne participera pas à ce dialogue national. « Tous ceux qui ont pris les armes contre l’ordre constitutionnel établi en RDC ne participeront pas à ces assises », a prévenu Félix Tshisekedi. Hormis cette exception, remarque Radio Okapi, le chef de l'État, annonce que « nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion ». Concernant le conflit dans l’est de la RDC, rappelle Actualité.cd, « le gouvernement congolais et l’AFC/M23 sont déjà engagés dans des discussions à Doha, sous médiation du Qatar. Et Félix Tshisekedi a rappelé hier que ce processus restait le cadre destiné à traiter avec l’AFC/M23, des questions liées notamment à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement et au désarmement ».
Aug 28
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Parti de Yaoundé le 7 juin dernier, officiellement pour un « court séjour privé en Europe », le président camerounais est rentré au pays le 20 août, soit une absence d’un peu plus de 70 jours. Paul Biya a 93 ans et son état de santé fait l’objet régulièrement de rumeurs, parfois démenties par le gouvernement. Qu’est-ce qui justifie une si longue absence ? On sait que le président camerounais était en Suisse, à Genève. Pas pour des vacances mais pour se faire opérer du genou. C’est du moins ce qu’affirme Jeune Afrique : « annoncé mort par la rumeur ou cloué sur une chaise roulante, le président, Paul Biya, est apparu, samedi dernier, se tenant droit sur ses deux jambes. S’il n’a pas le pas alerte et se fait encore aider – hors caméras – pour marcher, il a pu tenir debout, lire un bref discours et poser avec la sélection nationale féminine de football, qui venait de remporter la Coupe d’Afrique des nations. Et, selon nos informations, poursuit Jeune Afrique, cette réussite tient son origine d’une opération menée par des médecins suisses et indiens. Le chef de l’État camerounais a en effet bénéficié d’une chirurgie orthopédique du genou, dans une clinique genevoise. Et ce, même si la présidence du Cameroun a toujours refusé de confirmer toute hospitalisation du chef de l’État ». Attentes et interrogations Maintenant que Paul Biya est remis sur pied, les Camerounais espèrent bien que le pays va se remettre en marche. Les attentes et les interrogations sont nombreuses. Le journaliste de radio Eric Boniface Tchouakeu, dans un récent éditorial repris par le site Actu Cameroun en fait une liste non exhaustive : le retour de Paul Biya n’est pas de nature, dit-il, à « rassurer les sceptiques à l’instar des principaux leaders et organisations de la société civile qui doutent de sa capacité à diriger le Cameroun. Cela même s’il a continué à signer des décrets pendant son absence et au vu d’un certain nombre de faits, comme la non-formation d’un gouvernement, pourtant annoncé à deux reprises, depuis l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, ou encore l’éclatement du scandale sur la spoliation de l'État dans l’exploitation de l’or au Cameroun. Autre fait qui suscite l’interrogation, poursuit l’éditorialiste camerounais, c’est l’absence de la nomination d’un vice-président de la République, après la réintroduction du poste en avril dernier, en dépit des polémiques que cela avait suscité ». La guerre de succession Justement, pointe Libération à Paris, ce poste de vice-président est au centre de la « guerre qui déchire les héritiers. Un poste censé désigner celui qui assumera l’intérim après la disparition du président. Et qui fait l’objet d’une bataille entre les deux clans antagonistes qui entourent Paul Biya. Comme dans une classique sitcom de série B, on trouve d’un côté le clan de Madame : Chantal, seconde femme du président. Et sur lequel elle exercera vite un ascendant d’autant plus vital pour sa propre survie, qu’elle ne sera jamais totalement acceptée par la famille. De l’autre, pointe le quotidien français, le “clan Bulu", comme on l’appelle en référence à l’ethnie de Biya. Un réseau familial resté attaché au souvenir de sa première épouse, Jeanne-Irène, décédée en 1992, et mère du fils aîné, Franck. Aujourd’hui âgé de 55 ans, il apparaît comme le principal rival de sa belle-mère dans la bataille de la succession. Pendant le long séjour présidentiel en Suisse, croit savoir Libération, les deux factions familiales ont tenté d’avancer leurs pions pour s’approprier le graal de la vice-présidence. (…) Face à ces joutes implacables entre les rivaux de l’entourage, les Camerounais semblent désabusés. "Les clans s’égalisent en capacité de nuisance. On navigue dans le flou. Et le régime tient grâce à la corruption à tous les étages. Et à une forte répression", souligne, toujours dans les colonnes de Libération, Haman Mana, journaliste camerounais qui vit en exil aux États-Unis. Haman Mana, qui dit redouter un scénario de chaos, “semblable à ce qui se passe à Haïti", le jour où le décès de Paul Biya ouvrira les vannes de la lutte pour le pouvoir ».
