Ciné-crash
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Le Point
Désastres au box-office ou films assassinés par la critique, voire les deux en même temps : plongez dans l’odyssée des Waterloo du cinéma pour mieux les réhabiliter (ou pas !).Par Philippe Guedj Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
« L'Etoffe des héros », l'épopée qui volait trop haut
Entre deux tours de Terre depuis l'ISS, Thomas Pesquet ne nous contredira pas : trente-six ans après sa sortie en salle, L'Etoffe des héros continue de scintiller très haut dans le ciel des plus grands films sur l'épopée humaine dans l'espace. D'Armageddon à First Man en passant par Interstellar, sans oublier une récente série Disney+ elle aussi inspirée du best-seller de Tom Wolfe, l'influence du chef-d'oeuvre de Philip Kaufman reste palpable à d'innombrables niveaux dans la pop culture. Une saga de 3h12, aussi massive qu'un soleil et rayonnant de mille thématiques sur la notion d'héroïsme, l'obsession de la course aux étoiles face aux Russes en pleine Guerre Froide, la propulsion des mythes grâce à la presse, le rôle des femmes dans l'ombre de leurs époux astronautes, la fin d'une ère et le début d'une autre... Sans oublier un traitement quasi-documentaire impressionnant, un humour désopilant, des effets spéciaux à couper le souffle et une B.O enjouée à enflammer un régiment. Beau comme une fusée, lyrique comme un western de John Ford, L'Etoffe des héros suit la genèse hasardeuse et fiévreuse du programme spatial américain Mercury qui, entre la fin des années 50 et le début des années 60, aboutit à l'envoi par l'Amérique (et la Nasa) de ses premiers hommes dans l'espace.Précurseur des programmes Gemini puis Apollo, Mercury et ses six vols spatiaux avaient pour mission de rattraper dans l'urgence l'avance soviétique symbolisée par l'envoi du premier satellite Spoutnik en 1957, puis, le 12 avril 1961, par le vol suborbital du cosmonaute Youri Gagarine, tout premier homme à franchir notre stratosphère. Sur la base d'un script réécrit par Philip Kaufman, après le renvoi du légendaire scénariste William Goldman et le refus par Wolfe d'adapter son propre livre, L'Etoffe des héros raconte deux histoires qui se côtoient : les coulisses de Mercury, programme composé de sept astronautes issus de l'US Air Force (Alan Shepard, Virgil Grissom, Gordon Cooper, Walter Schirra, Scott Carpenter, John Glenn et Donald Slayton - le seul du groupe à ne pas avoir décollé suite à un problème de santé) ; les exploits de Chuck Yeager (joué à l'écran par le dramaturge Sam Shepard), héros de guerre et pilote d'essai, officiellement considéré comme le premier homme à avoir franchi le mur du son, au-dessus de la base d'Edwards (Californie), en 1947. De la course à la vitesse de l'US Air Force jusqu'à celle aux étoiles de la Nasa sous l'impulsion d'Eisenhower puis JFK, il n'y a qu'un pas que l'Amérique va franchir en trombe à l'aube des années 60, par peur d'une domination soviétique dans le cosmos. Yeager ne participera pas à l'aventure Mercury mais L'Etoffe des héros tient à montrer que ses records, ainsi que les tests d'autres pilotes d'essais morts en mission, jouèrent un rôle préalable déterminant dans l'envol sidéral des Etats-Unis. S'appuyant sur un invisible mélange d'images d'archives et de prises de vue réelles pour la fiction, L'Etoffe des Héros offre une sensation étourdissante de réalisme quasi-inédit pour l'époque. Sa mise en boîte joyeuse des institutions et de la presse ne l'empêchent guère de survoler des cimes d'émotion lors des scènes spatiales, en grande partie grâce à la merveilleuse bande originale de Bill Conti - l'homme à qui l'on doit l'inoubliable thème de Rocky, sorti 7 ans plus tôt et qui partage avec L'Etoffe héros les mêmes producteurs.Malgré un accueil critique dithyrambique, L'Etoffe des héros n'a hélas jamais décollé au box-office américain ni international, provoquant un colossal trou dans les caisses de sa société de production, la mythique Ladd Company (Les Chariots de feu, Outland, Blade Runner...), en raison d'un budget évalué entre 27 et 30 millions de dollars. Passant d'un ton à l'autre - tantôt ironique, patriotique, grave ou potache - avec une aisance déconcertante, la saga de Phil Kaufman dérouta le grand public mais, au fil des ans, retrouva légitimement sa place au Panthéon des grandes oeuvres du ciném... Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
May 14, 2021
1 hr 5 min
« Le Géant de fer » : un bijou d’animation trahi par son studio
En 1999, le futur réalisateur des « Indestructibles » et de « Ratatouille » signa pour Warner un classique du dessin animé, hélas coulé par une sortie bâclée. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
Apr 16, 2021
57 min
« Flash Gordon » : le blockbuster flashy perdu dans l’espace
