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Mar 29, 2022
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Voyagez dans les terres fertiles de l’Asie du Sud Est vers le Siam de l’époque moderne, lieu de hautes luttes entre Orient et Occident, mais aussi entre occidentaux…
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Jan 20, 2022
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Le cannibalisme au XVIIIe siècle, une affaire sensible pour assouvir votre faim de connaissances !
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Nov 23, 2021
45 min

Quelle était la place de l’astrologie au XVIème siècle en France ?
Dans cet épisode, Seva Ankevis propose de découvrir l’astrologie sous un nouvel angle. Loin des prédictions vagues de fin de programmes TV, découvrez la science et l’art des étoiles au XVIe siècle. Seva Ankevis s’appuie ainsi sur son mémoire de Master 2, Autour d’un horoscope, étude de la maison d’Angoulême avant la montée au trône de François Ier, réalisé à l’université Paris 8 sous la direction d’Anne Bonzon.
Une succession funeste
Le Généalitic ou Horoscope du roi François Ier
Le manuscrit que Seva Ankevis étudie dans son mémoire n’est pas un simple caprice. Il est en réalité issu d’une tragédie successorale complexe, dont seules les étoiles semblaient pouvoir prévoir l’issue. En effet, le roi Charles VIII, marié à Anne de Bretagne, ne parvient pas a avoir de fils qui survit. À sa mort, c’est alors un de ses proches parents, Louis d’Orléans, qui reprend le trône, et épouse Anne de Bretagne. Hélas, là encore, seules des filles survivent, et une nouvelle fois, le trône se retrouve sans héritier direct.
C’est le comte d’Angoulême, son cousin au 4ème degré, qui est choisi dans l’ordre de succession pour prendre sa place à sa mort. Le futur François Ier est alors rapidement marié à Claude, une des filles de Louis XII afin d’assurer sa légitimité. C’est dans ce contexte de succession plus que difficile que Louise de Savoie, mère de François Ier, commande un horoscope pour connaître le destin de son fils.
La science des étoiles
L’astrologie est une science déjà ancienne au XVIe siècle. Elle rassemble l’astronomie, les mathématiques, la philosophie et les sciences naturelles en s’appuyant sur des connaissances et théories antiques. Il s’agit d’étudier, dans le cadre des horoscopes, à l’aide d’une cartographie appelée figura celi (figure du ciel) la position des étoiles et planètes à un instant et un lieu précis afin de déterminer les actions qu’elles auront sur une personne donnée. L’astrologie est un des sept arts libéraux enseignés à l’Université. On distingue 3 astrologies :
Le modèle réel d’une sphère armillaire par Antonio Santucci (1582) au musée Galileo de Florence
L’astrologie sphérique étudie les mouvements des planètes, elle est plus proche de l’astronomie actuelle et ne se préoccupe pas des influences que ces planètes ont sur l’homme,
L’astrologie judiciaire se concentre sur les prédictions,
L’astrologie naturelle se fonde sur la météorologie et la navigation, là encore sans volonté de prédiction.
L’astrologie utilise de nombreux outils, comme l’astrolabe, la table astrologique ou la sphère armillaire. Elle repose aussi sur de nombreux écrits, comme la Tetrabible de Claude Ptolémée, rédigée au IIe siècle et posant les fondations de l’astrologie.
Politique astrologique et astrologie de la politique
Plus qu’une science, l’astrologie est aussi un outil politique. Les dirigeants, jusqu’au pape lui-même, se font conseiller par des astrologues dans leur exercice quotidien du pouvoir. François Ier lui-même, pour ses 40 ans, commande un manuscrit, le Généalitic, pour comprendre les destins de sa famille au regard des étoiles. L’astrologie judiciaire est cependant sévèrement considérée par l’Église, qui voit d’un très mauvais œil l’influence de ces prédictions sur le libre arbitre des Hommes, cherchant à dévoiler les projets de Dieu.
Mais malgré les interdictions en Occident chrétien, l’astrologie continue à se développer dans les mondes arabo-musulmans, menant à une grande variété de formes d’astrologies, qui sont ensuite réemployées par les astrologues occidentaux.
