
Fabien Lostec pour le livre « Condamnées à mort – l’épuration des femmes collaboratrices 1944-1951 »
ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Annette Wieviorka.
Elle reçoit Fabien Lostec pour le livre « Condamnées à mort - l’épuration des femmes collaboratrices 1944-1951 » Chez CNRS-Editions
À propos du livre : « Condamnées à mort - l’épuration des femmes collaboratrices 1944-1951 »
paru aux éditions CNRS-Editions
Un bilan chiffré définitif et exhaustif de l'épuration féminine.
L'épuration et la violence au prisme du genre.
Contrairement à une légende tenace, toutes les femmes collaboratrices n'ont pas été graciées par les tribunaux de l'épuration à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Elles sont 650 à être frappées par la peine capitale, dont 45 sont finalement exécutées. Jamais, depuis la Révolution française, autant de femmes n'avaient été condamnées et mises à mort en si peu de temps.
Qui sont ces condamnées à mort, de quelle façon ont-elles collaboré, comment vivent-elles leur épuration et par qui sont-elles jugées ? Fabien Lostec brosse le portrait individuel et collectif de ces femmes. Il nous montre qu'au-delà de l'image
de la collaboratrice sentimentale, elles se sont résolument engagées au service de l'ennemi, ont commis des actions violentes et des tortures, ont provoqué des déportations et des assassinats.
La morale et le droit s'entremêlent lors de leurs procès, puisqu'elles sont accusées d'être de mauvaises épouses et/ou mères et, plus largement, de mauvaises femmes.
L'auteur examine le temps du jugement jusqu'à la mort pour celles dont le recours en grâce est rejeté et n'oublie pas le temps de l'incarcération ni celui de la sortie de prison pour celles qui bénéficient d'une commutation de peine.
Une étude fine qui vient renouveler par le genre l'histoire de l'épuration et de la violence politique.
Biographie de l'auteur
Docteur en histoire, Fabien Lostec est chercheur associé au laboratoire Tempora, enseignant et chargé de cours à l'université Rennes 2.
Apr 18, 2024

ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Annette Wieviorka
Elle reçoit Marc Perelman pour son ouvrage « 2024 Les Jeux olympiques n’ont pas eu lieu » aux éditions du Détour.
À propos du livre : « 2024 Les Jeux olympiques n’ont pas eu lieu »
paru aux éditions du Détour
Derrière la grande fête, l’idéologie de la compétition du plus fort sur le plus faible est à l’œuvre, moteur des épreuves sportives, mais aussi de l’ensemble des rapports de force établis à cette occasion : travailleurs contre touristes, belligérants entre eux, santé vs béton et sodas, sécurité vs libertés…
Marc Perelman décortique les documents liant le Comité international olympique à ses partenaires, ainsi que la Charte olympique et l’histoire des Jeux. Il livre également 21 courtes thèses pour faire une bonne fois pour toutes la différence entre le jeu, spontané, gratuit et libre du corps et le sport de compétition et ses dégâts.
Non, l’olympisme n’est pas pacifiste, ni écologique ; il ne fait pas œuvre sociale, n’éduque pas, n’agit pas pour la santé publique, ne respecte pas les territoires qu’il occupe. Il n’a pour horizon que la « croissance » : plus de records, plus de spectateurs, plus d’argent.
Biographie de l'auteur
Marc Perelman est architecte de formation et professeur émérite à l’Université Paris Nanterre. Il s’intéresse particulièrement au sport sur lequel il a notamment écrit Le Football, une peste émotionnelle (avec Jean-Marie Brohm, Gallimard, 2006) et Smart Stadium : Le stade numérique du spectacle sportif (L’Échappée, 2016).
Mar 21, 2024

ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Annette Wieviorka
Elle reçoit Sarah Farmer pour son livre « La modernité est dans le pré. La campagne française après 1945 » aux éditions Flammarion.
À propos du livre : « La modernité est dans le pré. La campagne française après 1945 »
paru aux éditions Flammarion
Depuis la fin du XXᵉ siècle, habiter la campagne française est devenu un fantasme partagé à l'échelle mondiale, mais aussi une réalité. Dans un contexte d'urbanisation et de mondialisation, on ne compte plus les best-sellers qui décrivent l'installation dans une fermette rénovée, ni la floraison de résidences secondaires dans les contrées les plus reculées du territoire.
Pourtant, loin de rendre compte d'une simple nostalgie de retour à un âge d'or des campagnes, ces phénomènes témoignent d'une redéfinition de la ruralité au sein de sociétés post-agraires. La modernité est dans le pré retrace cette mutation sans précédent, tout en replaçant les itinéraires des femmes et des hommes au coeur des transformations du paysage français.
Sarah Farmer analyse notamment la place et le rôle des néoruraux, le bouleversement des terroirs comme en témoigne le travail du grand photographe Raymond Depardon, mais aussi l'immense nostalgie qu'a provoquée le départ de milliers de Français lors de l'exode rural. Entre les utopies de retour à la terre, le succès des mémoires de paysans ou la naissance du mouvement écologiste, c'est une nouvelle France qui se réinvente, contribuant ainsi à redéfinir la place des villes et à interroger les chemins de l'avenir.
Sarah Farmer est professeure à l'université de Californie à Irvine, ancienne élève de Robert Paxton. Parfaitement francophone, elle connaît très bien la France où elle séjourne pour écrire ses livres, notamment dans une ferme au cœur du Limousin. Elle est l'auteure d'un ouvrage remarqué sur le village martyr, Oradour-sur-Glane, 10 juin 1944 (Tempus).
Jan 18, 2024

ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Annette Wieviorka
Elle reçoit Jean-Charles Szurek pour le livre « Gabriel Ersler, Jean-Charles
Szurek, des Brigades internationales aux prisons soviétiques. L’autre
orchestre rouge » aux éditions Hermann.
À propos du livre : « Gabriel Ersler »
paru aux éditions Hermann
Pour ses amis des Brigades internationales, devenus de hauts responsables politiques dans les démocraties populaires, leur compagnon, le docteur Gabriel Ersler, avait disparu au cours de la Deuxième Guerre mondiale.
Ce n’est pas sans surprise qu’ils le voient revenir en 1956, après douze ans de détention dans les prisons soviétiques. Mais il reste muet sur ces années-là, ainsi que sur la période de la guerre. Interrogé par le sociologue Jean-Charles Szurek au cours de trois étés (1985, 1986, 1987), Gabriel Ersler accepte, au soir de sa vie, de livrer le secret qui a bouleversé son existence, la création d’un réseau de renseignement au profit de l’Union soviétique dans le sud de la France de 1942 à 1944, et le prix qu’il en a payé : son emprisonnement en URSS.
Ce livre apporte un éclairage nouveau et rare sur les réseaux de renseignement soviétique en France pendant la Deuxième Guerre mondiale, surtout celui de Robert Beck, et sur les prisons staliniennes, en particulier la prison de Vladimir.
Dec 21, 2023

ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Annette Wieviorka
Elle reçoit Sarah Farmer pour son livre « La modernité est dans le pré. La campagne française après 1945 » aux éditions Flammarion.
À propos du livre : « La modernité est dans le pré. La campagne française après 1945 »
paru aux éditions Flammarion
Depuis la fin du XXᵉ siècle, habiter la campagne française est devenu un fantasme partagé à l'échelle mondiale, mais aussi une réalité. Dans un contexte d'urbanisation et de mondialisation, on ne compte plus les best-sellers qui décrivent l'installation dans une fermette rénovée, ni la floraison de résidences secondaires dans les contrées les plus reculées du territoire.
Pourtant, loin de rendre compte d'une simple nostalgie de retour à un âge d'or des campagnes, ces phénomènes témoignent d'une redéfinition de la ruralité au sein de sociétés post-agraires. La modernité est dans le pré retrace cette mutation sans précédent, tout en replaçant les itinéraires des femmes et des hommes au cœur des transformations du paysage français.
Sarah Farmer analyse notamment la place et le rôle des néoruraux, le bouleversement des terroirs comme en témoigne le travail du grand photographe Raymond Depardon, mais aussi l'immense nostalgie qu'a provoquée le départ de milliers de Français lors de l'exode rural. Entre les utopies de retour à la terre, le succès des mémoires de paysans ou la naissance du mouvement écologiste, c'est une nouvelle France qui se réinvente, contribuant ainsi à redéfinir la place des villes et à interroger les chemins de l'avenir.
Sarah Farmer est professeure à l'université de Californie à Irvine, ancienne élève de Robert Paxton. Parfaitement francophone, elle connaît très bien la France où elle séjourne pour écrire ses livres, notamment dans une ferme au cœur du Limousin. Elle est l'auteure d'un ouvrage remarqué sur le village martyr, Oradour-sur-Glane, 10 juin 1944 (Tempus).
Nov 16, 2023

ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Histoire Annette Wieviorka.
Elle reçoit Loïc Marcou pour le livre autour des textes de Marcel Nadjary : « Sonderkommando. Beirkenau 1944-Thessalonique 1947. Résurgence. » Chez Signes et Balises.
À propos du livre : « Sonderkommando. Beirkenau 1944-Thessalonique 1947. Résurgence. »
paru aux éditions Signes et Balises
“Si l’un de nous parvenait à sortir vivant de là, il pourrait témoigner…”
Marcel Nadjary (1917-1971), Juif grec originaire de Thessalonique, est déporté à Auschwitz au printemps 1944 et affecté au Sonderkommando. Sachant le sort promis aux déportés chargés de la funeste tâche d'accompagner les déportés aux chambres à gaz, puis de vider celles-ci des corps et de les transporter dans les fours crématoires, il écrit une lettre d'adieu à des amis chers et leur décrit la besogne effroyable qu’il effectue sous la contrainte. Puis, il enfouit son manuscrit clandestin dans le sol de Birkenau. Ce document sera retrouvé trente-six ans plus tard, le 24 octobre 1980, 9 ans après sa mort, et sans qu'il ait jamais parlé de ce texte.
Ce témoignage, écrit à "l’épicentre de la catastrophe", est pour la première fois traduit et publié en français, ainsi qu’un second manuscrit, que Marcel Nadjary rédigea en 1947 pour garder une trace de son expérience au cœur de l’enfer de Birkenau.
À l'origine difficilement lisible, le manuscrit a bénéficié de technologie moderne (imagerie multispectrale) qui a permis un déchiffrement de la quasi-totalité du texte. Au vu du caractère exceptionnel de ce document, les éditeurs ont fait le choix d'en proposer la reproduction intégrale, avec sa transcription en vis-à-vis, en respectant l'orthographe utilisée par Nadjary même quand elle était erronée. Il en est de même pour le second manuscrit écrit en 1947 et resté inachevé, dans lequel Nadjary raconte son expérience de résistant et de déporté.
Sep 21, 2023

ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Histoire
Annette Wieviorka reçoit Isabelle Delabruyère-Neuschwander pour son livre « L’aventure du Buhara. Résistance et déportation. 1940-1945 » chez Orep Editions.
À propos du livre : « L’aventure du Buhara. Résistance et déportation. 1940-1945 »
paru aux éditions du Orep Editions
12 février 1941 au soir, baie de la Fresnaye : 15 jeunes hommes, dont 9 élèves pilotes et leur instructeur, embarquent en silence sur le Buhara pour rejoindre l’Angleterre et la France libre du général de Gaulle. Louis Delabruyère, à peine 20 ans, est l’un d’eux. Mais leur tentative échoue… Un témoignage intime rare et très documenté sur le parcours de « Ceux du Buhara ».
Isabelle Delabruyère-Neuschwander est diplômée de l’École nationale des chartes, ancienne directrice des Archives nationales, ancienne inspectrice générale des affaires culturelles.
Jun 15, 2023

ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Histoire
Annette Wieviorka reçoit Tal Bruttmann spécialiste de la Shoah et de l'antisémitisme pour le livre « Un album d'Auschwitz - Comment les nazis ont photographié leurs crimes » co-écrit par Tal Bruttmann - Stefan Hördler - Christoph Kreutzmüller - Préface de Serge Klarsfeld - Traduit par Olivier Mannoni
À propos du livre : «Un album d'Auschwitz - Comment les nazis ont photographié leurs crimes»
paru aux éditions Seuil
Entre mi-mai et début juillet 1944, des centaines de milliers de Juifs de Hongrie sont déportés à Auschwitz-Birkenau. Pour montrer à leur hiérarchie la « bonne mise en œuvre » de cette opération logistique d’envergure, des SS photographient les étapes qui mènent de l’arrivée des convois jusqu’au seuil des chambres à gaz, ou au camp pour la minorité qui échappa à la mort immédiate.
Ces photographies, connues sous le nom d’« Album d’Auschwitz », ont été retrouvées par une rescapée, Lili Jacob, à la libération des camps, avant de servir de preuves dans différents procès et de faire l’objet de plusieurs éditions.
Certaines de ces photographies sont même devenues iconiques. Par-delà l’horreur dont elles témoignent, ces images restent pourtant méconnues et difficiles d’interprétation. Ce livre permet d’y jeter un regard neuf. Préfacé par Serge Klarsfeld, fruit de cinq années de recherches franco-allemandes, il analyse l’album dans ses multiples dimensions.
Pour quelle raison a-t-il été réalisé et quand ? Comment a-t-il été constitué ? Que peut-on voir, ou ne pas voir, sur ces photographies ?
Trois historiens reconnus et spécialistes de la persécution des Juifs d’Europe, Tal Bruttmann, Stefan Hördler, Christoph Kreutzmüller, ont mené un remarquable travail d’enquête, recomposant les séries de photographies, analysant des détails passés inaperçus, permettant un travail d’identification et de chronologie inédit.
Dans le même temps, c’est une véritable réflexion sur l’usage des images et de la photographie, de leur violence potentielle mais aussi de leur force de témoignage et de preuve que les historiens proposent. Ce faisant, ils élargissent la connaissance tout en redonnant vie, mouvement et dignité aux personnes photographiées quelques minutes avant une mort dont elles n’avaient pas idée.
Feb 16, 2023

ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Histoire
Annette Wieviorka reçoit Bénédicte Vergez-Chaignon pour son livre
« Colette en guerre 1939-1945 » aux éditions Flammarion.
À propos du livre : «Colette en guerre 1939-1945 »
paru aux éditions Flammarion
« De quelle résistance, de quelle guerre parlerais-je sinon de celles que j’ai vécues ? » écrit Colette en 1945. À cette date, Brasillach, Guitry et Céline s’étonnent bruyamment que la grande écrivaine française soit épargnée par l’opprobre qui les frappe et les sanctions pénales qui les menacent.
N’ont-ils pas tous écrit dans des journaux de la Collaboration ?
« Confinée et occupée à la fois », pourrait répondre la romancière qui, à l’instar de la majorité des Français, chercha à survivre sans se commettre avec l’occupant ou ses complices, gérant dans l’angoisse deux écueils majeurs : son immense notoriété qui l’exposait et la menace de la déportation pour son dernier amour, qui était juif.
Alors que Colette est plus que jamais au cœur de notre littérature, cette période de la guerre restait dans sa vie empreinte d’un halo de mystère et de beaucoup de rumeurs. Bénédicte Vergez-Chaignon, passionnée par son œuvre, s’est emparée du sujet.
Et son enquête nourrie d’archives en grande partie inédites nous entraîne dans le quotidien de la célébrité, dans les pas d’une Colette bien plus sensible à l’actualité qu’elle n’a jamais voulu l’avouer, bien plus fine politique qu’elle ne consentait à le reconnaître…
Nov 17, 2022

ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Histoire
Annette Wieviorka reçoit Corine Defrance, historienne, pour son livre
« Françoise Frenkel, portrait d'une inconnue » aux éditions L'arbalète Gallimard
À propos du livre : «Françoise Frenkel, portrait d'une inconnue»
paru aux éditions L'arbalète Gallimard
En 2015, après soixante-dix ans d’un long oubli, Rien où poser sa tête de Françoise Frenkel est redécouvert en France. L’impressionnant parcours de cette femme nous parvient miraculeusement intact, sa librairie française à Berlin, sa fuite dans la France occupée, la déportation à laquelle elle réussit à échapper, son passage en Suisse. Le livre connaît un succès immédiat et est traduit dans plus de onze langues.
Ressuscité, son nom fait surgir de nouveaux documents. Lettres, archives de police et d’État provenant de tous les pays qu’elle a traversés, carton d’inédits conservé pendant quarante ans dans sa famille suisse, publications datées d’avant et après la Seconde Guerre mondiale.
Corine Defrance, historienne spécialisée dans l’histoire franco-allemande, a enquêté pendant cinq ans sur Françoise Frenkel en partant sur ses traces à travers l’Europe, de la Pologne au sud de la France. Elle a collecté et assemblé tous ces documents pour bâtir cette biographie qui nous permet, aujourd’hui, de déchiffrer en profondeur Rien où poser sa tête, et de reconstruire enfin un portrait précis de Françoise Frenkel.
Oct 20, 2022
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