
Thomas Sotto reçoit Loïc Signor, porte-parole de Renaissance, sur le plateau des 4 Vérités.
2024, nouvelle année, et bonnes résolutions. Un seul mot semble diriger ce début d’année à l’Élysée : remaniement. Ce qui semblait très probable s’est finalement réalisé hier soir lundi 8 janvier quand Élisabeth Borne a remis sa démission de son poste de Première ministre. Le Président de la République l’a remercié pour vingt mois de loyaux services dans un tweet, évoquant son travail « exemplaire » au « service de la nation ». C’est désormais sur le jeune ministre de l’Éducation que les regards sont rivés, ce dernier étant pressenti pour succéder à l’ancienne conseillère de Lionel Jospin. Malgré des rumeurs allant bon train, l’identité du prochain occupant de Matignon sera officiellement révélée dans la matinée du mardi 9 janvier.
Loïc Signor, porte-parole du parti présidentiel, voit en cette démission une bonne nouvelle, un « changement de dynamique » correspondant à un « nouveau cap ». 2024, comme annoncé dans ses vœux aux français, serait pour Emmanuel Macron une année placée sous le signe du « réarmement ». Un réarmement à la fois civique, industriel, économique et social pour le porte-parole du gouvernement, qui permettrait à Renaissance de revenir à ses fondements et d’atteindre son objectif principal : le plein emploi. Au micro de Télématin, il reformule les remerciements du Président à son ex-Première ministre, rappelant son travail effectué dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la planification écologique, saluant au passage les réformes « très difficiles » qu’elle a menées, celle des retraites en premier lieu.
Peu d’annonces
La veille, Raphaël Glucksmann, de Place Publique, ironisait sur une potentielle éviction de l’ancienne Première ministre du gouvernement en sous-entendant que le Président ne cherchait qu’une marionnette pour la remplacer. Interrogé sur les mots de l’opposant, Loïc Signor a déclaré que « les français n’auraient pas fait confiance à un Président omnipotent », et que celui-ci n’a pas gouverné de la même manière avec Elisabeth Borne qu’avec Jean Castex et Edouard Philippe. Il n’a pas souhaité s’exprimer sur une potentielle promotion de Gabriel Attal au rang de Premier ministre, attendant les annonces présidentielles, ni sur un vote de confiance au Parlement suite aux menaces d’une motion de censure formulées par Mathilde Panot, des Insoumis.
Et si Gabriel Attal démissionnait de son poste à l’éducation au bout de seulement cinq mois pour devenir Premier ministre ? Un passage éclair au ministère de l’éducation qui ne choque pas Loïc Signor, estimant qu’on « a fait pire » et que l’éducation reste une priorité pour le Président. Motus et bouche cousue également au sujet de possibles alliances pour donner un coup de boost à Renaissance, mais une insistance sur sa fidélité sans Borne à Emmanuel Macron. Il déclare ainsi : « Mon objectif, c’est que Marine Le Pen ne prenne pas le pouvoir en 2017, et cela veut dire que je serai utile aux côtés du Président où que je me trouve ».
Jan 9, 2024
10 min

Élisabeth Borne était reçue hier soir dimanche 7 janvier 2024 dans les couloirs de l’Élysée par le chef de l’État pour retravailler, selon les porte-parole du gouvernement, des « dossiers importants ». Une visite nocturne de la Première Ministre au président de la République alimentant des rumeurs qui vont bon train depuis plusieurs jours sur un possible remaniement au sein du gouvernement, les médias donnant à cœur joie leurs pronostics sur les membres les plus sur la sellette selon eux, Mme Borne en tête de liste. Invité sur le plateau des 4 Vérités, Raphaël Glucksmann implore le Président d’ « arrêter de jouer avec [ce] remaniement », et critique l’aspect selon lui trop autocratique de la gouvernance d’Emmanuel Macron.
Le député européen insiste sur cette concentration des pouvoirs qu’il pense être un « problème immense pour notre démocratie ». Un phénomène qui n’est ni nouveau, ni une invention du président actuel, mais qui s’est largement intensifié depuis l’arrivée au pouvoir de ce dernier pour Raphaël Glucksmann. Il dit : « jamais le pouvoir n’a été autant concentré dans les mains d’un seul homme », et déplore le manque de « cap » dans la politique du chef de l’État. Il considère la « macronie » comme un échec. Pour l’homme politique, le Président, qui avait pourtant été élu sur des promesses de modernisation des institutions et de la politique française, a déçu ses électeurs, en perdant notamment de vue ses ambitions de compromis.