En 1980, cette fastueuse première (et dernière) adaptation au cinéma du célèbre comic strip rebuta les foules, peu réceptives au kitsch assumé du film. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
Mar 12, 2021
1 hr 23 min
« Lone Ranger », le mégawestern mal aimé de chez Disney
En 2013, après avoir dirigé Johnny Depp dans trois films « Pirates des Caraïbes », Gore Verbinski retrouvait la star pour ce blockbuster galopant vers l’échec. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
Feb 12, 2021
48 min
« Le Secret de la pyramide » : l’échec d’un jeune Sherlock
En 1985, Spielberg produisit ce blockbuster sombre sur la première enquête du mythique détective. Le public ne prit pas l’affaire au sérieux. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
Jan 15, 2021
59 min
« Freaks » : la parade monstrueuse qui effraya Hollywood
Sorti en 1932, le chef-d’œuvre de Tod Browning sur une troupe d’êtres difformes, membres d’un cirque itinérant, a brisé la carrière de son réalisateur. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
Dec 10, 2020
51 min
« Terminus » : Johnny sur la route du désastre
En janvier 1987, Johnny Hallyday ressentit fortement quelque chose en lui de rétréci : ses espoirs d’avenir comme star internationale du cinéma d’action. La cause : Terminus, de Pierre-William Glenn. Un road movie français postapocalyptique à très gros budget, attendu au tournant par la presse, les fans du rockeur et les cinéphiles rêvant d’un véhicule idéal pour propulser une science-fiction à la fois ambitieuse et divertissante au pays de la Nouvelle Vague. Situé dans un futur proche, le film suit une course géante organisée chaque année à travers divers territoires sur une Terre devenue plus ou moins anarchique et aux mains de milices fascisantes.Supervisé depuis la base secrète et ultramoderne de Terminus, ce jeu mortel est centré sur un immense 38 tonnes rouge doté d’une intelligence artificielle (baptisée Monstre), et dont le pilote a pour but de parcourir 5 000 kilomètres afin de rejoindre le mystérieux complexe. À la clé : la remise d’une très grosse somme d’argent. Aux trousses du bolide, des hordes de camions gris font tout pour l’empêcher d’atteindre sa destination. Au volant de Monstre, le taciturne « Manchot » (Johnny Hallyday) prend le relais de la malheureuse Gus (Karen Allen), après une intense et brève romance avec elle. Il est désormais l’élu, tandis que, depuis Terminus, l’inquiétant Docteur (Jürgen Prochnow) et le petit Maty (Gabriel Damon), gamin surdoué qui a conçu Monstre, suivent à distance sa progression. Ils scrutent également celle de « Petit Frère », autre poids lourd talonnant Monstre et dont la mission cache un sinistre secret, le véritable objectif de toute cette meurtrière compétition.Si ce résumé vous a semblé aussi long qu’un Paris-Lyon sur l’A6, c’est normal : cosigné par Pierre-William Glenn et Patrice Duvic, sur la base d’une idée d’Alain Gillot, le scénario de Terminus, touffu, brouillon et surchargé de personnages, s’avère aussi ardu à décrypter et à synthétiser qu’un itinéraire sur une vieille carte routière. Ce script boulimique, dans lequel Pierre-William Glenn et son complice Duvic péchèrent par excès de thématiques et défaut d’informations à l’écran, n’est, hélas, que l’un des innombrables problèmes d’un film qui fut quasi unanimement sifflé par une critique déchaînée.Et pour cause : direction artistique piteuse, dialogues souvent incompréhensibles ou caricaturaux, jeu d’acteur pour le moins inégal de Johnny, décors indigents, mise en scène faisant souvent fausse route, action chaotique… Vendu au public comme un Mad Max à la française mâtiné de Rollerball, en tout cas tel un blockbuster d’action à l’anglo-saxonne filmé pied au plancher, Terminus fit bien vite retomber les foules sur celui des vaches – ou plutôt d’une cruelle désillusion. L’échec abyssal (moins de 300 000 entrées cumulées en fin de parcours) stoppa quasiment net le futur de Pierre-William Glenn comme réalisateur. Mais aussi celui de Johnny comme champion poids lourd de blockbusters à la française. Il écrabouilla aussi l’avenir d’une certaine science-fiction hexagonale désireuse d’apparaître enfin à l’écran dans le rétroviseur des Américains.Trente-trois ans après la sortie de Terminus, il convient cependant, sinon de réhabiliter le film, du moins de se repencher sur le réel intérêt des intentions de son réalisateur, l’incontestable avant-gardisme de ses images de synthèse (parmi les toutes premières utilisées dans le cinéma français), l’ambition de certaines cascades et la curiosité réelle qu’inspire aujourd’hui cet ovni sans précédent par chez nous – qualifié de nanar sans appel par ses opposants les plus impitoyables. Rencontré pour les besoins de cette émission, Pierre-William Glenn, par ailleurs l’un des plus grands chefs opérateurs du 7e art français des années 1970 et 1980 (il a travaillé pour Truffaut, Tavernier, Corneau, Losey, etc.), confirme qu’il envisage une sortie en DVD/Blu-ray de Terminus…, ce bébé mal aimé qu’il défend toujours bec et ongles. Mais la route est encore longue ! En compag... Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
