Le Lobby
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Radio Campus Paris
Écoutez, c'est la voix des concerné•es ! Le Lobby rassemble les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes et queers qui sont partout : dans les villes, dans les campagnes et maintenant derrière des micros. Des chroniques militantes, une actualité révoltée et des musiques engagées animent chacune de leurs réunions. Le temps d'une heure, les lobbyistes renversent les normes avec fierté et s'emparent de sujets de société en présence d'invité·es concerné·es.   Le Lobby LGBTI+ est enfin sur écoute, un mardi par mois à 20h sur Radio Campus Paris (93.9 FM).   Rejoignez le Lobby sur Facebook, Twitter, Instagram et podcastez-le sur Spotify, iTunes, Deezer, et toutes vos applications de podcasts préférées !
Le Lobby : Avec Morphine Blaze et Clémence Trü / 4.01.2022
L'équipe du Lobby se retrouve pour fêter dignement la nouvelle année. Avec nous pour prendre de bonnes résolutions, les drag queen Morphine Blaze et Clémence Trü.   Après le Royaume-Uni et l'Espagne, la France s'apprête à être le troisième pays européen qui aura sa déclinaison de l'incontournable RuPaul's Drag Race. L'étape ultime de la mainstreamisation ? On en parle avec deux drag queens, Morphine Blaze et Clémence Trü... [embed]https://www.instagram.com/p/CWYvDORrNtB/[/embed]   Références citées dans l'émission — Le Chant d'Achille, Madeleine Miller, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christine Auché, Rue Fromentin — L'association Gras Politique organise un mercredi et un jeudi sur deux des cours de yoga inclusifs, adaptés à tous les corps, en visio
Jan 4, 2022
58 min
Le Lobby : Le rire est politique, avec Tahnee // 7.12.2021
Bienvenue dans Le Lobby, merci de déposer vos identités de genre à l'entrée, et si vous avez envie de changer de pronoms pendant l'émission, n'hésitez pas. Ce soir, nous recevions l'humoriste Tahnee.   « Il y a des lesbiennes dans la salle ce soir ? », demande Tahnee en préambule de son spectacle de stand-up, qu'elle joue chaque mardi soir à la Comédie des Trois bornes, dans le 11e arrondissement. La jeune femme s'y raconte, comme lesbienne, comme femme noire ayant grandi dans la campagne normande, avec humour et légèreté. Alors qu'elle s'apprête à présider la 4e cérémonie des Out d'Or, elle est l'invitée du Lobby. [embed]https://www.youtube.com/watch?v=kNYYT75H5F0[/embed]
Jan 4, 2022
58 min
Le Lobby : « Free from desire », enquête en territoire asexuel et le festival Chéries-Chéris / 9.11.2021
Le Lobby, c'est votre dose de queerness mensuelle, avec ce mois-ci le nouveau podcast d'Aline Laurent-Mayard consacré à l'asexualité, et la 27e édition du festival Chéries-Chéris. Aline Mayard-Laurent est asexuelle, elle ne ressent que peu ou pas d'attirances sexuelle et romantique. Pourtant, aujourd'hui, elle vient de devenir parent. Dans Free From Desire, son nouveau pocast, elle sort autant un autoportrait intime qu'une invitation à réfléchir à nos propres désirs.  Free From Desire est une production Paradiso qui s'écoute sur toutes les plateformes de podcast !   Le mois de novembre est le mois de la déprime par excellence, mais c'est aussi celui du festival Chéries-Chéris, le festival du film LGBTQ+ de Paris. Avec le délégué général du festival Grégory Tilhac, on dresse un bilan de 26 ans de festival, et on jette un œil à la programmation de cette année !   Comme chaque mois, Ixpé des Disques du Lobby vous fera découvrir une nouvelle pépite. Vous pouvez le retrouver sur son SoundCloud : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Lady Gaza, Margot Michel, Olga Volfson et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) !
