
Coiffeuse, infirmière, cadre de santé, puis sociologue. Présidente d’une association d’insertion, première adjointe au maire de Millau et documentariste, à ses heures perdues. Josette Hart est l’une de ces femmes multi-casquettes inspirantes.
Si elle clôture cette série dédiée aux femmes « Pionnières » dans l’Aveyron, c’est parce qu’elle a réalisé, avec son époux Jean Milleville, un documentaire primé par le Public lors du festival international du film documentaire sur la ruralité, Caméras des champs.
Ce documentaire, intitulé « Elles vivent ici », donne la parole à treize femmes qui habitent le Sud-Aveyron. Certaines y sont nées, d’autres y sont venues, d’autres revenues. Par le biais de cet ancrage commun, Joe Hart explore des parcours très intimes qui brosse la construction, à travers les générations, de ces femmes qui vivent ici.
A partir de ce travail, c’est elle, Jo Hart, qui a accepté de se livrer au micro de Finta. De son parcours à elle, humaniste et engagé, de son regard sur la politique, de ce territoire qu’elle a choisi et sur lequel elle porte un regard à la fois tendre et aiguisé, nous en parlons ensemble, dans cet épisode enregistré dans son appartement avec vue sur la Pouncho d’Agast, à Millau. Bonne écoute.
Feb 18, 2022
34 min

Dans la famille Singla, bien connue dans l’agriculture et sur le Lévezou, je voudrais la fille aînée, Sarah. La quarantaine toute fraîche, Sarah Singla a repris la ferme familiale avec vue sur les lacs du Lévezou. Céréalière, elle incarne la troisième voie qui se développe en agriculture aujourd’hui : après l’agriculture conventionnelle, puis l’agriculture biologique, voici venue l’agriculture de conservation.
En deux mots, elle consiste à ne plus labourer les sols, à ne jamais les laisser nus et à alterner des cultures toute l’année pour stimuler la vie souterraine. Une agriculture qui intensifie le rendement du sol et que Sarah nous explique dans cet épisode.
Cette manière de faire l’agriculture, Sarah l’a héritée de son papa, qui en était l’un des pionniers en Aveyron et en France à l’aube des années 1980. Dans les pas de son papa, aidée de son grand-père, Sarah Singla a repris le flambeau. Si bien qu’elle est devenue, en Europe, « la » voix de l’agriculture de conservation. De conférences en formations, elle est de tous les rendez-vous pour prêcher sa pratique et faire entrer de plus en plus d’agriculteurs dans la danse.
Critiquée, aussi, Sarah Singla répond avec philosophie et sagesse. Elle bouscule quelques certitudes, notamment en matière de chimie, et ouvre des pistes de réflexions nouvelles pour les néophytes comme moi.
Feb 4, 2022
38 min

Il aura fallu attendre l’année 2020, et des élections municipales bousculées par le premier confinement dû au covid, pour voir une femme s’installer dans le fauteuil de maire d’une grande ville aveyronnaise. C’est donc Millau qui a ouvert la voie avec l’élection d’Emmanuelle Gazel.
Quand je dis grande ville, j’entends Rodez, Millau, Onet-le-Château, Villefranche-de-Rouergue, Decazeville, j’étends jusqu’à Saint-Affrique. J’ai remonté quelques décennies d’archives jusqu’à faire ce constat. Et cela méritait bien de faire d’Emmanuelle Gazel une « Pionnière ».
A 43 ans, elle figure dans l’espace politique aveyronnais depuis près de 15 ans. D’abord au cabinet du premier édile socialiste de Millau, Guy Durand, en 2008, Emmanuelle Gazel bascule dans l’opposition en 2014 quand Christophe Saint-Pierre est élu maire. De l’opposition, elle en prendra le volant. Désignée vice-présidente de Carole Delga, en région Occitanie, en charge de la formation, Emmanuelle Gazel prend du galon jusqu’à cette élection de juin 2020.
De sa jeunesse saint-affricaine, de sa vocation pour accompagner l’insertion professionnelle, jusqu’à son engagement viscéral au Planning familial, la première magistrate de Millau se raconte au micro de Finta, dans cet épisode enregistré dans son bureau, en plein cœur de la Cité du gant. Bonne écoute.
Jan 21, 2022
34 min

