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"Chien 51" de Laurent Gaudé - éditions Actes Sud - 17/08/2022-
La plume, qui a frôlé, et parfois même donné en plein un chef d'oeuvre de quelque genre qu'il soit, ne peut plus simplement écrire un bon livre. C'est devenu trop peu !
Laurent Gaudé le sait, lui dont l'oeuvre est balisée par quelques grands livres. "Chien 51" est d'un genre à la fois original et très classique, un polar d'anticipation.
Il a été édité, en 2022, aux éditions "Actes Sud".
Et, son genre étant posé, chacun va s'empresser d'aller dénicher la référence, le livre déjà écrit dont on pourrait y apercevoir l'ombre de l'empreinte d'un hypothétique influence ... Mais, même si l'on peut lui concéder quelques points communs avec "Soleil vert" d'Harlan Harrisson, ce nouvel opus de Laurent Gaudé est un livre atypique, marquant et orienté.
Et, J'ai ressenti ce livre comme un brillant slogan altermondialiste, comme un cri de révolte face au monde qui s'annonce ! Peut-être ai-je eu tort ?
Enfin, le rachat de la Grèce par Goldtex, cela ne vous dit pas un tout petit quelque chose ? Athènes marchait tête basse ! D'ailleurs ne devrions-nous pas tous marcher tête basse ? Mais ceci est presque une autre histoire ...
Le livre de Laurent Gaudé est un récit tendu, dur et sans concession. C'est un polar très noir, une enquête policière menée dans un monde futuriste que l'on aimerait ne jamais connaître. Rien n'y est simple, rien n'est épargné à ses deux enquêteurs, Salia Malberg et Zem Sparak, celui à qui le livre doit son titre "Chien 51"... Zem Sparak, flic de seconde zone, anesthésié par le poids de son histoire, par la tragédie de son pays devenu un gigantesque champ d'ordures et par le sacrifice d'un amour jamais oublié. Zem Sparak qui a la tristesse du vieillard qui se souvient des monde engloutis !
Le livre est écrit de manière magistrale. J'ai lu quelque part sur Babelio, qu'il fallait être, en général, un écrivain du genre pour plus que moins livrer de la bonne vieille SF à ses lecteurs ! Les exemples ne manquent pas pour venir en contre-feu de cet axiome bien peu mathématique : Perrochon et ses hommes frénétique, Pierre Véry et son royaume des feignants, son pays sans étoiles, Robert Merle et Malevil, Jean-Christophe Rufin et Globalia ... L'anomalie d'Hervé le Tellier venant tout de même d'emporter un prix Goncourt largement plébiscité, et couronné par un record imminent et absolu des ventes depuis la création du prix en 1892.
Alors, alors ! Que dieu me savonne ! Et que Savinien de Cyrano, dit de Bergerac, me pardonne. La science-fiction serait-elle un pré carré ?
Quoi qu'il en soit, "Chien 51" est un bon roman de SF mâtiné de polar, à moins qu'il ne soit un excellent roman policier dystopique. A vous de voir ...
Gilles