Nov 11, 2021
59 min
Le Lobby : le retour de Yanis en solo // 12.10.2021
C'est le grand retour du Lobby, le rendez-vous queer de Radio Campus Paris. Pour notre première émission de la saison, nous recevons Yanis, artiste non-binaire, qui s'apprête à sortir un nouvel EP intimiste après une longue absence.   Découverte en 2008 sous le nom de Sliimy, iel avait séduit la presse avec sa pop acidulée. Dès l'année suivante, on l'a vue sur scène, en première partie de Britney Spears. C'était il y a 12 ans, et il fallait de solides épaules pour être une personne queer racisée visible. Le temps a passé, Yanis a changé, tout comme sa musique. Alors qu'iel vient d'annoncer son coming-out non-binaire, iel s'apprête aussi à sortir un nouvel EP, dont un premier extrait a été révélé il y a deux semaines. Dans Solo, Yanis écrit une poignante lettre à son père.   RÉFÉRENCES CITÉES DANS L'ÉMISSION   - Dans sa chronique Les livres du Lobby, Antoine nous fait entendre un extrait de Pas dire, de Baptiste Théry-Guibert - Dans Les Disques du Lobby, Ixpé nous ramène en été avec Gonthier, et son titre endiablé I don't fit it : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby/gonthier-i-dont-fit-in-premiere - À voir sur Netflix, le dessin animé très queer Q-Force : https://www.netflix.com/title/81039557 - À voir à la Cinémathèque Française, le film Prêtez-moi vos lèvres, de Yann Gonzalez, qui sera diffusé le 15 novembre : https://www.cinematheque.fr/seance/35989.html - À lire dans Le Monde, un papier sur le ranch de la licorne obstinée dans le Colorado : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/20/dans-le-colorado-au-ranch-de-la-licorne-obstinee-les-eleveuses-d-alpagas-sont-transgenres-et-anarchistes_6095253_3210.html - Olga nous propose de lire Écologies déviantes : voyage en terres queers (Éditions Cambourakis) de Cyril Lecerf Maupoix : https://www.cambourakis.com/tout/sorcieres/ecologies-deviantes/ - Hanane vous invite à Saint-Ouen pour voir le spectacle Lou à l'Espace 1789 : http://www.espace-1789.com/spectacle/lou-de-fran%C3%A7oise-%C3%A0-alice - Et puis on va regarder Bilal Hassani dans Danse avec les stars sur TF1 !   Vous pouvez aussi écouter le précédent EP de Yanis, L'Heure Bleue, ainsi que l'album de Sliimy, Paint your face, sur les plateformes de streaming !   L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Lady Gaza, Antoine, Olga Volfson et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) !
Oct 11, 2021
59 min
Le Lobby : Carte blanche à Ixpé des Disques du Lobby / 22.09.2021
C'est la rentrée avant l'heure dans Le Lobby ! Avant de vous retrouver au grand complet le 12 octobre, on prend exceptionnellement l'antenne, le temps d'une carte blanche avec notre chroniqueur musical Ixpé.   Le temps d'une heure d'émission hors-série, Ixpé prend le micro et passe des disques. Ce soir, on écoute donc Eris Drew, Arca, Ttristana, Sateen, VIKKEN, Honey Dijon, Mykki Blanco, Laura Jane Grace, Kim Petras et SOPHIE, Lotic, bell's roar et Yndi ! Retrouvez Ixpé chaque mercredi sur SoundCloud dans Les Disques du Lobby, sa plateforme où il met à l'honneur des artistes LGBTI+ émergent·es. Et pour la rentrée du Lobby, ce sera le mardi 12 octobre, à 20 heures et en direct sur Radio Campus Paris !