Aug 27
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« L’inquiétude grandit, relève le site Afrikmag, autour de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, deux réalisateurs français détenus au Togo depuis la fin du mois de juillet. Les deux hommes se trouvaient dans le nord du pays pour le tournage d’un épisode de l’émission documentaire Les Routes de l’impossible. Leur collaborateur togolais, Fred Vedomey, est également privé de liberté. Leurs familles ont publiquement alerté sur leurs conditions de détention et leur état de santé. Elles se disent bouleversées par une situation qui dure depuis plusieurs semaines ». « La justice togolaise a fait une première concession, pointe le site Afriquinfos, en libérant sous contrôle judiciaire vendredi dernier Sebastian Perez Pezzani ». Celui-ci « souffre de douleurs persistantes et doit subir une intervention médicale, précise Afrik.com. Selon son avocat, deux médecins ont attesté de la nécessité de cette prise en charge et l’un d’eux a estimé que les infrastructures médicales disponibles au Togo ne permettaient pas de réaliser l’intervention envisagée. Sebastian Perez Pezzani n’est pas hospitalisé, mais il reçoit régulièrement la visite d’un médecin. D’après son avocat, il souhaite être opéré en France ». La semaine dernière, Reporters sans frontières avait fait état de « graves problèmes de santé » du réalisateur et demandé son évacuation sanitaire vers la France. Pas les autorisations nécessaires ? Afrik.com revient sur les raisons de l’arrestation des deux réalisateurs et de leur collaborateur togolais : « Leur interpellation est intervenue le 27 juillet dans une zone proche de la frontière avec le Burkina Faso, où la situation sécuritaire est tendue. Les deux réalisateurs français ont ensuite été placés sous mandat de dépôt à Lomé le 17 août. La justice togolaise leur reproche notamment des faits liés à l’utilisation d’un drone et à des prises de vues réalisées dans cette partie du territoire. La justice togolaise a également évoqué la question des conditions dans lesquelles les deux Français exerçaient leur activité professionnelle. Des sources locales ont rapporté un différend concernant leur titre de séjour et l’utilisation d’un visa qui aurait été considéré comme inadapté à des activités journalistiques et à des prises de vues professionnelles ». Le nord du Togo sous la menace jihadiste Il faut savoir, poursuit Afrik.com, que « le nord du Togo fait l’objet de mesures de sécurité renforcées depuis plusieurs années. Depuis la fin 2021, cette région est confrontée à des incursions et attaques attribuées à des groupes armés affiliés à al-Qaïda et à l’État islamique. Un état d’urgence y est maintenu et régulièrement prolongé par les autorités togolaises ». De plus, relève encore Afrik.com, « cette affaire intervient alors que les relations entre les autorités togolaises et plusieurs médias français sont tendues. Les signaux de Radio France Internationale et France 24 sont interrompus au Togo depuis juin 2025. Les autorités togolaises avaient justifié ces mesures en contestant la couverture de l’actualité politique et de manifestations de l’opposition par les deux médias ». La valse des nominations au sein de l’armée togolaise Pour sa part, en marge de cette affaire, Jeune Afrique pointe le récent remaniement au sein de l’armée togolaise opéré par le président Faure Gnassingbé. « Une refonte dictée autant par la menace jihadiste dans le nord du pays que par la volonté du président du Conseil de consolider sa mainmise sur l’armée. » Un nouveau chef d’État-major des armées a été nommé, de même qu’un nouveau directeur de l’Agence nationale de renseignement. « Ce mercato militaire répond aux besoins de la nécessaire réadaptation de la stratégie antiterroriste, précise Jeune Afrique, dans cette région du nord du Togo, confrontée à d’incessantes incursions jihadistes en provenance du Burkina Faso voisin. Selon plusieurs sources proches de l’appareil sécuritaire, le profil des gradés promus à des postes clés traduit aussi la volonté du chef de l’État de resserrer la coordination entre les services de renseignement et les forces engagées sur le terrain. Il s’agit aussi, pour Faure Gnassingbé, de mieux contrôler l’armée en s’assurant de la fidélité de ses chefs ». Jeune Afrique qui précise encore que « le nouveau chef d’état-major sera également un élément central dans la coordination avec les partenaires étrangers dans le domaine sécuritaire ». Comme l’avait révélé le site panafricain dans une enquête publiée début juillet, « des “instructeurs“ turcs sont notamment présents sur la base de Dihiaga, dans le nord du Togo, où, ils seraient chargés de la formation des forces spéciales et seraient actifs lors d’opérations militaires. En outre, depuis le mois de janvier, 300 militaires russes d’Africa Corps sont déployés dans le pays ».
