Double Ta Valeur
Double Ta Valeur
Olivier Lambert
Chapitre 1 – Revoir sa définition de tâche
4 minutes Posted Feb 24, 2021 at 9:39 pm.
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“On n’est pas rémunéré pour son temps, mais pour la valeur qu’on crée dans le marché.” — Jim Rohn
Le 8 mai 2014 à 8 h 30, je rentre travailler chez Voyages à Rabais et je m’installe devant mon ordinateur. La première chose que je fais est d’ouvrir mes courriels pour avoir une idée de ce que ma journée va avoir l’air. Je fais le tri, lis deux ou trois infolettres et fais quelques suivis avec mon équipe de travail. 10 h arrive, je crée un rapport statistique sur la performance de nos différents médias (Facebook, infolettre, site web, etc.). À 11 h, j’ai une conférence téléphonique avec mon chargé de compte chez Google. Il est excité de me présenter une nouveauté sur AdWords, leur plateforme publicitaire. Je termine l’appel et je vais au McDonald’s avec mes collègues. 13 h, je retourne dans ma boîte courriel pour répondre à tous ceux qui m’ont écrit en matinée. 14 h, j’ai un meeting avec le vice-président et le directeur marketing où on discute des différents moyens d’expansion dans le Canada anglais. En sortant de la rencontre, mon collègue m’accroche parce qu’il veut mon avis sur un projet. Il est rendu 16 h, je fais une dernière ronde de e-mails avant de quitter le bureau.
Heures travaillées: 8. Valeur générée: 0.
Si on demande au patron, penses-tu qu’il va dire que j’ai fait du bon travail? Que c’était une belle journée productive? Bien sûr, après tout, je n’ai pas arrêté de la journée! J’ai fait le rapport qu’il m’a demandé, j’ai donné deux ou trois bonnes idées lors de notre rencontre et j’ai eu un meeting avec Google! Tout ce que j’ai fait était sur ma liste de tâches. Pour ce que ça vaut, j’ai été un bon petit employé!
Imagine maintenant le scénario suivant…
J’arrive au bureau à 8 h 30, je mets mes écouteurs et je commence à rédiger une nouvelle séquence de courriels pour tous nos prospects qui ont démontré un intérêt envers les tout inclus familiaux à Cuba. Je n’ai pas de meeting avec Google parce que j’ai refusé de le céduler (ouaip, je suis big shot comme ça!). Je travaille jusqu’à 10 h 30 où j’arrête 15 minutes pour aller prendre l’air. Je reviens et je continue d’avancer mes textes jusqu’à midi où je quitte pour aller manger un McGangBang avec la gang du bureau (tu prends un poulet junior et un McDouble, tu enlèves un des talons de pain et tu colles tes sandwichs ensemble. Résultat? Le meilleur burger du monde à moins de 3,50 $). Bref, je recommence à travailler à 13 h. Lorsque le VP me demande de l’aider dans un brainstorm, je lui dis que je travaille sur un projet que j’ai vraiment hâte de lui présenter et je refuse poliment d’y participer. Lorsque mon collègue me demande de l’aide avec son problème, je lui fais comprendre que c’est justement son problème, pas le mien.
15 h 30 arrive, je prends une heure pour faire tous mes suivis de la journée et cleaner ma boîte courriel.
Heures travaillées: 8. Valeur créée: potentiellement des dizaines de milliers en profit.
Le deuxième scénario est difficile à accomplir; on aime avoir l’impression d’être important. “J’ai un meeting avec Google” et “les boss m’invitent dans un brainstorm parce qu’ils respectent mes idées” sont des phrases plaisantes à contempler. Par contre, il ne faut pas oublier la raison pour laquelle on se fait engager: générer de la valeur.
Lorsqu’on rentre au bureau, c’est difficile, mais important, de laisser son égo à la porte.
Et il n’y a pas que l’égo qui se met en travers de notre productivité, notre désir de plaire aussi. Lorsqu’un collègue vient nous demander de l’aide, ou pire, nous interrompre pour des conneries, on doit lui faire comprendre que c’est sa job de s’arranger tout seul comme un grand! Mais c’est difficile! Après tout, c’est notre ami… Right?
Le scénario “A” nous laisse un sentiment d’importance, de respect et de sécurité. Le scénario “B” va plutôt nous amener conflits, maux de tête et instabilité.
À court terme, si tu ne participes à aucun meeting et que tu refuses toujours d’aider ton collègue nono, c’est possible qu’on te rencontre pour te faire l’éloge du “travail d’équipe”, code secret pour dire “suis les ordres et ferme ta gueule”.
Mais à long terme, si le projet que tu poursuis génère de la valeur, tu gagnes des cartes importantes que tu vas pouvoir jouer pour: a) augmenter ton salaire, b) changer ta position au sein de l’entreprise ou c) te faire remarquer par des chasseurs de têtes.
Le mensonge des patrons
“Je veux quelqu’un qui suit les ordres.”“Je veux quelqu’un qui ne me coûte pas cher”“Je veux quelqu’un qui se présente à l’heure et qui ne me donne pas de trouble.”
Si c’est ce que le patron veut vraiment, pourquoi alors est-ce que les “stars” de la compagnie ne suivent aucunement ces règles? Pourquoi est-ce que ceux qui se font promouvoir, se font donner des comptes de dépenses et reçoivent le beau bureau en coin… Pourquoi est-ce que ces gens-là ne font rien de tout ça?Le boss veut quelqu’un qui va apporter des résultats parce que c’est ça qui va lui permettre de bien paraître aux yeux de son boss à lui. Le CEO se fout complètement des meetings avec Google, des brainstorms ou des courriels qui prennent 6 h à avoir une réponse. Le CEO se préoccupe de deux choses: l’augmentation des profits et la réduction des coûts.
Chapitre 1 – Revoir sa définition de tâche was first posted on février 24, 2021 at
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