Sep 21, 2021
57 min
Le Lobby fait sa Pride ! — « Bébé queer deviendra grand ! » : la chronique de Margot
Pour la marche des fiertés radiophonique du Lobby, Margot est revenue sur son propre et tout récent coming-out. [caption id="attachment_105229" align="aligncenter" width="576"] Photo : Aurore Thibault[/caption]   Bonsoir, à toutes et à tous. Je suis vraiment ravie d’être là ce soir avec vous parce qu’on a 3h pour parler de nos fiertés, les communiquer, les revendiquer.   Et je trouve ça génial parce que c’est très nouveau pour moi. C’est la première année que je suis out et ça fait même pas deux ans que je suis out à moi-même. Out à moi même ça veut dire que j’accepte de m’accepter. Et en gros, je sors a peine de la phase bébé queer qui en apprend tous les jours sur soi. Et cette phase d’apprentissage, je ne peux pas m’empêcher de la comparer à une deuxième adolescence.   C’est donc de mon expérience personnelle dont je vais vous parler ce soir. En même temps, je suis lion, en signe Astro, je pouvais pas parler d’autre chose que de moi quand même. « Alors déjà, quand je me suis dit que je vivais comme une deuxieme adolescence, je pensais avoir trouvé la théorie du siècle. Mais… je n’ai rien inventé ! »   Ce thème est abordé dans pas mal de contenus queers et j’ai trouvé un début d’explication à ça dans Le Génie lesbien d’Alice Coffin. Dans son livre, que dis-je, cette Bible, elle parle d’une adolescence volée. Parce qu’elle n’a pas pu la vivre en tant que lesbienne. Et quand j’ai lu ces mots, adolescence volée, j’ai évidemment fait un tour dans mes souvenirs des années lycées.   Pour faire simple, il existe un gouffre entre la moi de 2015 et la moi d’aujourd’hui. A l’époque, j’étais entourée d’hétéros. Je ne savais pas ce que c’était être LGBT. Je connaissais même pas l’acronyme complet je pense... Mon éducation m’a pas permis de connaître le monde merveilleux de la queerness assez tôt.   Pour vous donner une petite idée, au lycée j’étais dans un établissement jésuite. Pour celleux qui ne connaissent pas, c’est une congrégation catholique exclusivement masculine, donc y’a rien qui va. Et pour ajouter un peu de piment, mes parents étaient ambiance drapeaux rose et bleu à la manif pour tous. Autant vous dire que si on m’avait dit « Dans 10 ans t’auras une meuf et tu verras, ça va être super », j’aurais fait une syncope ! Alors que, parallèlement, je me suis bien rendu compte qu’il y avait certains indices quand même…   Je n’étais pas tellement attirée par les garçons autour de moi. Je ne comprenais pas trop les jeux de séduction dans la cour et quand je regardais un film en famille je m’autorisais JAMAIS à donner mon avis sur les actrices… je peux vous dire que la moi de maintenant comprend TRÈS bien pourquoi j’étais pas dans le délire team Edward team Jacob quand Twilight est sorti… Excusez-moi mais y’avait Ashley Greene et Kristen Stewart dans ce film tout de même ??! Où était la team Bella et la team Alice ?   « Mais bref, ce retour dans mes souvenirs me fait dire que moi non plus j’ai pas vécu mon adolescence à 15 ans. La bonne nouvelle c’est que je la vis maintenant. »   Vous allez me dire « t’as plus 15 ans, t’es plus au lycée, c’est pas pareil » C’est un bon point. Mais y’a plein de changements conscients ou inconscients qui se sont opérés, comme une mue. Petit exemple, j’ai les cheveux blond platine depuis deux mois – oui j’ai dit petit exemple, c’est vraiment rien d’incroyable – mais pour moi ça a un peu été un big deal. Tenez-vous bien, j’y réfléchis depuis 2013. Ça fait 8 ans. Depuis que j’ai vu Miley Cyrus péter des murs avec sa wrecking ball. Pareil pour les piercings aux oreilles et les tatouages. Avant je me contentais de me trouver des partenaires percés et tatoués. Et maintenant, pour la première fois, je sens que mon apparence physique est en accord avec ce que je suis à l’intérieur.   Mais c’est allé plus loin que ca. Y’a eu du changement dans mes relations intimes. En ce moment je suis avec une fille depuis plusieurs mois, ça se passe super bien. et vraiment, notre histoire a commencé comme si on avait 14 ans, en plein voyage scolaire. Je vous pose le décor, on s’est confinées dans une coloc à 4, et on voulait garder ce qui se passait entre nous, pour nous.   Résultat, on s’envoyait des textos dans la nuit pour savoir si on se rejoignait, avec le stress que quelqu'un se réveille à cause des portes qui grincent et les bruits de pas sur le parquet. On se cachait pour se faire des potibisous dans la cuisine ou dans le couloir. Il y avait vraiment ce frisson de l’interdît et c’était génial. Et je pourrais vous donner des exemples comme ceux-ci pour chaque dimension de ma vie.   Et c’est aussi pour ça que c’est si important pour moi cette Pride à la radio. Avec ce genre d’émissions, on peut prendre de l’espace et montrer toute la beauté et la diversité de notre communauté. Et c’est l’occasion de dire à toustes nos adelphes que out ou pas, avec une éducation à mille lieux de ce qui les fait kiffer ou pas, iels sont les bienvenues et iels sont valides. Alors pas de souci les bébés queers, mes petits coquelicots, on est dans le même bateau. Continuez votre chemin, tranquillement mais sûrement, parce qu’un jour, bébé queer deviendra grand.   Retrouvez notre pride radiophonique en intégralité sur vos applis de podcasts ou sur le site de Radio Campus Paris !