Aug 26
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Question posée par Le Point Afrique. « En trois mois, relate le journal, la flambée s’est étendue à 55 zones de santé dans six provinces. Elle a causé plus de 2 500 décès sur 5 200 cas confirmés, soit une mortalité d’environ 48%. À tel point que, la semaine dernière, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a tiré la sonnette d’alarme, jugeant l’épidémie "loin d’être maîtrisée". Selon l’OMS, cette flambée est "la plus importante" jamais enregistrée en RDC avec cette souche. Dans certaines zones touchées, le nombre de nouveaux cas "double chaque semaine" ». « Ebola se propage à une vitesse que nous n’avions encore jamais observée », avait déjà déclaré quelques jours plus tôt dans Le Monde Afrique, le virologue congolais, Jean-Jacques Muyembe, le codécouvreur du virus. « Pourtant, relève Afrikarabia, site spécialisé sur l’Afrique centrale, après 16 vagues d’Ebola dans le pays, la RDC a accumulé une expérience considérable sur le virus ». Les raisons d’une telle propagation… Et Afrikarabia de s’interroger : « comment le Congo a-t-il pu se laisser dépasser à ce point ? » Réponse du site : « L'une des premières explications se trouve avant l’annonce officielle de l’épidémie le 15 mai dernier. Les enquêtes menées par les autorités sanitaires indiquent que le virus circulait déjà deux à trois mois avant que l’épidémie ne soit déclarée. Pendant ce long laps de temps, le virus a donc largement circulé et plusieurs chaînes de transmission ont eu le temps de s’établir. (…) Autre difficulté, pointe Afrikarabia, la souche Bundibugyo du virus, différente de la souche Zaïre, n’est pas documentée. Et il n’existe aujourd’hui pas de vaccin homologué pour Bundibugyo, même si des essais thérapeutiques encourageants sont en cours ». Autre explication, relève encore le site, « le système de santé congolais est largement défaillant et manque cruellement de moyens. La surveillance épidémiologique s’est dégradée et le retrait de l’aide humanitaire américaine, via l’Usaid, a contribué à le fragiliser ». Et puis, il y a le conflit dans l’est de la RDC, souligne encore Afrikarabia : « L'épicentre de l’épidémie se trouve dans une région ravagée par 30 ans d’une guerre sans fin. En Ituri, au Nord et Sud-Kivu, les populations fuient les combats et les déplacements sont permanents. Des mouvements de population qui complexifient l’identification et la traçabilité des personnes contacts ». Enfin, « l’autre obstacle à une riposte efficace au virus est moins visible. Il s’agit de la confiance. Ebola provoque la peur. Les personnels de santé doivent combattre simultanément le virus… et les rumeurs. La désinformation, la méfiance et parfois les attaques contre les centres de santé ou les équipes chargées des enterrements sécurisés compliquent la riposte ». Résultat, constate L’Observateur Paalga au Burkina Faso : « tous les voyants sont au rouge. Des voyants symptomatiques d’une riposte à la fois inefficace et non efficiente et qui se projettent au-delà de la RDC. C’est toute la région de l’Afrique centrale, voire tout le continent qui devrait être sur le qui-vive ». En attendant un vaccin… Enfin, un signe d’espoir, note Le Journal de Kinshasa : « l’OMS a annoncé un déploiement massif de vaccins. 70 000 doses du célèbre vaccin Ervebo – le vaccin qui avait permis d’éteindre les feux de l’épidémie de 2018-2020 en RDC – ont été acheminées d’urgence. L’arme arrive-t-elle trop tard ? », s’interroge le média congolais. Qui plus est, « il y a un hic de taille, souligne-t-il : l’Ervebo n’est pas homologué contre la souche qui sévit actuellement : le Bundibugyo, cousin génétique du virus Zaïre. En attendant des traitements ciblés, la RDC mise donc sur l’Ervebo pour freiner l’hécatombe. Ce déploiement massif, bien qu’incertain sur le plan scientifique, est un signal fort, s’exclame encore Le Journal de Kinshasa : face à l’urgence absolue, il faut parfois jouer le tout pour le tout. La communauté internationale retient son souffle, espérant que ces 70 000 doses écriront le premier chapitre de la victoire contre ce nouveau fléau ».