Elle porte un nom indissociable de la politique aveyronnaise. Puech. Le nom de son époux, Jean Puech.
Lui, a été successivement maire de Rignac, élu départemental puis plus jeune Président du Département de l’Aveyron. Il le sera pendant 32 ans, jusqu’en 2008. Sénateur puis Ministre à deux reprises. Elle, Danièle Puech, n’a pas attendu cette rencontre pour entrer en politique.
Dès le début des années 70, elle est élue maire du petit village de Saint-Rémy, puis conseillère régionale. Pour inviter les femmes – trop peu représentées quand elles ne sont pas totalement absentes des conseils municipaux – à suivre ses pas, Danièle Puech fonde l’association des élues aveyronnaises. Par le biais de formations et de rencontres, elle entend créer un vivier de femmes prêtes à s’engager. Campagnes d’affichage, travail de terrain : si elle ne se dit pas féministe pour un sou, Danièle Puech a consacré son énergie à libérer celle des femmes sur la scène publique.
Décorée de l'Ordre national du mérite par Simone Veil à l’aube des années 2000, à Rignac, Danièle Puech avait alors rejoint le cabinet de son époux, dont elle était le bras droit, notamment pour la communication. Elle y consacrera ses dernières années de carrière, jusqu’à ce que le couple s’éloigne de la vie publique, en 2008.
De son engagement, de ses rencontres, de son regard sur la politique et la place des femmes aujourd’hui, jusqu’au « mammobile » qu’elle a contribué à lancer sur les routes aveyronnaises, nous en parlons dans cet épisode, enregistré chez elle. Bonne écoute.
Jan 7, 2022
38 min

C’est un immense honneur, pour moi, d’avoir rencontré cette grande dame. Quelque peu en retrait, contrainte de se protéger face à la pandémie qui nous frappe, Danielle Dastugue a tout de même accepté de me recevoir chez elle.
Nous ne tomberons pas le masque, nous resterons loin l’une de l’autre. Mais dans la chaleur de sa voix, dans chacun de ses mots dont elle soigne l’articulation, il émane une infinie sagesse. Celle d’une femme de culture, descendue de Paris pour remettre la librairie ruthénoise La Maison du Livre sur pied.
Et qui, une fois relevé ce premier défi avec brio, créera les Editions du Rouergue, contre l’avis de tous, loin de Paris. Avec le succès que l’on connaît, jusqu’au rachat des Editions du Rouergue par la Maison Actes Sud en 2005.
De ses épopées culturelles, de son amour pour le cinéma, de son métier d’éditrice et des manuscrits, de son rapport à ce territoire aveyronnais qui l’a accueillie et dont elle revendique les racines aujourd’hui : nous avons parlé de tout ça avec Danielle Dastugue. Que je suis très fière de faire figurer dans cette série consacrée aux Pionnières en Aveyron. Bonne écoute…
Dec 17, 2021
32 min

Sur le chemin des Pionnières, je me suis invitée chez l'une des plus grands chefs aveyronnais. Depuis trente ans, son nom et son restaurant n'ont pas quitté le guide Michelin, qui ne compte qu'une quinzaine de femmes parmi ses étoilés.
Dans le village de Belcastel, qui l'a vue grandir, mon invitée a perpétué la tradition familiale en reprenant l'auberge que tenait sa grand-mère, puis sa mère avant elle, alors qu'elle n'avait qu'une vingtaine d'années. Rejointe par sa soeur Michèle en 1987, c'est en 1991 qu'elle décroche son étoile.
Derrière ses lunettes rondes, qui ne sont pas sans rappeler deux autres chefs aveyronnais, son sourire semble familier, comme l'impression de la connaître depuis toujours. Preuve qu'elle est, en Aveyron, une personnalité incontournable. A jamais la première et encore unique étoilée du département. Mon invitée, c'est Nicole Fagegaltier.
Dec 3, 2021
40 min

En choisissant d’intituler cette série « Pionnières », je ne pouvais pas passer à côté d’une Pionnière s’il en est, en Aveyron. C’est chez elle que je débute cette série. Parce qu’au-delà de son rôle de premier plan dans l’agriculture aveyronnaise, mon invitée a écrit un livre-témoignage, également baptisé « Pionnières » aux éditions du Rouergue. Mon invitée, c’est Marie-Thérèse Lacombe.
C’est en rencontrant son époux, Raymond Lacombe, qu’elle arrive en Aveyron. Elle a
une vingtaine d’années. Ils auront quatre enfants. Son époux, lui, aura vécu une vie d’engagements : maire de Camboulazet, il sera président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles, plus connue sous l’acronyme FDSEA, avant d’en prendre la présidence nationale pendant six ans, à la fin des années 1980. Décédé en 2002, Raymond Lacombe reste une figure nationale et historique du militantisme agricole.
Loin de rester passive à ses côtés, Marie-Thérèse Lacombe bouscule les codes attendus pour les femmes d’agriculteurs à l’aube des années 1960. Elle refuse de voir sa parole confisquée, son rôle cantonné au foyer et s’affranchit fièrement des carcans bien ancrés dans la campagne aveyronnaise. Cette campagne imprégnée et racontée comme étant dominée depuis toujours par le masculin. C’est nier le rôle des femmes dans les fermes quand les maris ont été mobilisés pendant la guerre, c’est nier aussi la place occupée par les femmes dans le quotidien des fermes. Bien que la reconnaissance du statut de « conjointe collaboratrice » ne date que de 1999. Et il faudra attendre 2019 pour que le droit au congés maternité soit voté en France.
Avec et autour de Marie-Thérèse Lacombe, c’est tout un mouvement qui va prendre la parole pour affirmer la place des femmes dans la modernisation des campagnes et du milieu agricole en général.
Nov 20, 2021
36 min