Pour en savoir plus sur le sujet de l’épisode, on vous conseille de lire :
L’horoscope de Louise de Savoie
B
Nov 3, 2021
39 min

Affûtez vos connaissances sur les épées de cour du XVIIe au XIXe siècle avec Simon Colombo !
Portrait Simon Colombo
Dans cet épisode, Simon Colombo tire de son fourreau le sujet intrigant des épées de cour. Simon nous présente sa thèse « L’épée de cour de la première moitié du XVIIe siècle à l’aube du XIXe siècle » sous la direction de Pascal Julien (Université Toulouse – Jean Jaurès), commencée en 2018.
Simon Colombo présente l’importance et les détails des épées de cour, armes civiles dérivées de la rapière du début de l’époque moderne. Entre décoration et arme blanche, indicatrice de rang militaire comme social, Simon Colombo vous parle de cet objet ambivalent. Les armes qu’il étudie proviennent des collections de beaucoup de cours d’Europe, parfois de lointains maîtres forgerons, allant jusqu’au Japon.
De l’affirmation du rang de la noblesse à l’après Révolution Française
Epée de cour, travail français ou anglais, vers 1780, Paris, Musée de l’Armée (copyright Simon Colombo)
Simon Colombo raconte dans l’épisode comment l’épée de cour est devenu peu à peu un élément de mode et de distinction sociale. Particulièrement développée en France, l’épée de cour dérive de la rapière du XIVe siècle. Raccourcie et allégée, elle profite de l’immense influence française à la fin du règne de Louis XIV. Elle se diffuse ensuite en Angleterre, aux Flandres, en l’Italie et jusqu’à la Russie.
Les colonies européennes en Amérique sont aussi d’important lieux de production, mais aussi l’Asie, où se développe un marché de la création d’épées de cour à destination des cours européennes, revisitées par les courants de décoration du Japon et du Tonkin.
L’épée de cour au râtelier de la typologie
Epée écaille de tortue, Naples, vers 1720, New York, Metropolitan Museum of Art, 26.145.339
Dans sa thèse, Simon Colombo dresse une classification des épées de cour afin de mieux en comprendre l’usage et les choix faits à leur création. Dans une période de profonde mutation de la noblesse avec l’opposition entre noblesse de robe, nouvelle et enrichie, et noblesse d’épée, souvent ancienne et appauvrie, l’épée de cour devient un objet de crispation identitaire. Pour les bourgeois anoblis elle est un moyen de se rapprocher de la noblesse, pour la noblesse ancienne elle est le symbole d’un héritage familial de charges et de puissance militaire, représentation de leurs privilèges.
L’épée de cour est un objet ambivalent, entre arme et bijou :
Objet d’apparat, elle se décline en différentes versions pour le matin, la rue ou l’opéra. Mais l’épée de cour reste une arme dont la lame doit être prête au combat. Même si le port de l’épée reste soumis à un privilège nobiliaire, nombreux sont les hommes du Tiers-État à s’en procurer pour se faire passer pour noble.
Si tout le monde peut acheter une épée, mais pas forcément la porter en ville, la question de la défense face à une agression se pose. L’épée de cour n’est ainsi pas qu’un bel objet mais aussi bel et bien une arme qui, dans des mains expertes, peut s’avérer mortelle. Au sortir d’un opéra, une épée peut s’avérer bien utile dans les ruelles mal famées de Paris.
Mortelle en effet, car l’épée de cour peut permettre de régler un conflit par le duel. Bien qu’interdit en France depuis 1666, le duel d’honneur reste une actualité à l’époque, comme le duel sportif.
Découvrez les enjeux et les anecdotes qui entourent cet objet fascinant qu’est l’épée de cour dans ce nouvel épisode de Passion Modernistes !
Pour en savoir plus sur le sujet de l’épisode, on vous conseille de lire :
Simon Colombo avec une de ses épées en main
Culture et mentalité de la noblesse :
Barbier Muriel, Duvauchelle Christine, Vassogne Sophie, Chevaillier Yves, Être et paraître, la vie aristocratique au XVIIIe siècle : trésors cachés du musée national de la Renaissance, Paris, Artlys, 2015
Brioist Pascal, Drévillon Hervé, Serna Pierre, Croiser le fer : violence et culture de l’épée dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècle)
Sep 22, 2021
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Découvrez dans cet épisode Madame Roland, femme de lettres du XVIIIème siècle !