Aug 25
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À lire sur le site Media Guinée le témoignage poignant de Ciré Kallo qui a perdu ses cinq enfants dans l’éboulement de la décharge du quartier de Dar-es-Salam à Conakry. Le drame s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche vers 3 heures du matin, suite à des pluies torrentielles. Ciré Kallo a quitté la maison familiale en pleine nuit pour aller travailler. C’était juste avant l’éboulement. « Avant de sortir, raconte-t-elle, j’ai dit à mon fils Yaya : je prie, mais je n’ai pas la paix au cœur avec cette forte pluie. J’ai laissé l’argent pour la nourriture du petit et je suis allée. C’est sur ces mots qu’on s’est quittés. (…) Et maintenant, tous mes enfants sont partis. La décharge a mangé mes enfants, tous mes cinq enfants ». Au moins 31 morts… « Une journée de douleur, de solidarité et de recherches », commente Guinée 7 qui constate que « l’accumulation des ordures au fil des années a une nouvelle fois tué. Toute la journée d’hier, les opérations de recherche et de secours se sont poursuivies, sous le regard impuissant des proches des victimes. Quelques heures après le drame, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu sur les lieux pour constater l’ampleur de la situation et soutenir les équipes mobilisées. (…) Sur le terrain, le génie militaire a rapidement engagé les opérations de fouilles à l’aide de ses engins. Malgré les efforts déployés, le bilan humain s’est alourdi au cours de la journée, déplore encore Guinée 7. Selon le bilan provisoire communiqué par les autorités, 31 personnes ont perdu la vie. Les fouilles doivent reprendre ce lundi afin de poursuivre la recherche d’éventuels survivants ». D’après Média Guinée, « plus de 400 sinistrés ont été évacués hier vers un site d’hébergement temporaire, une école primaire qui dispose de lits et du nécessaire pour permettre aux sinistrés de passer la nuit à l’abri. Hier soir à 19 heures, alors que la nuit était tombée, rapporte encore le site, les machines mobilisées depuis l’aube pour rechercher et exhumer les personnes portées disparues ont cessé de fonctionner. Leur silence a suscité une vive émotion chez les proches qui espéraient encore retrouver leurs parents sous les décombres ». Amnésie collective… Ledjely, autre site guinéen, laisse éclater sa colère : « 22 août 2017 – 22 août 2026 : neuf ans d’intervalle (pile), pour un même drame sur un même site : l’éboulement de la décharge de Dar-es-Salam. Une seule nuance de taille, cependant : le bilan de la tragédie de cette année est infiniment plus lourd. Sans doute le sort a-t-il voulu nous punir pour notre amnésie collective et notre fâcheuse incapacité à tirer les leçons de nos propres drames. Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans le deuil que vit aujourd’hui le pays, avec la perte d’une trentaine de nos compatriotes, emportés par cette incroyable propension que nous avons à laisser se reproduire, sous nos yeux, catastrophes, calamités et autres désastres. (…) S’il est vrai que les riverains de cette décharge à haut risque avaient pleinement conscience du danger qu’ils encouraient en refusant de quitter les lieux, reconnait Ledjely, et ce, malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation et d’alerte, force est aussi de constater qu’en dehors de promesses sans lendemain, les autorités guinéennes, hier comme aujourd’hui, n’ont jamais véritablement fait de l’évacuation de cette décharge une priorité. (…) À la veille de chaque saison des pluies, on se contentait de renouveler les mêmes promesses ». Bien des questions… « Guinée : Dar-es-Salam, la mort puante ! », s’exclame WakatSéra au Burkina voisin. WakatSéra qui s’interroge : « comment ce drame a-t-il pu se produire encore, malgré le premier signal macabre de 2017 ? Pourquoi les autorités communales n’ont-elles pas réagi en fermant ce site, même si le gouvernement, comme le médecin après la mort, affirme avoir commencé cette démarche ? Comment des populations, au mépris des règles sanitaires les plus élémentaires, peuvent-elles cohabiter avec cette décharge aussi nocive pour l’environnement et source de toutes les maladies possibles pour l’homme ? La Guinée est-elle dotée de services d’hygiène et d’une politique environnementale efficaces ? Est-ce possible que le gouvernement et les riverains n’aient pas senti la catastrophe venir avec ces fortes pluies qui s’abattent sur le pays ? Le chapelet d’interrogations est encore long à égrener ! »