Jul 4, 2021
4 min
Le Lobby fait sa Pride ! — « Audre Lorde, Sarah, Chloé et moi » par Lady Gaza
À l'occasion de la marche des fiertés radiophonique du Lobby, Lady Gaza a adressé une lettre bouleversante à Audre Lorde, figure lesbienne du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis. [caption id="attachment_105140" align="alignnone" width="1024"] Photo : Aurore Thibault[/caption]   Salut Audre. Moi c’est Lady Gaza. Comme toi, je suis lesbienne, racisée, de milieu populaire et maman, révolutionnaire. Je ne suis pas poète, mais chanteuse.   Il y a eu une pride radicale à paris le 20 juin, et il pleuvait des queers racisé.e.s. Je voulais te raconter à quel point c’est vivifiant de voir cette force des racisées queers, quand tu sais la douleur que ça a été de se sentir seule dans ce placard. J’étais prise en étau entre la peur de l’exclusion familiale et le racisme des milieux queers et révolutionnaires.   Et Je te dis merci Audre. Merci, car pendant 10 ans,  tu as fait partie de mes 2 ami.e.s queers racisé.e.s.   Tes textes me percutaient… J’en pleurais car je me demandais comment une femme, afroaméricaine pouvait autant comprendre les contradictions que nous vivions, dans l’intimité, mais aussi dans ce monde politique brutal, petit bourge et raciste.   Tu comprends comme jamais cette colère due à notre déshumanisation permanente. Tu nous pousses à transformer cette colère. Tu nous pousses à retirer le masque de cette colère qui nous défigure. Tu nous pousses à en faire un cri de fierté et d’organisation.   Depuis, je nous imagine boire des thés pendant des heures.   Je te raconterais la soirée à la Flèche d’or entre queers racisé.e.s. Je débrieferai des heures, la soirées Trace Ta voix, où on mélange tous nos mondes. Ou encore, mon concert d’hier en pleine cité de Créteil, avec des chibanis et chibanias, et où on me présente en assumant que le combat pour nos droits LGBTQI+ est une lutte commune… Je te partagerai les confidences touchantes, rageantes et drôles des bébés lesbiennes. Elles ont 17, 18 ans. Pendant que je faisais la dame du CDI, j’entends une conversation entre plusieurs lycéennes. Une élève, qui porte le voile, conseille son amie lesbienne «  attention, t’es sûre que ce n’est pas une hetéro curieuse ? » et voilà quelles ricanent, se taillent entre elles, se soutiennent. S’aiment. Elles s'aiment. Je n’oublie pas nos réunion entre Femmes en lutte 93 et les femmes sans papiers de ST Denis, où on apprend à s’entendre et se soutenir. Ou on finit par faire des manifs avec des copines d’ Accepetess-T en plein St Denis, où une daronne de 70 ans fait un dying avec une femme Trans qui porte sa croix ! Jamais, je n’aurais cru vivre ça, et pourtant, si.Tout ça on y contribue, j’y contribue, et j’en suis fière.   Après je te saoulerais comme une amie qui a besoin d’être rassurée en permanence.   J’aurais besoin de ton aide pour gérer le revers de la médaille. Ce masque que je me suis mise depuis les premières agressions racistes que j’ai subi dès mon enfance, autour de 11 ans, où une femme a failli m’écraser en voiture,  en me hurlant « sale arabe ». Ce masque de « mais si regardez, je suis sympa, n’ayez pas peur de moi, aimez moi. » J’étais une vraie mendiante de leur amour, de leur respect. Ce masque ne m’a jamais quitté, jusque dans les organisations militantes où je suis. Et je veux m’en défaire. Malgré la férocité que ça déclenche. Malgré le fait que plus on affirme notre pouvoir et notre parole, et plus la réaction en face est violente. A la soirée à La flèche d’or, très vite, les langues se délient. « Même en manif, alors que la pride est antiraciste et anticapitaliste, je subis le racisme… ». Je pense à cette magnifique femme arabe, qui nous raconte, blessée et blasée, que pendant la manif, elle discutait avec une amie, et qu’une amie blanche de son amie (vous suivez ? ) est venue pour s’assurer qu’elles n’étaient pas en embrouille…. Cette image de nous, toujours agressives, toujours en colère, toujours dans une sorte d’animalité, elle est insupportable.   