
Fragments 229 et 233 des Pensées, lus par William Mesguich, comédien et metteur en scène, commentés par Laurence Plazenet, professeure de Littérature à l’université Clermont AuvergneUn homme raconte comment, saisi par la détresse de sa condition dans l’univers « muet », confronté à l’indifférence de ses congénères qui ont préféré se jeter dans le divertissement, lui-même incapable de se satisfaire de cette échappatoire, il cherche, s’il n’existe pas néanmoins dans le monde des marques du Dieu : tel est le propos du fragment 229, qui livre une saisissante image de la condition humaine. Dans ce texte écrit à la première personne, bribe d’une conversation, Pascal capture l’attention de son lecteur pour mieux le tourner à Dieu. Le fragment 229 éclaire puissamment le célèbre fragment 233: « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie ».Blaise Pascal, Pensées, in L’Œuvre, édition établie et présentée par Pierre Lyraud et Laurence Plazenet, Paris, « Bouquins », 2023, p. 1151 et p. 1160. La numérotation des Pensées est celle de l’édition établie par Philippe Sellier sur la copie C2.
Dec 6, 2023
25 min

Abrégé de la vie de Jésus-Christ, séquences 203 à 228, lues par William Mesguich, comédien et metteur en scène, commentées par Laurence Plazenet, professeure de Littérature à l’université Clermont AuvergneTardivement découvert et encore méconnu, L'Abrégé de la vie de Jésus-Christ est un des textes les plus éblouissants de Pascal. Composé de 354 brefs articles numérotés en chiffres arabes, il raconte la vie du Christ en harmonisant le matériau parfois contradictoire des quatre Évangiles. Il relève à ce titre du genre de la « concorde ». Les séquences 203 à 228 rapportent les heures qui s’écoulent de la Cène jusqu’au procès du Christ avec, en leur cœur, la nuit à Gethsémani, lorsque, seul, abandonné de tous, Jésus consent à son sacrifice. Par sa scansion dramatique, le récit se révèle exégèse en même temps que poème, méditation spirituelle ardente, bouleversante, sur le mal. Blaise Pascal, Abrégé de la vie de Jésus, in L’Œuvre, édition établie et présentée par Pierre Lyraud et Laurence Plazenet, Paris, « Bouquins », 2023, p. 479-481.
Dec 4, 2023
21 min

Fragment 668 des Pensées, lu par William Mesguich, comédien et metteur en scène, commenté par Laurence Plazenet, professeure de Littérature à l’université Clermont Auvergne Dans le fragment 668 des Pensées, Pascal considère l’origine et la nature du principe qui fonde toute société. Au lieu de coexister de façon anarchique, au risque d’une incessante prédation de l’un sur l’autre, les hommes se réunissent en un groupe dont la cohésion est assurée par des liens ou des « cordes », selon le terme utilisé par Pascal. « Cordes de nécessité », légitimes et fondées en droit, ou « cordes d’imagination », vaines, arbitraires, révélatrices de la tragique condition de l’homme déchu ? Après saint Augustin, avant Rousseau, Pascal fut un puissant penseur du politique. Blaise Pascal, Pensées, in L’Œuvre, édition établie et présentée par Pierre Lyraud et Laurence Plazenet, Paris, « Bouquins », 2023, p. 1365. La numérotation des Pensées est celle de l’édition établie par Philippe Sellier sur la copie C2.
Dec 4, 2023
16 min

Fragment 653 des Pensées, lu par William Mesguich, comédien et metteur en scène, commenté par Laurence Plazenet, professeure de Littérature à l’université Clermont Auvergne Le fragment 653 est constitué de trois paragraphes d’égale longueur, dont les deux premiers s’ouvrent par une anaphore, « Si nous rêvions toutes les nuits ». Éminemment musical, incantatoire, il envoûte le lecteur et, l’enveloppant comme un songe, l’amène à douter de la réalité du monde, de la distinction entre rêve et réalité. La vie est-elle un songe ? Le texte donne-t-il à entendre un Pascal baroque, ou est-il une parodie invitant à se défaire de ces doutes pour chercher la vérité au-delà de ces clairs-obscurs ? Blaise Pascal, Pensées, in L’Œuvre, édition établie et présentée par Pierre Lyraud et Laurence Plazenet, Paris, « Bouquins », 2023, p. 1353-1354. La numérotation des Pensées est celle de l’édition établie par Philippe Sellier sur la copie C2.
Dec 4, 2023
28 min