Aug 24
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« Le séjour européen de Paul Biya, présenté initialement comme un "court séjour privé", a finalement duré près de deux mois et demi », constate Actu Cameroun. Le journal en ligne rappelle que, « la longue absence du président camerounais avait suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique et de la classe politique. Des responsables de l’opposition avaient notamment évoqué l’hypothèse d’une "vacance du pouvoir", poursuit Actu Cameroun. Avec ce retour, Paul Biya met fin à une séquence qui aura alimenté de nombreuses spéculations sur son état, son séjour en Suisse, et la continuité du pouvoir à Yaoundé ». Le journal camerounais en ligne le Bled Parle estime, lui, que l’affaire est close : « Fin de débat, Paul Biya est de retour. » Plusieurs questions restent toutefois en suspens. Le Bled Parle estime que « les prochains jours devraient permettre de savoir si le président Paul Biya prendra des décisions concernant plusieurs dossiers attendus, notamment la formation d’un nouveau gouvernement et la mise en œuvre des nouvelles dispositions institutionnelles prévues par la constitution ». Longévité Autre question posée par le retour de Paul Biya : la longévité du président camerounais au pouvoir. « Au-delà de son retour au pays, estime Afrik.com, cette longue absence du président camerounais, âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, remet au premier plan les interrogations sur la continuité de l'État, la transparence autour de la présidence et la capacité du système camerounais à fonctionner efficacement autour d’un chef de l'État de plus en plus discret ». « À 93 ans, poursuit Afrik.com, Paul Biya reste le plus ancien chef de l'État en exercice dans le monde (…) Sa longévité au pouvoir fait de la question de sa succession un sujet politique incontournable, même lorsqu’elle n’est pas officiellement inscrite à l’agenda du pouvoir ». Santé Une longévité exceptionnelle qui s’accompagne de nombreuses questions sur la santé de Paul Biya. Jeune Afrique raconte ainsi qu’à son retour à l’aéroport de Yaoundé, et « comme ce fut le cas à chacun de ses retours au Cameroun ces dernières années, le chef de l'État a discrètement débarqué du côté droit de l’Airbus de location, grâce à un engin de levage spécialement réquisitionné pour lui éviter l’effort physique de descendre l’escalier abrupt d’accès à l’aéronef ». Une scène, précise Jeune Afrique, « qui n’a pas été filmée » par la télévision nationale, « seule admise sur le tarmac » de l’aéroport. Cette même télévision nationale qui, le 20 mai dernier, « avait promptement coupé les images lorsque le chef de l'État, âgé de 93 ans, avait fait un malaise », poursuit Jeune Afrique qui pense connaître les raisons exactes du séjour en Suisse de Paul Biya. Opération chirurgicale « Selon nos informations, Paul Biya a bien subi une intervention chirurgicale sur un genou qui le fait souffrir depuis des années, au point d’entraver sa mobilité. L’opération était préconisée par ses médecins depuis fort longtemps ». La santé de Paul Biya reste un sujet sensible. Aux yeux d’Afrik.com, « l’absence prolongée du chef de l'État a mis en lumière, une fois de plus, le manque de communication officielle autour de la présidence. Le gouvernement avait déjà été critiqué lors d’une précédente absence prolongée de Paul Biya en 2024, au point d’interdire les discussions publiques sur son état de santé ».