Elles ont défriché des chemins, ouvert des voies, porté une voix en Aveyron et parfois bien au-delà. Toutes ont en commun ce territoire.
A partir de la ruralité, qui les a naturellement façonnées, le témoignage de ces
« Pionnières » contribue à penser le rapport à l’accomplissement des femmes à la
campagne, au féminisme et à l’enclavement, d’hier à aujourd’hui.
Et si Annick Cojean compare le parcours des femmes à des « courses d’obstacles »,
la ruralité en est-il un... de plus ? C’est la question, en creux, à laquelle répondent les « Pionnières » que j’ai invitées au micro de Finta.
📣 Pensée en partenariat avec La Baleine, le théâtre municipal d’Onet-le-Château et le
Café culturel Le Krill, cette série sera au cœur d’une soirée rencontre-débat, le lundi 15 novembre 2021 au Krill, en amont du spectacle « Je ne serais pas arrivée là si… », joué par Julie Gayet et Judith Henry. Cette pièce a été écrite à partir d’entretiens menés par la journaliste Annick Cojean, publiés dans Le Monde et compilés dans un recueil du même nom paru en librairie.
Sept femmes ont accepté de témoigner au micro de Finta. Ces femmes ce sont…
Marie-Thérèse Lacombe, Daniele Puech, Nicole Fagegaltier, Danielle Dastugue, Emmanuelle Gazel, Sarah Singla et Josette Hart.
Leurs parcours, nos conversations en tête-à-tête… Bientôt dans vos oreilles !
Nov 5, 2021
5 min

J’ai vu écrit de lui qu’il était le « Barack Obama du Ségala ». Et si l’image le fait rire, il n’est pas peu fier d’incarner, à l’échelle à minima aveyronnaise, ce modèle d’intégration sociale. Premier maire noir du département, élu en 2014 et réélu haut la main en 2020, avec un score digne des « démocraties africaines », il en rigole aussi, Simon Worou est originaire du Togo.
De sa volonté de devenir prêtre jusqu’aux petits boulots à son arrivée en France, en passant par l’Armée, Simon Worou a fait de chaque embuche sur son chemin un tremplin. Et si c’est par la mêlée qu’il dit avoir gagné la confiance des Aveyronnais, sa
métaphore rugbystique l’accompagne dans tout son engagement politique.
Après s’être livré dans de nombreux médias, Simon Worou s’apprête à dévoiler son histoire dans un livre, à paraître le 12 novembre prochain. Une manière de se réapproprier son parcours, ses mots et ses rebonds. On en parle tout de suite dans l’épisode, enregistré dans sa petite bourgade de Sainte-Juliette-sur-Viaur.
📣Sortie du livre de Simon Worou le 12 novembre 2021, séance de dédicaces le samedi 13 novembre à la Maison du Livre à Rodez.
Oct 22, 2021
33 min

Les fauteuils feutrés n’ont presque pas bougé, la cabine de billetterie non plus.
Derrière les portes battantes de la grande salle, quelques notes s’échappent. Si
le public n’a toujours pas regagné « son » Club, les retrouvailles ne devraient plus tarder. Après la Toussaint, il sera grand temps de battre le rythme.
🎶 Entre ces quatre murs, toujours propriété de l’Evêché, je retrouve Fred Joao.
Directeur de la salle de spectacle Le Club, à Rodez, il est aussi à l’origine
de l’association Oc’Live, qui pilote le lieu. Avant de poser ses valises dans l’ancien
cinéma du faubourg ruthénois, Oc’Live organisait des concerts itinérants en
Aveyron. C’est elle qui a contribué à ancrer durablement une programmation de
musiques actuelles à l’année sur le territoire.
S’ancrer ici, c’était son "dada" à lui. Faire mentir celles et ceux qui
lui disaient que culture et musiques actuelles ne rimaient qu’avec grandes
villes.
💬 Des travaux de réhabilitation du Club, qui marquent le début d’une grande
aventure humaine, jusqu’à la crise sanitaire, qui a forcé les « cultureux »
à revoir leur copie, on a parlé de tout ça avec Fred Joao. Il a aussi été
question de son goût pour la scène live, de la hargne collective qui a permis
au Club d’en être là aujourd’hui, de son amour pour l’engagement associatif.
C’est sur scène et sous les projecteurs, une fois n’est pas coutume, que Fred Joao a
accepté de se raconter à travers ce lieu qu’il a façonné. Bonne écoute ! 🎧
Aller plus loin : Le site du Club 💃
Oct 8, 2021
33 min
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