Ce qui me fait le plus mal c’est pourquoi, pourquoi, pourquoi, on ne m’accorde jamais le bénéfice du doute, la chance de réparer mes erreurs.   Pourquoi je ne réveille pas la même empathie qu’une Sarah, qu’une Chloé blanche? Pourquoi, on me dénie en permanence mon humanité ? Mêmes les personnes racisé.e.s n’arrivent pas spontanément à nous choisir, à se choisir… Ca a un coût, je perds aussi des personnes racisé.e.s qui me trouvent « trop radicales ». Je ne susciterais jamais l’empathie  et le respect que je mérite. Mais je ne ferais plus de compromis sur nous-même.   Et toi Audre, tu nous balances tes conseils, telle la grand-mère feuillage des queers racisé•e.s :   «J’ai appris à exprimer ma colère, pour ma propre croissance.» MEUFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF !! Tu nous balances des punchlines poétiques à base de « transformer le silence en parole et en actes » MEUUFFFFFFFFFFFFF, mais comment on fait ça ? ...Ou encore « Le silence ne nous protègera pas », mais comment on fait ça ? Non je plaisante. Merci Audre d’être ma BFF de l’au-delà. Grâce à toi, j’ai compris que « la colère, c’est un réactivateur de dignité ». Que la colère, c’est le signal que ton corps t’envoie face au danger. Je sors abîmée de 20 ans de militantisme où je me sentais en danger, prise pour cible, ni vue, ni entendue mais la parfaite caution arabe des quartiers… Tu nous apprends que cette colère, elle est magnifique. C’est ce qui a fait que nos autres BFF de l’au-delà, Marcha, Sylvia et les autres, ont décidé de ne plus laisser les flics les humilier, en pleine veillée funèbre pour leur ami. Cette colère a permis la création de cette pride, sans laquelle nous ne serions pas là aujourd’hui.   Cette colère a permis de reprendre du pouvoir sur nos vies. Notre colère, quand elle est maîtrisée, collective et dirigée contre les oppresseurs et exploiteurs, c’est un feu d’artifice. Elle répare, elle emmène la justice, la dignité…   Alors pour finir, je vais faire ma propre prise de parole de Pride, allez filez moi un mégaphone ! Merci au Lobby. Ces dernières années ont été éprouvantes pour moi, avec le processus PMA, être une mère sociale, et une féministe ancrée dans les Quartiers Populaires, les violences du milieu militant. Ma dépression a été gigantesque. J’ai cru crever à des moments cette année.   Merci donc du fonds du cœur, d’avoir été un des lieux qui m’a permis de transformer cette colère en paroles et en actes. Merci aux survivantes de Femmes en lutte 93, mes amies, ma mif, ma collègue. Et Sy. Notre rencontre entre deux racisé.e.s de quartiers, perdu.e.s dans le milieu queer, a été une force, qui nous as donné beaucoup, jusqu’à la terreur de 2 ans qui colonise notre lit.   Je n’ai jamais cessé de construire quand on n’a fait que m’entraver, avec des chaînes, qui ne m’appartiennent pas. Ce soir, Je vous rends ces chaînes, je vous rends ce masque. Je ne serais plus une mendiante de l’amour et du respect individuel et militant. Cette colère, c’est ma boussole politique. Elle me rappelle que je n’étais pas censée survivre. Mais je suis là... Digne, Debout, en vie, en voix, malgré les pertes et les cicatrices.   Retrouvez notre Pride radiophonique en intégralité sur toutes vos applications de podcasts ou bien sur le site de Radio Campus Paris.