Questionné à propos de la cohabitation entre les partis de gauche et de droite au sein du gouvernement, Raphaël Glucksmann annonce la fin de la politique du « en même temps », pourtant centrale au projet d’En Marche. Selon lui, une année qui commence par la réforme très polémique des retraites, et se termine par la toute aussi polémique loi sur l’immigration, démontre clairement que le gouvernement a fait le jeu de l’extrême-droite, et abandonné ses alliés à gauche. Glucksmann salue tout de même le courage d’Aurélien Rousseau, ex-Ministre de la Santé, pour avoir quitté ses fonctions suite à l’adoption du projet de loi sur l’immigration, préférant ses valeurs à son confort et sa carrière. Un symbole qui restaure, selon le président de Place Publique, la foi des français en la politique, alors même que « ce qui menace la vie politique en France, c’est le soupçon d’insincérité qui pèse sur les politiques ».
Un avant-goût de campagne
Face à ce manque de sincérité qu’il voit chez ses confrères, Raphaël Glucksmann se propose-t-il comme une alternative, un homme politique d’une nouvelle trempe ? C’est ce que son intervention face à Thomas Sotto laisse penser, le député européen rappelant avec ferveur les raisons qui devraient pousser les français à soutenir son parti pour les élections européennes. Celui qui est qualifié comme une « valeur refuge pour macroniste en détresse » par l’Opinion énonce sa foi en la construction européenne comme le fer de lance de son projet politique, réitère son engagement contre les multinationales ne respectant pas nos lois. L’Europe est pour lui le rempart contre les guerres et l’impérialisme américain : les élections européennes de cette année, qui vont se dérouler en même temps que les présidentielles Étatsuniennes, devraient sceller le sort du vieux continent face à la concurrence outre-Atlantique et d’une potentielle réélection de Donald Trump.
Une croyance dans le projet européen qui place Glucksmann comme une alternative à Emmanuel Macron, mais aussi à la tentation de l’extrême-droite. Interrogé à ce sujet, ce dernier admet comprendre le « sentiment d’impuissance » de nombreux français suite à leur déception par la quasi-intégralité de l’échiquier politique, mais rappelle que « les solutions du Rassemblement National sont illusoires et dangereuses » ainsi que fondées sur « le mépris de la démocratie et la haine de la construction européenne ». Comme lancé dans sa campagne pour une chaise au Parlement européen avant l’heure, Raphaël Glucksmann martèle, au nez et à la barbe des représentants d’extrême-droite, que l’« Europe ne rime pas avec faiblesse et impuissance ».
Jan 8, 2024
9 min

On l’a appris vendredi 5 janvier 2024 en fin d’après-midi : la France et la Jordanie ont largué par les airs 7 tonnes d’aide humanitaire sur la bande de Gaza. Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis et invité des 4 vérités, juge évidemment que « c’est une bonne chose » et rappelle le nombre d’enfants qui ont perdu la vie dans le territoire Palestinien depuis le début du conflit au proche Orient : 5 300, parmi les plus de 20 000 morts recensés. Rien ne justifie, « évidemment », selon lui, les attaques « terribles » du Hamas le 7 octobre 2023, mais rien non plus n’explique « la spirale folle » dans laquelle est engagé le gouvernement de Benjamin Netanyahou, qui ne « sert à rien, met en danger toute la région, y compris les otages Israéliens, et risque de créer encore plus de violence et des générations entières de personnes qui auront envie de mener la guerre ». Pour l’ancien militant du Parti socialiste, la France doit « parler fort » et exiger un cessez-le-feu face à ces crimes de guerre. En ce sens, il se dit d’accord avec certains membres du parti La France Insoumise, qui estiment que l’Hexagone se doit d’exercer une pression internationale sur Israël, notamment en prenant des mesures de cessation d’activité économique. Somme toute, il prône un boycott pour contrer la « politique folle » du premier ministre Israélien.
Depuis quelques jours, les rumeurs fusent. Un remaniement semble se redessiner en France. « Le Président de la République a pris la décision d’appuyer sur le bouton », aurait notamment déclaré un membre du gouvernement à BFMTV jeudi 4 janvier 2023. Tout comme certains ministres de gauche en désaccord avec le projet de loi immigration, qui pourraient être remerciés, Élisabeth Borne pourrait quitter Matignon. L’ancien militant du Parti socialiste s’en réjouit-il ? Il rappelle simplement que la première ministre restera dans l’Histoire comme « celle qui a imposé plus de travail aux français en infligeant la retraire à 64 ans. » En ce sens, « c’est quelqu’un qui a fait mal à des millions de gens », juge-t-il, revenant aussi sur le grand nombre de 49.3, 23 en tout, imposés par la femme d’État. Selon Alexis Corbière, remaniement ou pas, la politique risque de « rester la même » et, à la vue des voeux du président de la République, qui selon lui semble « tout assumer », il craint que le scénario ne change pas dans les temps à venir.