Nov 12, 2020
1 hr 9 min
« Last Action Hero » : Schwarzie égaré dans l’auto-parodie
Il fut annoncé comme le roi du box-office de l’été 1993, il finit nu et humilié par un retentissant camouflet. Last Action Hero aurait pourtant dû asseoir le règne de sa star sur les années 90 et couvrir d’or le studio Columbia Pictures, qui dépensa sans compter pour l’affaire : un film d’action satirique original, spectaculaire et tout public, marquant les retrouvailles entre le réalisateur John McTiernan (Piège de cristal) et Arnold Schwarzenegger, tandem gagnant de Predator, six ans plus tôt. Alors au sommet de sa carrière dans la foulée du triomphe mondial de Terminator 2, qui lui-même fit suite aux succès de Total Recall et de la comédie Un flic à la maternelle, le malin Schwarzenegger voyait dans Last Action Hero l’occasion de se moquer de son image de super-héros bodybuildé, ainsi que des grosses ficelles des thrillers musclés typiques des années 80. Bref, jouer un coup d’avance et peut-être incarner un nouveau type de héros dans un nouveau type de blockbuster.Écrit par les jeunes scénaristes Zak Penn et Adam Leff – puis repris en grande partie par Shane Black et l’écrivain William Goldman –, le script suit l’improbable odyssée du jeune Danny (Austin O’Brien), gamin new-yorkais de 11 ans vivant seul avec sa maman, passionné de films d’action et en particulier d’un personnage de fiction : Jack Slater, super-flic de Los Angeles, héros d’une série de longs-métrages chargés d’adrénaline. Alors qu’il assiste à une avant-première nocturne du 4e volet des aventures de Jack Slater, organisée rien que pour lui par Nick (Robert Prosky), le projectionniste de son cinéma de quartier, Danny, se retrouve soudainement propulsé de l’autre côté de l’écran, par le biais d’un mystérieux ticket magique que lui a remis le vieil homme. Désormais à l’intérieur même du monde extravagant de Jack Slater, Danny va aider son idole dans une enquête criminelle impliquant une armée de mafieux, tout en s’amusant à décoder tous les poncifs et situations prévisibles du « film dans le film ».Criblé d’impondérables avant même le premier tour de manivelle, avec d’innombrables réécritures et conflits d’ego entre les auteurs, Last Action Hero continuera d’enchaîner les galères durant un tournage ponctué de clashs entre John McTiernan, les scénaristes et la production. Alors que le budget du film explose en raison notamment d’une campagne marketing démesurée qui se retournera contre lui, le blockbuster de McTiernan souffre surtout d’une greffe maladroite entre le pastiche et les fusillades hors norme, de gags trop rarement drôles et d’un acteur pré-ado – O’Brien – littéralement insupportable à l’écran. Sa date de sortie, maintenue obstinément au 18 juin par un studio Columbia tenu par des contrats de partenariat, parachève une longue suite d’erreurs stratégiques, puisque Last Action Hero se fera dévorer au box-office par Jurassic Park, challenger sous-estimé à tort et qui a pris d’assaut les écrans une semaine plus tôt.Sans être un désastre abyssal au box-office, surtout grâce à l’international, Last Action Hero finira sa course autour de 50 millions de dollars de recettes aux États-Unis. Au vu des attentes, c’est un échec sans appel. La déception est immense, les critiques impitoyables et l’humiliation terrible pour le studio, ainsi que pour le réalisateur et la star autrichienne, qui reconnaîtra plus tard que le film marqua le début de son déclin au cinéma. Devenu culte aux yeux d’une partie des cinéphiles, Last Action Hero est-il une œuvre visionnaire et incomprise en son temps ou un authentique ratage, perdu d’avance par ses choix artistiques peu inspirés ?Pour le premier numéro de sa seconde saison, Ciné-Crash se penche sur la genèse ardue et les contradictions d’un blockbuster malade, révélateur d’une certaine ivresse de la démesure typique de la cour hollywoodienne des années 90 naissantes. Last Action Hero, ou comment le roi Schwarzenegger perdit sa couronne avant de laisser peu à peu la place à de nouveaux héros d’action. Six ans plus tard... Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
Oct 15, 2020
50 min
« La Porte du paradis », le western haï des Américains
En 1980, Michael Cimino paya cher cette épopée âpre et politique, canardée par la critique. Un désastre qui pulvérisa le studio United Artists. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
Jul 28, 2020
1 hr
Cléopâtre : quand le péplum tourne au fiasco
En 1963, cette superproduction avec Richard Burton et Liz Taylor mordit la poussière malgré son indéniable succès au box-office. Décryptage du désastre. Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.
Jun 23, 2020
49 min
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