Fragment 81 des Pensées, lu par William Mesguich, comédien et metteur en scène, commenté par Laurence Plazenet, professeure de Littérature à l’université Clermont Auvergne Le fragment 81 des Pensées appartient à une liasse intitulée « Vanité ». Pascal s’y emploie à humilier l’homme, fier de sa raison et de son intelligence, bouffi d’orgueil, certain qu’il est un juge « souverain » du monde. Surgit un animal minuscule et vibrionnant. Il bourdonne à nos oreilles. Plus de raison. Plus d’intelligence. Plus de maîtrise de soi. Le roi est nu : c’est un bouffon. O ridicolisissimo heroe ! Blaise Pascal, Pensées, in L’Œuvre, édition établie et présentée par Pierre Lyraud et Laurence Plazenet, Paris, « Bouquins », 2023, p. 1084. La numérotation des Pensées est celle de l’édition établie par Philippe Sellier sur la copie C2.
Dec 4, 2023
16 min

Si l’on veut vraiment entrer en philosophie, comme on entrerait dans les ordres, peut-être faut-il faire le pari que quelque chose d’enthousiasmant nous attend au bout du chemin, même si l’on serait bien en peine de définir quoi exactement. Pour faire ce pari, et ne pas trop jouer avec le hasard, prenons pour guide Pascal. Après tout, c’est lui l’expert en la matière, au point qu’il n’hésite pas à miser, comme on le dirait sur une table de jeu, sur l’existence de Dieu. Jean-Luc Marion de l’Académie française, connu pour son œuvre à la croisée de la théologie et de la philosophie, est l’invité de ce dernier épisode consacré à Pascal et la religion.
Nov 30, 2023
57 min

L'influence de Pascal dans le monde artistique est indéniable. Une contribution qui mérite d'être examinée de plus près dans cet épisode. Le philosophe n’a-t-il pas écrit dans ses Pensées : « Quelle vanité que la peinture, qui attire l’admiration par la ressemblance des choses dont on n’admire point les originaux. » Pourtant, c’est aussi lui qui invente une certaine conception de la subjectivité, en faisant du moi un nom : on parle désormais du moi, on dit le moi, quand bien même celui-ci serait haïssable, écrit Pascal. Ce moi ne se dissout plus totalement dans une identité sociale, dans un rôle familial, il existe comme individu à part entière. Quelle influence Pascal a-t-il pu avoir sur la représentation artistique à la fois des espaces et des individus ? Les Pensées ont-elles guidé les pinceaux des artistes autrement ? Dans cet épisode consacré à la peinture au temps de Pascal, Frédérique Lanoë, en charge de la collection de dessins de la donation Rosenberg au sein du musée du Grand Siècle, apporte un précieux éclairage sur quelques-unes des plus célèbres œuvres du XVIIe.
Nov 30, 2023
34 min

L’un a proclamé l’évidence du cogito en écrivant cette sentence fameuse, « je pense donc je suis », l’autre a inventé le moi en égrenant des Pensées restées inachevées, sous forme de liasses dont les éditeurs se disputent encore le classement. Quand Descartes propose une assise solide sous les lumières de la raison, Pascal se sent plus à l’aise dans le clair-obscur. Certes, Descartes bouscule, remet tout en question, doute de tout de façon hyperbolique, mais tout cela pour mieux reconstruire. Pascal, lui, vous secoue pour vous laisser chancelant, inquiet, dévasté même, si on ne le suit pas jusqu’aux lumières de la foi. En quoi consiste cette secousse ? Pourquoi devrions-nous nous laisser bousculer par Pascal ? Denis Moreau, spécialiste de philosophie du XVIIe siècle, propose quelques pistes de réflexion.
Nov 30, 2023
49 min

Que reste-t-il encore de Pascal ? Les Pensées font partie de ces ouvrages fondateurs qui ont suscité de multiples lectures et commentaires. Laurence Devillairs, agrégée de philosophie, s’est intéressée au concept d’inquiétude, central dans l'œuvre de Pascal. En philosophie, l’inquiétude décrit un état d’incomplétude, d’insatisfaction, de désir impossible de vérité et de bonheur. L'inquiétude est le propre de l'homme, et c'est le principe à partir duquel Pascal a construit sa philosophie.
Nov 30, 2023
48 min