Jean-Luc Mélenchon sera-t-il tête de liste de La France Insoumise aux Européennes de 2024 ?
Les élections Européennes auront lieu pendant la période cruciale du 6 au 9 juin 2024. Pour l’instant, la liste La France Insoumise est créditée de 7 à 8% des intentions de vote. Faut-il trouver une tête de liste forte pour gagner des voix ? Jean-Luc Mélenchon, par exemple, devrait-il mener cette campagne ? Celui qui est engagé depuis plus de 20 ans auprès du leader Insoumis informe qu’ « à sa connaissance », le concerné n’a pas « du tout prévu » de se présenter en tête de cette liste.
Alexis Corbière a fait partie de ceux qui ont vivement critiqué la façon dont a été menée la direction de la France Insoumise ces derniers mois. Il regrette notamment la sanction de Raquel Garrido, qui ne pouvait « plus être oratrice au nom du groupe dans les travaux parlementaires pour une durée de quatre mois » après décision du bureau du groupe LFI le 7 novembre 2023. Cette décision avait été prise notamment suite à des critiques qu’elle avait tenues contre Jean-Luc Mélenchon. Finalement, la femme politique a depuis envisagé son avenir en dehors du parti. Alexis souhaite en tout cas que LFI « fasse mieux » en 2024 mais n’envisage sûrement pas, lui qui en est un des membres fondateurs, d’en partir. Une chose est sûre : La France Insoumise n’est pas morte. Et il ne s’agit pas, non plus, d’en évacuer Jean-Luc Mélenchon. Juste de créer un « rassemblement large » à l’occasion des élections présidentielles 2027.
Jan 6, 2024
11 min

Ce vendredi 05 janvier, de nombreux dirigeants européens seront à Paris pour assister à l’hommage national à Jacques Delors, mort le 27 décembre dernier à 98 ans, organisé dans la matinée à l'hôtel des Invalides. La cérémonie sera présidée par Emmanuel Macron qui prononcera l'éloge funèbre de l'ancien président de la Commission européenne. Le chef de l’État a convié les 27 dirigeants européens, mais aussi les chefs d’institutions européennes comme Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission, Charles Michel président du Conseil européen, Roberta Metsola présidente du Parlement et Christine Lagarde présidente de la BCE. « Jacques Delors a été à la base de la monnaie unique. Et elle est solide. Elle est un ciment de l’Europe », commente Bernard Guetta, député européen du groupe Renew, invité des 4 Vérités ce vendredi 05 janvier 2024. « Le legs de Jacques Delors, c’est également l’unification de l’Europe qui avait été divisée par la guerre froide, mais aussi le programme Erasmus. Le legs de Jacques Delor c’est la force de notre unité au moment même où elle nous est plus que jamais nécessaire », précise-t-il.
Européennes : des élections cruciales
Néanmoins, le sentiment de défiance vis-à-vis de l’instance européenne s’accroît au sein de nombreux pays. Dans ses vœux du 31 décembre, le président de la République avait déjà souligné "l'héritage" de Jacques Delors. À quelques mois des élections européennes où la liste RN portée par Jordan Bardella caracole en tête des sondages, Emmanuel Macron entend bien montrer qu'il se place dans les pas de l'ancien socialiste. « Notre président de la République est certainement un héritier de Jacques Delors », souligne Bernard Guetta. Pour l’heure, le parti de la majorité n’a pas encore amorcé sa campagne électorale. « Je ne le cache pas, je le regrette. Je pense que nous aurions déjà dû être en campagne », réagit l’élu. Une chose est sûre : le scrutin s’annonce crucial. « Étant donné la situation internationale, pour la première fois dans l’histoire, nous aurons réellement des élections européennes qui porteront sur ce que doit devenir l’union européenne dans un monde aussi dangereux » affirme l'eurodéputé. La majorité est-elle en mesure de battre de Rassemblement national ? « Nous sommes à six mois de l’élection, si on s’y met rapidement, nous pouvons y arriver, nous avons les meilleurs arguments », estime Bernard Guetta. « Il s’agit de décider de la nature de notre réponse collective aux défis qui nous menacent : le Proche-Orient, Vladimir Poutine en Russie et le retrait des États-Unis d’Europe. Ce sont des conflits existentiels ».
Au proche orient, le conflit se poursuit. Quelle voix la France peut-elle porter ? « On a une situation de folie complète qui n’est contrôlée par personne parce que depuis 70 ans, cette guerre permanente oppose deux peuples pour une même terre », commente Bernard Guetta. En Ukraine, le conflit s’enlise. Moscou peut-elle gagner ? « Les sanctions économiques portent des coups sévères à l’économie russe et surtout car il y a toujours une résistance incroyable. La Russie a reculé », affirme Bernard Guetta, qui estime que « l’Europe devrait en faire plus ».