Aug 21
3 min

Et même au péril de sa vie. C’est le cas, tous les jours, pour les milliers et les milliers d’orpailleurs qui creusent le sol sur le continent africain, parfois avec des outils rudimentaires, que ce soit au Ghana, au Mali, en Afrique du Sud ou encore en RDC ou au Burkina Faso. Dernier drame en date : au moins 100 personnes sont mortes lors d’un glissement de terrain avant-hier dans la mine d’or artisanale de Zamboï, dans l’ouest de la République centrafricaine, à la frontière avec le Cameroun. « Les éboulements sont fréquents dans les mines de cet État d’Afrique centrale, dont les sols sont particulièrement riches et convoités, souvent exploités illégalement, hors de tout contrôle étatique », pointe Le Monde Afrique. Le quotidien rappelle que « le Cameroun s’est doté d’un nouveau code minier en 2023. Mi-juillet, le gouvernement camerounais avait annoncé le renforcement des contrôles dans la filière aurifère, après qu’un important écart eut été constaté entre les exportations d’or déclarées par les douanes camerounaises et les importations déclarées par les pays importateurs, notamment les Émirats arabes unis. Selon le gouvernement camerounais, plus de 200 sociétés exercent des activités minières sans titre ou autorisation régulière dans le pays. » Avertissements L’Infodrome en Côte d’Ivoire précise pour sa part que « le parquet de la ville centrafricaine de Baboua, à une cinquantaine de km de la mine, a ouvert une enquête judiciaire. Le maire de la commune de Garoua-Boulaï (située côté Cameroun), Adamou Abdon, a évoqué les fortes pluies qui se sont récemment abattues sur la région, fragilisant des sols déjà instables. Ce drame, pourtant, n’est pas une surprise, relève L’Infodrome. « Depuis plusieurs semaines, des avertissements avaient été lancés, notamment sur les réseaux sociaux. Les orpailleurs de la zone travaillent dans des conditions de sécurité déplorables, sans aucune réglementation. Il y a trois mois, rappelle le site, plus de 200 sites aurifères clandestins avaient été fermés à la suite d’une opération du ministre des Mines camerounais. Mais les activités ont repris dès le départ des autorités. Une triste répétition d’un drame précédent : en juin dernier, un effondrement similaire avait déjà fait plusieurs dizaines de morts à Bé-Mbari, également à la frontière. » « Seuls comptent la poudre et les cailloux qui brillent… » WakatSéra au Burkina Faso dénonce ce qu’il appelle « l’or de la mort : comme à Zamboï, ces gouffres de la mort sont installés par milliers, s’insurge le site, pas qu’en Centrafrique et au Cameroun, mais presque partout sur le continent, au mépris de toute mesure sécuritaire et des règles d’hygiène élémentaires. La vie humaine n’a plus aucune valeur dans ces lieux de haute prostitution et de trafics en tous genres. Seuls comptent la poudre et les cailloux qui brillent et qui font miroiter une vie de pacha, ou tout au moins des lendemains à l’abri du besoin. Sauf que (…) l’aventure finit parfois dans les entrailles de la terre, au détour d’un effondrement. « Comme à Zamboï ! (…) En Centrafrique, au Cameroun, en Côte-d’Ivoire, et partout ailleurs en Afrique, où la ruée vers l’or, sauvage ou mal contrôlée, tue au quotidien, il est temps de prendre les mesures qui s’imposent, s’exclame encore WakatSéra. Il y va de la protection de la vie humaine et de l’environnement. » Transformer la ressource aurifère en levier de développement durable Reste que l’or, en raison de l’envolée des cours, prend une place prépondérante dans les économies du continent. Notamment en Centrafrique qui a exporté l’année dernière 313 millions de dollars de métal jaune. Un chiffre avancé par le site Afric Telegraph qui relève que cette « montée en puissance des exportations d’or pose avec acuité la question de la gouvernance du secteur minier. Depuis plusieurs années, les autorités centrafricaines s’efforcent de renforcer la traçabilité des flux, dans un contexte où le pays a été régulièrement pointé du doigt pour les risques de commerce illicite. La présence d’opérateurs étrangers, notamment russes, dans le secteur extractif centrafricain complexifie le tableau. (…) Pour Bangui, l’enjeu des prochaines années, pointe encore Afric Telegraph, consistera à transformer cette manne aurifère en levier de développement durable. Cela suppose de renforcer la fiscalité minière, d’améliorer la collecte des redevances et de canaliser une partie des recettes vers la diversification de l’appareil productif. Les autorités de Bangui devront également composer avec les exigences croissantes des partenaires internationaux en matière de transparence, dans un secteur où les zones grises restent nombreuses. »
