Show notes
Le cadre de la cérémonie Mokutcho est intéressant à analyser au regard des enjeux de genre.Le groupe de participant est presque exclusivement masculin, une seule femme a le privilège de participer à la cérémonie (Une femme de chef coutumier absent). Les places sont comptées et sont occupées par les représentants des différents lignages des communautés. Or, cette fonction n’échoue pas aux femmes, celle-ci incombe aux chefs de famille puissants ou aux hommes influents au sein de la communauté (le professeur, le charpentier, etc.).La fonction de Mukulukane est exclusivement féminine. Au cours de la cérémonie, ces femmes se situent au-dessus des participants, la parole des ancêtres leur confère une assise nouvelle. Elles sont surhumaines, la figure féminine s’estompe pour devenir celle plus diffuse de « l’ancêtre ». Un basculement des équilibres des genres s’est alors opéré, la Mukulukane maîtresse de cérémonie, réceptacle d’une autorité respectée inconditionnellement mène la danse. Il est impossible de faire une cérémonie sans la présence d’une de ces femmes, le rituel en dépend.Au cours du Mokutcho, les femmes parlant en nom des ancêtres posent des questions qui dérangent aux participants à la cérémonie. Elles leurs font des reproches voir les critiquent publiquement. Elles ne sont plus dans la réserve qui est habituellement la leur et imposent respect et crainte aux hommes.La cérémonie inverse le rapport des genres, la patrilinéarité est bousculée et laisse soudain une place centrale à la femme qui par le chant et les appels tisse le réel pour le faire coïncider au spirituel (comme elles tissaient traditionnellement les tissus des vêtements).