Jan 5, 2024
10 min

Après avoir connu 27 jours de vigilance pluie, inondations et crues depuis le 3 novembre 2023, les habitants des Hauts-de-France sont de nouveau frappés par d’intenses inondations qui envahissent leurs maisons et leur font perdre leurs biens les plus chers. Le Pas-de-Calais, plus particulièrement, est sous les eaux. Cette situation aussi exceptionnelle que inédite fait dire à Sébastien Chenu, député et vice-président du Rassemblement national et invité des 4 vérités, que « des choses auraient peut-être pu être faites » en amont. Même s’il n’est selon lui « pas l’heure d’allumer des polémiques », il juge qu’un plan inondations, et des moyens, notamment pour le curage et l’endiguement, auraient pu être mis en place dès 2021. En effet, informe-t-il, il y a deux ans déjà, les EPCI (établissement public de coopération intercommunale) avaient déjà alerté sur ces potentiels désastres météorologiques. Xavier Bertrand, en son rôle de président du conseil régional des Hauts-de-France, serait « en partie responsable » de ce virage manqué. « Il n’a pas été très clairvoyant », juge Sébastien Chenu.
Le 30 décembre 2023, le Washington Post a publié une enquête fouillée sur le RN. Le journal américain évoque notamment des documents du Kremlin qui auraient été obtenus par un service de renseignements européen et qu’il aurait pu examiner. Suite à son enquête, le média accuse le parti d’être « la courroie de la diffusion de la propagande Russe en France ». Sébastien Chenu récuse fermement ces informations, arguant qu’elles sont « complètement bidons » et accusant le Washington Post d’être « engagé contre le Rassemblement national » et de relayer des informations « sans aucune source ». Pour se défendre, il rappelle le rapport d’une commission d’enquête relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères publié en juin 2023 par l’Assemblée nationale, qui stipule qu’aucun parti français ne subit d’ingérence russe. Le conseiller régional des Hauts-de-France déplore par ailleurs que les partis français, et notamment la Macronie, ne le soutiennent pas et contribuent même à la diffusion de fake news. « Je préférais les voir se mobiliser pour des entreprises françaises plutôt que d’essayer de décrédibiliser leurs adversaires», regrette-t-il.
Un remaniement donnerait-il un cap au gouvernement ?
Lors de sa venue dans les 4 vérités, mercredi 3 janvier 2023, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra a indiqué que les athlètes russes seraient bien présents lors des compétitions en France, mais sous bannière neutre, c’est-à-dire sans drapeau russe. Une décision que Sébastien Chenu juge « assez hypocrite ». Malgré les « relations compliquées avec la Russie », il invoque le devoir de ne pas humilier ce peuple, de continuer à lui parler, lui, qui, un jour, ne sera plus gouverné par le « dictateur » qu’est Vladimir Poutine.
Dans ses vœux de nouvelle année présentés le 31 décembre 2023, Emmanuel Macron a dit que 2024 devrait être « l’année de la fierté française ». L’ancien membre du parti Républicain considère que les propos du président de la République française ne sont pas en adéquation avec la réalité, puisqu’il a selon lui « abîmé le pays, sa souveraineté et son économie ». Il pointe le manque de résultats du chef de l’État. La cause de ces maux ? L’inexistence d’un programme politique au départ, selon l’élu RN. Un remaniement donnerait-il un cap au gouvernement? L’homme politique soumettrait plutôt un référendum ou un dissolution, qui, pense-t-il, rebattrait justement les cartes.
Quant à Jordan Bardella et Marine Le Pen, ils seraient « complémentaires », et le porte parole du parti assure que la femme politique sera bien candidate à la présidentielle 2027, tandis que Jordan Bardella « fera un très bon Premier ministre. »
Jan 4, 2024
10 min

J-204 avant la cérémonie d’ouverture des JO 2024 ! Cependant, la polémique des athlètes russes participant aux compétitions ne désemplit pas. À la vue des nouvelles frappes massives de Vladimir Poutine contre l’Ukraine, le 3 janvier 2023, et du conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine depuis maintenant près de 2 ans, une question demeure en suspens : est-il acceptable d’accueillir des joueurs olympiques russes lors de ces défis à venir ? Invitée des 4 vérités, Amélie Oudéa-Castéra cite les rapporteurs de la commission des Droits de l’Homme : « Plus le contexte international se tend, plus il est important de protéger nos valeurs ». Convoquant le principe de non-discrimination, elle dit le devoir d’accueillir des athlètes russes ou biélorusses, « dès lors qu’ils n’ont rien fait ». Ces derniers seront donc reçus sous bannière neutre, dans un cadre préalablement posé, à distance des messages provocateurs de Vladimir Poutine, et après une vérification vigilante de la part du CIO (Comité International Olympique). Cette dernière veillera à ce que les ressortissants de l’État fédéral d’Europe et d’Asie n’aient pas de lien avec les agences gouvernementales russes.