Jun 28, 2021
5 min
Le Lobby fait sa Pride ! — La chronique musico-militante d’Alexandra
À l'occasion de la Pride radiophonique du Lobby, Alexandra Delbot nous propose une chronique militante tout en musique, avec des chansons qui ont jalonné l’histoire de luttes des droits LGBT+. Des chansons teintées de récits personnels, qui se mêlent avec l’acquisition de nouveaux droits tout au long de l’histoire des luttes LGBT+. Des corps, des identités, des revendications, une parenthèse musico-militante... Et cela commence dès les années 20, avec Ma Rainey, Gestrude ‘ma’ Rainey. Elle est surnommée la mère du blues. Elle chante sa fierté d’être noire et indépendante, réclame les mêmes droits et le même salaire que les hommes et se revendique haut et fort bisexuelle. Dans Prove it on me, Prouvez-le en anglais, elle met au défi les autorités de prouver qu’elle est homosexuelle, une véritable provocation pour l’époque. Et le texte lui même n’use pas de métaphore, elle affirme ne pas aimer les hommes, être amoureuse d’une femme, et de l’assumer. C’est ici la première chanson, le premier hymne qui traite ouvertement de l’homosexualité féminine. Prove it on me - Ma Rainey [embed]https://www.youtube.com/watch?v=yRyaUcVfhak[/embed]   Mais c’est l’un des rares textes du genre. Si l’homosexualité masculine a été chanté sans détour, l’amour entre femmes se fait rare dans la chanson. Mis à part Mécano et leur chanson une femme avec une femme, difficile d’en citer une. Les auteurs et autrices se camouflent derrière quelques phrases, comme dans maman a tort de mylène farmer, je cite : trois, l’infirmière pleure, quatre je l’aime” ou encore dans les doigts de Françoise Hardy : quand je t’apprends sur le bout de mes doigts écrite par la guitariste brésilienne Tuca, ouvertement lesbienne. Mais certaines chansons lesbiennes se cachent parfois derrière des hits comme Joe Le Taxi. Joe Le Taxi - Vanessa Paradis [embed]https://www.youtube.com/watch?v=Ulay2FvUEd8[/embed] Car Joe n’est pas un homme, non. Joe est Maria-José Leao Dos Santos, organisatrice de soirées lesbiennes. Elle fut taxi dans les années 80. Seule phrase qui permet de le deviner, “"Vas-y Joe, Vas-y fonce, dans la nuit vers l' Amazone" rouler vers l’amazone, comprenez vers les femmes. Depuis les années 80, les histoires d’amour homosexuelles se font plus nombreuses sur nos ondes… Mais les droits LGBT ne sont pas équivalents à travers le globe. Par exemple, au Liban, être queer reste un parcours du combattant, l’homosexualité toujours perçue comme un crime. Pour marquer leur opposition, le groupe Mashrou Leila parle régulièrement de drogue et de sexualité, en s’attirant les foudres d’un pays conservateur. Mais ils utilisent quelques subterfuges… Dans leur chanson Shim el Yasmine, littéralement sent le jasmin, le groupe utilise l'ambiguïté de l’arabe libanis traditionnel qui n’utilise pas de pronom genré, pour conter une histoire d’amour entre hommes. Shim el yasmine - Mashrou Leila [embed]https://www.youtube.com/watch?v=Mczl-lyU_LY[/embed] Mais il n’y a pas que des chanteurs et chanteuses qui s’emparent de la musique pour chanter l’amour libre, il y a aussi des militantes. Et voici une petite pépite : Françoise d’Eaubonne, militante emblématique du droit des femmes, philosophe et essayiste, cofondatrice du MLF compose une chanson pour le FHAR, le front homosexuel d’action révolutionnaire. Un hymne sur l’air de Mauvaise réputation de Brassens, chanté pour la première fois lors de la manifestation du 1er Mai 1971, les paroles sont savoureuses.  Le Chant du FHAR - Françoise d’Eaubonne [embed]https://vimeo.com/254181255[/embed] L’histoire de la lutte LGBT+ est aussi une histoire d’identité et de corps. La question de la transidentité à quelques fois été abordée, et décrit des parcours de vie, c’est le cas d'Anonhi Hegarty du groupe Antony and the Johnsons, avec sa voix si particulière. La voici dans sa chanson “For today i am a boy” où elle raconte que s un jour, elle le sait, elle grandira, et qu’elle deviendra une belle femme, mais que pour l’instant elle n’est encore qu’un garçon. For today I am a boy - Anthony and the Johnsons D’autres chanteurs et chanteuses se sont engagés pour l’acquisition de nouveaux droits, et les revendications peuvent être joyeuses. Je ne résiste pas à l’envie de vous passer Anne Sylvestre. Nous sommes en 2007, donc 5 ans avant l’adoption du mariage pour tous et toutes, elle chante gay gay marions nous, où deux voisines d'un certain âge décident de convoler en justes noces, même si « ça va pas plaire au pape ». Gay gay marions-nous - Anne sylvestre [embed]https://www.youtube.com/watch?v=NrgYXauyb5o[/embed] Je ne peux pas terminer cette chronique sans parler sans parler des balls et du voguing, Popularisé par le titre Vogue de Madonna, les ballrooms sont des lieux d’émancipation et de liberté car derrière ces compétitions et affrontements se cachaient surtout des familles alternatives pour de nombreuses jeunes noirs et latinos queer, complétement rejetées par leur famille. Mon dernier cadeau de la soirée est une musique entrainante, Nails, Hair, Hips, Heels de Todrick Hall. Allez, strike a pose ! Nails, Hair, Hips, Heels - Todrick Hall [embed]https://www.youtube.com/watch?v=TQ04gPb4LlY[/embed] Pour aller un peu plus loin en musique : la formidable série musicale d’été de Natacha Triou faire tomber les genres, des libérations sexuelles musique en 5 épisodes sur France Culture et le livre “Les dessous lesbiens de la chanson” de Léa Lootgieter et Pauline Paris aux éditions iXè.