Passion Modernistes
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Portrait Edith Jouanjean
Dans ce nouvel épisode de Passion Modernistes, Edith Jouanjean vous parle de son mémoire sur “Madame Roland ou les correspondances d’une femme des Lumières de 1780 à 1787 : entre incarnation et distinction de son temps”. Sous la direction de Dominique Godineau (Université de Rennes 2), Edith Jouanjean a soutenu ce mémoire en septembre 2019, et nous avons pu enfin nous rencontrer début 2021 pour enregistrer cet épisode !
Elle vous raconte la vie de Madame Roland, surtout connue pour ses écrits et prises de position pendant la Révolution, mais en se concentrant justement sur sa correspondance avant 1789. Edith Jouanjean s’est en particulier intéressée à ce que Madame Roland racontait de sa vie intime, comme lors des lettres où elle parle de sa fille à son mari.
Une correspondance intime
Bonneville / François / 17..-18.. / graveur / 0410. Portrait de Madame J. Ph. Roland, en buste, de profil dirigé à droite dans une bordure ovale / [estampe]. Gallica.frC’est à travers 289 lettres envoyées à des destinataires divers, comprenant son mari et plusieurs de ses ami·e·s,retranscrites par Claude Perroud en 1900 et conservées à la BNF,que Edith Jouanjean a pu entrevoir ce que fut une partie de la vie de Madame Roland.
Cette femme, qui ne prend le nom de Roland qu’en 1780 en épousant celui qui sera son époux jusqu’à la fin de sa vie, est née le 17 mars 1754 sous le nom de Marie–Jeanne Phlipon, bien qu’elle fût surnommée Manon durant son enfance. Femme lettrée de la seconde moitié du XVIIIème siècle, elle fut surtout étudiée soit à travers ses lettres de jeunesse qu’elle échangea avec ses amies du couvent, les sœurs Cannet, ou avec ses différents prétendants, soit au prisme de la Révolution Française,à travers ses lettres et ses Mémoires, afin d’étudier le rôle qu’elle put avoir aux côtés de son mari et ministre girondin.
C’est pourquoi l’invitée de l’épisode a souhaité se concentrer une étude plus approfondie des années 1780 à 1787, toujours sous le prisme de l’épistolaire. La lettre a en effet toujours été une pratique régulière chez Madame Roland, une activité quotidienne dont elle dépasse la seule fonction d’expression mondaine et sentimentale pour en faire l’outil d’une pensée dialogique en prise sur le monde.
Une femme influencée par les Lumières
3 : Silhouettes de la famille Roland, par Lavater à Zurich, vers 1792, Paris, musée Carnavalet. (page de garde de l’ouvrage Siân Reynolds))
Edith Jouanjean souhaitait dans son mémoire mettre en avant l’individualité et la singularité de Madame Roland tout en cherchant à voir en quoi elle a pu et peut être comparée au type de la « femme des Lumières », prônant les idées progressistes d’une société qui loue l’autonomie intellectuelle et la critique des savoirs. Cette étude s’inscrit directement dans une histoire des femmes et du genre dont le point de départ se trouve dans une considération de la différence sexuelle, agrémentée de la notion centrale d’agency.
Cette recherche propose ainsi de voir en quoi Madame Roland a pu atteindre un certain degré d’autonomie en tant que femme. Ses lettres illustrent une prise d’autorité féminine au sein de son entourage proche mais également maternelle dans sa prise en charge de l’éducation de sa fille. Sa capacité à asseoir un cercle d’influence dans l’espace privé mais aussi dans celui du public permet de questionner sa place dans une République des Lumières à laquelle elle participe à un certain niveau via la pratique culturelle qu’est l’épistolaire.
Il s’agit de voir comment cette femme se positionnait face à son genre et aux règles sociales qui lui étaient assignées, dans son couple, puisqu’elle contribua fortement aux travaux de son mari, dans sa famille, mais aussi dans la société même.
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