Toujours à propos des JO 2024, après les bouquinistes, ce sont désormais les policiers qui s’inquiètent de leurs conditions de travail pendant les jeux. La mobilisation à 100%, avec une injonction à ne pas prendre de congés, les inquiète. Ils estiment aussi que les primes proposées ne sont pas à la hauteur. Un bloc de 14 syndicats appelle ainsi à une journée noire de mobilisation mi-janvier. Amélie Oudéa-Castéra cite cette fois Gérald Darmanin, qui a, selon elle, « engagé le dialogue social ». Parmi les éléments de discussion, le ministre de l’Intérieur a notamment invoqué la possibilité de finalement pouvoir prendre deux semaines de congé pendant la période allant de 15 juin au 15 septembre, ainsi que celle d’accéder à divers niveaux de primes, la plus haute atteignant 1500 euros. Le dialogue devrait se poursuivre.
La cérémonie des Jeux Olympiques 2024 aura-t-elle bien lieu sur la Seine ?
En ce mercredi 3 janvier 2023, la ministre peut-elle promettre que la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques 2024 aura bien lieu sur la Seine, comme prévu ? Pour rappel, pour la première fois de l’histoire, cette dernière n’aura pas lieu dans un stade, mais bien sur l’eau, avec un défilé des délégations nationales qui se fera sur des embarcations, et 10 500 athlètes qui navigueront à travers la Ville lumière. Si « un certain nombre de variables d’ajustement » existent encore autour de ce concept, la ministre assure en tout cas que tous les moyens sont mis en œuvre.
Sur le plan des victoires, l’ancienne directrice générale de la Fédération française de tennis se prend à rêver d’une France dans le top 5 des nations les plus médaillées olympiques. Il faudrait donc passer d’à peu près 10 médailles d’or obtenues au Japon à 16 ou 17. « On sait qu’on peut le faire », s’enthousiasme-t-elle, rappelant « cette capacité qu’on a, lorsqu’on est un athlète tricolore, à être poussé par son pays hôte ». Côté paralympique, l’objectif serait de doubler le nombre de titres, en passant des 11 obtenus à Tokyo à « 22, 23 ou 24 » afin d’entrer progressivement et « durablement » dans le top 5 ensuite.
Si, à cause du remaniement qui plane en 2024, Amélie Oudéa-Castéra n’est pas certaine d’être encore au gouvernement lors des JO, elle assure en tout cas être « rivée sur [sa] tâche à 100% ».
Jan 3, 2024
10 min

Les fêtes se sont achevées il y a quelques jours. En cette fin d’année, les français ont beaucoup consommé. Michel-Édouard Leclerc indique que les supermarchés commencent l’année avec un chiffre d’affaires bien supérieur à celui de l’an passé. Certes, ce chiffre augmenté de 10% est un peu biaisé en raison de l’inflation, qui fait inévitablement gonfler les prix, mais, tout de même, « c’est moins pire que ce que l’on pensait », indique le président du comité stratégique des centres E.Leclerc. Sur le plan de l’alimentation, les gens sont assez constants, ils « mangent beaucoup », notamment des huîtres, du foie gras, du saumon. Pour pouvoir accéder à ces produits, certains consommateurs plus pauvres se sont tournés vers des petites marques, mais, « globalement », ils ne se sont pas privés. À propos de l’achat de jouets, le dirigeant d’entreprise n’irait pas jusqu’à parler de sobriété, mais il a constaté davantage d’achats de raison. Plutôt que les jouets dits « fantastiques », un retour de « l’économie du loisir » s’est laissé voir. Les jeux de société, une valeur sûre, ont notamment remporté beaucoup de succès.
Comme le jure Bruno Le Maire, qui assurait en 2023 que « la crise inflationniste [était] derrière nous », 2024 marquera-t-elle la fin de la hausse des prix ? Selon Michel-Édouard Leclerc, il va en tout cas falloir aller « chercher la résolution de [cette] crise. » Pour l’instant, indique-t-il, toute la vie économique est banalisée par un cycle de négociations annuelles où industriels et distributeurs doivent se battre pour négocier. « Mais je vous rassure, avec tous mes concurrents de la distribution, on est allés demander de la déflation (…) On va aller chercher des baisses de prix. » Le président de E. Leclerc parle ainsi d’une inflation qui « sera au moins moitié moins comparée à celle de l’année dernière ». L’objectif ? Des hausses qui passeront de 20% à 2%. Les marchés des matières premières, tels que les céréales ou le café, devraient être ceux qui verront leurs hausses le plus ralentir. Pour autant, comme le rappelle le « patron préféré des français », cette inflation ne signifie pas, malheureusement, que les prix vont baisser, mais simplement qu’ils vont augmenter moins vite. Concernant le succès gardé par l’enseigne de grande distribution E. Leclerc pendant cette période, Michel-Édouard Leclerc met en avant une raison simple : la volonté de ne pas gonfler les prix, envers et contre tout.