Jun 27, 2021
8 min
Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 3 : Back to back avec Laura Cahen
Notre joyeuse marche des fiertés radiophonique atteint son point d'arrivée...   Dans cette dernière heure de marche des fiertés rêvée, on retrouve Laura Cahen, qui vient de sortir son deuxième album, Une fille. Avec elle, on s'affronte dans une battle de disques endiablée, l'occasion d'écouter des artistes LGBT et de faire preuve d'un peu de mauvaise foi... 4 thèmes, 8 chanson, qui aura la meilleure playlist ? [caption id="" align="aligncenter" width="680"] Laura Cahen a sorti son album « Une fille » début mai[/caption] Et pour finir cette saison du Lobby en beauté, Laura Cahen nous offre même en live son titre Dans mon lit, un hymne délicatement et naïvement lesbien 🌈. Round 1 : le titre qui vous rend fier•e Laura Cahen a choisi Iz — Over the Rainbow  Lady Gaza a choisi Meryl — Coucou Round 2 : le titre que seules les personnes LGBTI peuvent comprendre Laura Cahen a choisi Alain Souchon — J'veux du cuir  Zoé a choisi Juliette Gréco — Les Pingouins Round 3 : La BO d'un film LGBTI Laura Cahen a choisi Portrait de la jeune fille en feu   Victor a choisi Les chansons d'amour, avec le titre J'ai cru entendre Round 4 : le titre d'un•e artiste qu'on croyait LGBTI, mais en fait pas du tout Laura Cahen a choisi T.a.t.u — All the things she said Colin a choisi Harry Styles — Watermelon Sugar     Vous avez raté le début de notre marche des fiertés ? Elle se réécoute ici !   L'équipe — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Avec : Lady Gaza, Alexandra Delbot, Margot Michel, Zoé Neboit et Ixpé. Réalisation : Margot Page et San Albessard avec Jonathan Carasse pour les moyens techniques. Coordination : Arthur Perrin Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) !
Jun 25, 2021
57 min
Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 2 : Marcher ensemble
Le Lobby s'est installé au Dock B à Pantin pour une soirée exceptionnelle ! Dans cette deuxième heure d'émission, en direct et en public du Dock B à Pantin, toustes les chroniquereuses du Lobby font le point sur l'année politique qui s'est écoulée. PMA, Alice Coffin, Audre Lorde, clubbing, Vanessa Paradis, des rires, des larmes, voilà le programme de la Pride fantasmée du Lobby.   Et juste après la marche, on retrouve l'artiste Laura Cahen dans une battle de disques festive et résolument queer. C'est par là !   Programmation musicale • Eddy de Pretto — Freaks (2021) • Le choix d'Ixpé des Disques du Lobby : Gérald et The Manchester Hot Bodies Choir — Oil Forming Rainbows (2021)   L'équipe — Présentation : Colin Gruel, Victor Samoth-Panetti. Avec au micro : Zoé Neboit, Ixpé, Alexandra Delbot, Margot Michel et Lady Gaza Réalisation : Margot Page et San Albessard avec Jonathan Carasse aux moyens techniques. Coordination : Arthur Perrin. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) !
Jun 25, 2021
57 min
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