L’avion comme mode de transport a connu un essor fulgurant depuis l’introduction de jets commerciaux dans les années 50. On comptait en 1980, 800 millions de passagers contre 4.6 milliards en 2019. Cette croissance a pu être possible grâce à d'énormes gains d'efficacité des appareils modernes : près de 80% par passager par kilomètre par rapport à ceux des années 50 (baisse du prix des billets, augmentation du nombre de passagers, augmentation du nombre de vol). Cette croissance n’est pas prête de s'arrêter, selon Airbus, le nombre d’avions en service en 2042 devrait doubler par rapport à 2020.
Mais cette efficience n’a pas permis de compenser les emissions de CO2 liés à la hausse du trafic : en 2019, le trafic aérien mondial représentait 2.1% des émissions de CO2 d'origine humaines. Il s’accompagne aussi d’effet non CO2 (comme la traînée de condensation des moteurs) qui ne sont pas pris en compte et qui ont pourtant un pouvoir réchauffant encore non mesurée avec precision
A l'échelle individuelle, il pèse lourd dans le budget carbone qu’il faudrait respecter pour atteindre les objectifs de la COP21 (2Tonnes de CO2 par personne et par an en 2050). Selon le site CO2 My Climate, une boucle Paris Montréal émettrait 1.8 tonnes de CO2 (90% du budget).
Face à ces problematiques environnementales et sociales, peut on rendre l'aviation compatible avec nos objectifs de decarbonation en 2050 ? Réponse avec Valerie Guenon, Directrice politique environnement produit chez SAFRAN