Michel-Édouard Leclerc, accusé d’être un « propagateur de théories du complot » par Marc Fesneau
La guerre en Ukraine, le COVID… Tous ces éléments de crise ont-ils été un prétexte à s’en mettre « plein les poches » pour certains magasins , comme l’avait argué Michel-Édouard Leclerc ? Cette prise de parole effectuée il y a quelques jours avait en tout cas beaucoup agacé Marc Fesneau, ministre de l’agriculture. Ce dernier avait alors invoqué qu’il s’agissait d’une « théorie du complot ». Alors, Michel-Édouard Leclerc est-il un propagateur de théories du complot ? Il s’en défend et rappelle qu’il parle d’une inflation spéculative depuis au moins 2 ans. Or, l’inflation spéculative, par définition, ne concerne pas la hausse de matières premières, mais celle de « placiers », industriels qui spéculent sur ces hausses. « Maintenant, ces gens, il faut qu’on les pousse dehors afin que les français puissent retrouver une hausse de prix la plus minime et une adéquation des salaires qui ira avec cette hausse de prix. »
Il y a quelques jours, le ministre de l’agriculture accusait également le président de E. Leclerc de ne pas être patriote, pointant le fait que les produits distribués par la grande enseigne n’étaient pas tous français. Michel-Édouard Leclerc juge cette attaque si « nulle » qu’il ne souhaite pas faire de commentaire.
Autre sujet, la shrinkflation. Il s’agit des marques qui font augmenter les prix de leurs produits, mais qui en baissent les poids ou les formats. Le dirigeant d’entreprise est « complètement » opposé à ce système. Bientôt, dans ses magasins, des étiquettes plus précises et plus honnêtes seront visibles sur les produits.
Jan 2, 2024
10 min

Invité des 4 Vérités, Rodrigo Arenas annonce qu'il a décidé de s’opposer par les actes à la loi immigration de Gérald Darmanin. Concrètement, cela signifie que les communes, départements et collectivités n’appliqueront pas les dispositions de la loi, qu’il l’approuve, et qu’il fera partie de ces opposants. Le député de la France Insoumise et député de Paris stipule que c’est tout à l’honneur de ces collectivités de résister à cette loi. « Des maires la dérogent et payent même des amendes pour ça », précise-t-il. Un dérogement pour prendre soin des habitants qui occupent ces territoires, à l’approche des grands froids, qui ne peuvent pas être rejetés impunément comme le préconise cette loi. Il s’agit, dans ce cas précis, souvent, de municipalités de gauche, mais il existe des cas, dans l’histoire de notre pays, et très récemment aussi, de municipalités de droite qui ont également refusé de se plier à certaines autres lois. L’auteur de l’ouvrage Passeur de monde cite l’exemple de mairies de droite qui refusent de construire des écoles publiques alors qu’elles en ont l’obligation, parce qu’elles souhaitent malgré tout privilégier le privé. « C’est pour faire une résistance par rapport à ses convictions, qu’un maire est élu », rappelle l’homme politique.
Aujourd’hui, certains articles de la loi immigration sont attaqués en droit constitutionnel et même critiqués par le président de la République. Le membre de la France Insoumise confirme donc qu’il est « bien normal d’entrer en résistance et de ne pas être volontaire sur une loi qui prône les discriminations. »
S’agissant de la « victoire idéologique » dont se vante Marine Le Pen à propos de la loi immigration, Emmanuel Macron s’est défendu il y a quelques jours en disant que cette loi répondait à « ce que voulaient les gens ». Quelle était la finalité du texte ? Y a t-il vraiment un problème de flux migratoire qui dérange réellement l’opinion publique ? Selon le député de Paris, des personnes, surtout issues de l’immigration maghrébine, ont été pointées du doigts depuis des années, et c’est avant tout à cause de la création d’un climat de peur que cette opinion de défiance a été créée.