Aug 20
4 min

« Ils ont 19, 27 ou 30 ans, relate Le Monde Afrique. Ils travaillent, étudient, ont parfois des diplômes et des enfants. Mais entre les salaires de misère, le coût du logement, des études, et l’impossibilité de partir légalement, ils ne parviennent plus à imaginer leur vie au Maroc. Fin juillet, deux jours durant, des dizaines de milliers de jeunes Marocains se sont jetés à la mer pour rejoindre, à la nage, l’enclave espagnole de Ceuta, convaincus que l’avenir dans leur pays se résume à un horizon bouché. » Le Monde Afrique nous raconte le parcours d’Othman : « 27 ans et un master en économie et finance. Après ses études, il devient téléconseiller dans un centre d’appels à Casablanca. "Je gagnais 4 000 dirhams par mois. Une fois le loyer payé, il ne me restait rien pour vivre", précise-t-il. Le jeune homme retourne finalement s’installer chez ses parents, à Fnideq, la ville frontalière de Ceuta, et y devient serveur pour 3 500 dirhams par mois. "Je prends de l’âge, mais je reste dépendant de mes parents, regrette celui qui parle couramment trois langues. Je ne m’en sors pas seul, comment voulez-vous que je puisse me projeter ? Fonder une famille ?" Alors quand Othman voit des jeunes courir vers la frontière de Ceuta, il pose son plateau, ne prend même pas le temps de se changer et se joint à eux. (…) Selon un rapport de la Banque mondiale publié au printemps, précise encore Le Monde Afrique, (au Maroc) plus de 43 % des diplômés de l’enseignement supérieur âgés de 25 à 34 ans occupent un emploi inférieur à leur niveau de formation. » Un pays pourtant en pleine expansion. Pourtant, relève Jeune Afrique, « vu d’en haut, le Maroc va plutôt bien. La croissance a atteint 4,9 % en 2025, les investissements ont progressé de 16,3 % et les investissements directs étrangers de 74,3 %. Le tourisme a battu un nouveau record avec près de 20 millions de visiteurs. L’inflation est retombée à 0,8 % et le déficit budgétaire à 3,5 % du PIB. Quant à l’industrie, elle continue de monter en gamme. Or, pointe Jeune Afrique, à mesure que l’on descend dans les étages de l’économie et de la société, le tableau change. Le Maroc ne manque ni de capitaux ni de grands projets, mais ceux-ci peinent à irriguer l’ensemble de son économie. Trop peu d’emplois créés, des PME qui grandissent difficilement, des investissements étrangers encore mal connectés au tissu local et de fortes disparités territoriales : le défi n’est plus seulement de produire de la croissance, mais de mieux en répartir les bénéfices. C’est précisément sur l’emploi, mais aussi la santé et l’éducation, qu’avait émergé le mouvement GenZ212, à l’automne de l’année dernière. » En effet, relève encore le site panafricain, « chez les jeunes, le chômage atteint 37,2 %. Le Maroc réussit mieux à attirer le capital qu’à le transformer en emplois. » « Friction sécuritaire » Dans la presse marocaine, prudence. Pour le site Le 360, le drame de Ceuta est dû d’abord à un problème territorial : « Cet épisode remet brutalement en lumière, écrit-il, l’anomalie géopolitique de Ceuta et Melilla, deux villes occupées en terre marocaine dont le statut actuel est à l’évidence intenable. (…) Ces enclaves continentales, si ce ne sont les vestiges d’une époque révolue, n’irradient rien et ne génèrent que de la friction sécuritaire. » Par ailleurs, Le 360 affirme que les migrants de Ceuta n’étaient pas majoritairement marocains : « D'après nos sources, écrit le site marocain, les candidats à l’exil étaient à 60 % des ressortissants algériens, en embuscade dans la région et guettant la moindre brèche pour traverser, et à 35 % marocains, principalement des jeunes attirés par les rumeurs d’impunité et de régularisation immédiate. Les autres 5 % étaient originaires d’Afrique subsaharienne. » « Offrir des opportunités ! » Enfin, dans un récent éditorial, le site marocain Hespress reconnaissait que « l’enjeu consiste désormais à prolonger la dynamique économique en faisant de la jeunesse l’un des principaux bénéficiaires et acteurs de cette transformation. L’emploi, la qualité de l’enseignement et de la formation, l’entrepreneuriat, la mobilité sociale et la justice territoriale constituent à cet égard des priorités déterminantes. » Hespress concluait ainsi : il faut « offrir à la jeunesse marocaine suffisamment d’opportunités, de mobilité sociale et de perspectives pour que ceux qui cherchent à lui vendre l’illusion d’un avenir ailleurs ne trouvent plus de terrain sur lequel prospérer. » À lire aussiÀ Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat
Aug 19
4 min
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