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L'opuscule majuscule
C’est son « premier soleil ». Un livre vénéré, cent fois commenté, étudié à l’université, qui fête cette rentrée ses quarante étés. Un premier roman devenu classique, à la croisée de Faulkner et de Flaubert, publié par Gallimard en 1984 après deux ans de querelles internes, où un abbé meurt de ses excès, où des paysans s’échinent « près un rameau décharné de glycine » en rêvant d’Afrique ou d’Amérique. « Vies minuscules » de Pierre Michon, c’est l’entrée en littérature du fils de l’institutrice d’un village rural, le « salut » tant espéré d’un lettré tapageur jadis porté sur la bouteille, qui de son propre aveu « se traîna jusqu’à 40 ans à ne rien foutre de ses dix doigts ».
Michon se retroussa pourtant les manches pour accoucher de huit petites biographies sur de merveilleux modestes. Un coup de maître selon la critique, longtemps boudé par le public, sans doute refroidi par ces longues phrases pleines de points-virgules et d’imparfait du subjonctif, qui souvent touchent au sublime.
Pour ce deuxième épisode, Pierre Michon retourne dans les coulisses de son chef-d’œuvre inaugural, vendus tous formats confondus à 185 000 exemplaires. S’est-il piégé lui-même en démarrant trop fort ? A-t-il été muséifié de son vivant par trop de colloques dithyrambiques consacrés à son œuvre ? Est-il encore hanté par cette phrase de Balzac placée en ouverture d’un de ses livres : « Tu pourras être un grand écrivain, mais tu ne seras jamais qu’un petit farceur » ? Pour le savoir, soulevons l’opercule de cet opuscule majuscule.
Bookmakers #31 - L’auteur du mois : Pierre Michon
C’est son « premier soleil ». Un livre vénéré, cent fois commenté, étudié à l’université, qui fête cette rentrée ses quarante étés. Un premier roman devenu classique, à la croisée de Faulkner et de Flaubert, publié par Gallimard en 1984 après deux ans de querelles internes, où un abbé meurt de ses excès, où des paysans s’échinent « près un rameau décharné de glycine » en rêvant d’Afrique ou d’Amérique. « Vies minuscules » de Pierre Michon, c’est l’entrée en littérature du fils de l’institutrice d’un village rural, le « salut » tant espéré d’un lettré tapageur jadis porté sur la bouteille, qui de son propre aveu « se traîna jusqu’à 40 ans à ne rien foutre de ses dix doigts ».
Michon se retroussa pourtant les manches pour accoucher de huit petites biographies sur de merveilleux modestes. Un coup de maître selon la critique, longtemps boudé par le public, sans doute refroidi par ces longues phrases pleines de points-virgules et d’imparfait du subjonctif, qui souvent touchent au sublime.
Pour ce deuxième épisode, Pierre Michon retourne dans les coulisses de son chef-d’œuvre inaugural, vendus tous formats confondus à 185 000 exemplaires. S’est-il piégé lui-même en démarrant trop fort ? A-t-il été muséifié de son vivant par trop de colloques dithyrambiques consacrés à son œuvre ? Est-il encore hanté par cette phrase de Balzac placée en ouverture d’un de ses livres : « Tu pourras être un grand écrivain, mais tu ne seras jamais qu’un petit farceur » ? Pour le savoir, soulevons l’opercule de cet opuscule majuscule.
Enregistrements
Entretien, découpage
Prises de son
Montage
Réalisation, mixage
Lectures
Musiques originales
Batterie, synthétiseurs
Illustration
Remerciements