La France Insoumise est en tout cas soudée contre ce texte. Cet accord crée-t-il un rapprochement, une unité retrouvée au sein du parti, après ses dissonances sur la guerre entre Israël et le Hamas et les propos contestés de Jean-Luc Mélenchon au sein même du groupe ? « Les circonstances nous obligent à nous soutenir (…) Notamment face à l'extrême droite et ce qui se passe en ce moment », assure Rodrigo Arenas. Dans son livre Passeur de monde, l’ancien codirecteur d’un syndicat de parents d’élèves propose des solutions concrètes pour le système scolaire. Celles-ci sont un peu à contre-courant des mesures proposées par le ministre de l’Éducation Gabriel Attal. Collège unique, lycée pour tous… Il dit surtout que face aux enjeux écologiques, du numérique, et économiques, il faut arrêter de séparer le travail manuel et intellectuel et préparer les enfants au monde qu’on leur prépare. Il voulait prolonger notamment l’âge de l’école obligatoire de 16 à 18 ans, créant ainsi une sorte de « smic éducatif ». Comparant l’hémicycle à l’Assemblée nationale, et l’attitude irrespectueuse d’Élisabeth Borne dans celui-ci, il parle d’un nécessité de réapprendre le collectif, créant un lieu où l’on peut « précisément vivre ensemble », avec plus de mélange à l’école qu’il n’y a en a aujourd’hui, sans des classes de niveau par exemple, ce que propose pourtant Gabriel Attal. « L’égalité est le pacte républicain », a martelé le député de Paris. Les recettes de son livre seront versées à l’association « Mon cartable connecté », une association qui vient en aide aux enfants malades.
Dec 23, 2023
10 min

Cela ne va pas très fort au gouvernement et dans la majorité. Après la démission du ministre Aurélien Rousseau, une autre ministre, Sylvie Retailleau, celle de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a présenté sa démission. Plusieurs autres, comme Clément Beaune, sont cités parmi ceux qui s’interrogent. Invité des 4 vérités, Jean-René Cazeneuve parle de sensibilités de gauche et de droite qui se manifestent légitimement différemment au sujet d’une loi, en l'occurrence la loi immigration. Ainsi, il n’est selon lui ni grave, ni alarmant que certains ministres aient choisi de partir. Faut-il appeler un remaniement, comme le préconise François Bayrou ? « Ce n’est pas d’actualité aujourd’hui », juge-t-il.
Une affaire révélée par Mediapart a mis en lumière le fait que la nouvelle ministre de la Santé Agnès Firmin-Le Bodo aurait bénéficié de cadeaux non déclarés. Elle serait visée par une enquête judiciaire. En attendant, le député renaissance du Gers fait « confiance à la décision de justice » et ne s’exprime pas plus amplement sur le sujet.
Au sujet de la fameuse loi immigration qui a provoqué le départ de plusieurs ministres, le volet le plus controversé est celui de la caution qui devra être versée par des étudiants étrangers qui viendront s’installer en France pour leurs études. Concernant ce volet, et plusieurs autres, qui semblent ne pas convenir à plusieurs membres du gouvernement, n’est-ce-pas à dire qu’ils attendent d’être défaussés de leurs responsabilités par le conseil constitutionnel ? Jean-René Cazeneuve parle d’un texte équilibré au départ, modifié par la constitution des lois, mais qui a reçu plusieurs motions de rejet. Les concessions, selon lui, découlent de ces motions de rejet votées par les oppositions. La responsabilité incomberait donc à ceux qui ont déposé des motions. En un sens, le gouvernement attend donc que quelques éléments de cette loi soient bel et bien censurés par le conseil constitutionnel. Rien de très anormal, assure l’homme politique : le cas de la modification d’une loi après coup par ledit conseil est assez fréquent dans l’histoire de la France.
Jean-René Cazeneuve nie avoir prononcé des mots controversés à Cyrielle Chatelain
« Tu seras tondue à la libération pour avoir voté avec le RN », c’est ce qu’aurait dit Jean-René Cazeneuve lors de la séance de questions au gouvernement de ce mardi 19 décembre 2023 à Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale. Malgré cette information rapportée par le Figaro et plusieurs témoins, il nie avoir prononcé ces mots. « J’ai plein de témoins qui disent que je ne l’ai pas dit ! », jure-t-il. Pour lui, un seul responsable : la Nupes, qui veut juste « transformer l’Assemblée en chaos. »
À l’issue de 10 articles 49.3, le budget, notamment celui de la sécurité sociale, a (enfin) été adopté jeudi 21 décembre 2023 à l’Assemblée. Faut-il se résoudre à ce que les lois budgétaires soient désormais adoptées sans vote général, et sans débat dans l’hémicycle ? « Hélas, je crois que oui », déplore le rapporteur général du budget. Pour une raison simple qu’il rappelle : le gouvernement n’a pas la majorité à l’assemblée depuis 2022. Selon lui, « rien de nouveau sous le soleil » : dans la tradition républicaine, les oppositions ont toujours marqué leur opposition en ne votant pas le budget. Pas de quoi s’inquiéter, donc, qu’Élisabeth Borne ne dépasse bientôt la longue série de motions de censure posées par Michel Rocard de 1988 à 1991, qui n’avait pas non plus la majorité absolue à l’Assemblée.
Réduire le déficit à 4,4% du PIB, un objectif de 12 milliards d’économie par an en 2025… Comment va faire le gouvernement pour trouver cet argent dont il annonce vouloir faire l’économie ? L’ancien directeur général d’Apple France parle d’une « révision de toutes les dépenses publiques » afin d’utiliser l’argent public de manière plus efficace.
Dernier sujet, que pense Jean-René Cazeneuve des déclarations du président de la République sur Gérard Depardieu ? « Il rend fier la France », a notamment dit le Chef de l’État mercredi 20 décembre 2023, sur France 5. « Moi, j’appartiens à une génération qui admire l’acteur (…) et je pense que c’est ce que voulait dire le président de la République. Maintenant, quand on voit le comportement de l’homme et les dérives (…) c’est absolument insupportable et scandaleux. J’ai une pensée pour les victimes, et évidemment que le Président aussi », dit-il, jurant qu'Emmanuel Macron fait de la lutte contre les violences faites aux femmes une « priorité absolue ».
Dec 22, 2023
11 min

Thomas Sotto reçoit Edwige Diaz, députée du Rassemblement National, sur le plateau des 4 Vérités.
Mardi, le projet de loi immigration ayant suscité de vifs débats et remous tant dans le corps politique que dans l’opinion publique a finalement été adopté par le Parlement, suite à la proposition de texte soumise par la Commission Mixte Paritaire. Au terme de dix-huit mois d’incertitude, d’avancées et de reculs depuis l’annonce du projet de loi par le Ministre de l’Intérieur, Emmanuel Macron s’est prononcé sur le verdict dès le lendemain dans l’émission « C à Vous », sur France 5. Alors que Marine Le Pen a estimé l’adoption de la loi comme une « victoire idéologique » pour son parti, le Président a rejeté en bloc l’affirmation de la députée, affirmant qu’il s’agissait « bien sûr, d’une défaite du Rassemblement National ». Des débats, semblant s’être calmés, qui en ont soulevé de nouveaux, invitant désormais à questionner qui ressort véritablement gagnant de cette loi immigration entre les partis de la majorité présidentielle et ceux de l’extrême-droite. L’adoption de cette loi immigration aura-t-elle un impact sur les prochaines présidentielles ?
Edwige Diaz, députée du Rassemblement National, corrobore les propos de Marine Le Pen. Il s’agit pour elle d’une victoire sans équivoque : « C’est la première fois que nous avons une loi qui acte le principe qu’il y a trop d’immigration dans notre pays, qu’il y a un lien entre immigration et insécurité, et que le principe de priorité nationale est intégré dans une loi ». Elle se réjouit que le texte ait été « considérablement durci », mais exprime ses doutes quant à la régularisation des travailleurs sans papiers dans les métiers en tension, un aspect de la loi fortement appuyé par les députés En Marche : « Le Rassemblement National ne se réjouit pas qu’il y ait encore un principe de possibilité de régularisation ». Malgré quelques réserves, elle considère que le texte va globalement « dans le bon sens » parce qu’il « contribue à durcir les conditions de regroupement familial, de droit du sol, de délivrance de Visa, et à faciliter l’expulsion de délinquants étrangers ».
Un bras de fer avec la macronie
Si le Président a autant parlé du Rassemblement National sur le plateau d’Anne-Élisabeth Lemoine, c’est tout simplement parce qu’il nourrit une « obsession », selon Edwige Diaz. Il s’agit pour elle d’une manière de « masquer son échec ». Elle estime que sa politique du « en même temps » n’est pas possible pour un sujet comme l’immigration, et que « cette loi a été génératrice de crise au sein de la majorité », prenant en exemple la démission de son poste de Ministre de la Santé par Aurélien Rousseau comme marqueur de dissidences au sein du parti présidentiel.
Elle s’autorise pourtant à rentrer dans le jeu des provocations, en rappelant que « le Rassemblement National, contrairement aux macronistes, n’est pas dans un état d’esprit de calcul politicien ». Elle explique que depuis qu’ils ont été élus à l’Assemblée Nationale, le Rassemblement National vote « tout ce qui va dans le bon sens ». Au sujet de la loi immigration, elle estime qu’elle est « imparfaite » mais qu’elle présente « un Acte I vers le durcissement de la politique migratoire ». Les yeux rivés sur les prochaines présidentielles, elle annonce que « l’Acte II du durcissement de cette politique migratoire interviendra en 2027 quand Marine Le Pen sera élue Présidente de la République ».
Dec 21, 2023
9 min
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