
Sur mon centre équestre, en plus des cours hebdomadaires, je propose de la pension de débourrage. En un mois, je vais apprendre au jeune cheval à accepter le matériel de harnachement, à porter un cavalier. Et à connaître les codes pour être manipulé au pas, au trot et au galop. Si tout va bien, à la fin du mois, j’emmène le jeune cheval sur ses premières sorties en extérieurs aux trois allures.
Sauf que bien souvent, pendant ce mois de travail, je ne fais pas que ça ! Je passe en général une bonne semaine à apprendre au jeune cheval des choses que normalement il devrait connaître, qui devraient faire partie de l’éducation du poulain. Et je vois régulièrement des chevaux adultes, qui travaillent, et qui ne maîtrisent pas non plus ces principes élémentaires. Je vous propose de voir donc aujourd’hui ensemble quelles sont les 5 choses à apprendre à votre poulain ou votre jeune cheval avant de l’emmener au débourrage.
Principe n°1 : Venir de lui-même au pré
La curiosité du poulain est une aubaine pour le cavalier
Ça paraît la base, pourtant, je suis sûr que comme moi, vous avez déjà eu à monter des chevaux irrattrapables au pré. Et quelle galère de devoir commencer sa séance en étant obligé de courir après son cheval pour lui passer le licol. Le poulain est en général très curieux. Et si vous passez du temps avec lui, dans son pré, à l’observer, je parie qu’il viendra très facilement à vous. Avant donc songer de le travailler ou à lui passer le licol, il est important de commencer à construire de la relation avec lui. Si vous allez très régulièrement dans son pré et que vous le laissez venir à vous de lui-même, vous allez tisser du lien. Installer des moments de grattouille et de découverte mutuelle qui vous seront les bases de votre relation future.
Principe N°2 : Vous respecter en main
Là encore, je vous pose la question : Avez-vous déjà monté des chevaux qui vous tractaient et vous poussaient pour sortir du pré ? Ou qui vous arrachaient les doigts au moindre brin d’herbe ? Marcher en main est quelque chose qui s’apprend jeune. Le poulain doit être capable de marcher à côté de vous, à votre épaule, sans vous bousculer.
Avant le débourrage, apprendre à son cheval à marcher en main …et en profiter pour lui faire découvrir l’environnement extérieur
Profitez-en pour lui apprendre les codes à la voix : arrêt, au pas, au trot, reculer … Ça sera un grand pas de fait pour le débourrage. Lorsque votre cheval sera longé, il connaîtra déjà les codes d’allures à la voix. Et faites-lui découvrir un maximum de choses en main : Partez en promenade dans les bois, traversez des villages, faites lui découvrir les voitures, les tracteurs, les vaches, les passages de pont, marcher dans l’eau…. Votre poulain va se désensibiliser aux éléments alentour tout en créant une relation de confiance solide avec vous.
Principe n°3 : Rester calme à l’attache
Inutile de vous rappeler la fois où votre cheval de club vous a écrabouillé contre le mur ou la fois où il a tiré au renard et a tout cassé ! Rester calme à l’attache fait partie des principes que le poulain doit apprendre jeune. Pour cette étape, il va falloir y aller par petites doses. Parce que clairement, pour un poulain, rester à l’attache, c’est chiant ! A vous donc de rendre ce moment agréable, en ne l’emmenant au point d’attache que par petites séquences. N’attendez pas qu’il s’énerve et se transforme en lion ! Petit à petit, grâce à vos grattouilles par exemple, vous pourrez allonger le temps à l’attache.
Nov 19, 2019
7 min

Que vous soyez novice en équitation ou au contraire un cavalier chevronné, trotter sur le bon diagonal ne relève pas d’une évidence pour tout le monde. Vous avez encore des doutes sur le sujet ? Je vous livre ici mes astuces pour être parfaitement à l’aise avec la notion de diagonal droit et diagonal gauche, quand vous pratiquez le trot.
Découvrir comment trotter sur le bon diagonal. Transcription de la vidéo YouTube.
Savoir différencier le diagonal droit du diagonal gauche
Comprendre la notion de diagonal en équitation
Pour aider à bien visualiser ce qu’est le trot en équitation, je pose des bandes de couleurs différentes sur les membres opposés de mes chevaux. Chaque couleur illustre un diagonal du cheval, c’est-à-dire deux membres opposés. Ainsi, les bandes blanches positionnées sur le membre postérieur droit et le membre antérieur gauche, déterminent le diagonal gauche. Par conséquent, les bandes bleues entourant le membre postérieur gauche et le membre antérieur droit, définissent le diagonal droit.
Comprendre le mécanisme du trot
Lorsque le cheval avance au trot, le mouvement s’effectue par diagonal : le cheval alterne continuellement entre le diagonal droit, puis le gauche. De cette façon, en trottant sur le diagonal gauche, il lance sa jambe avant gauche et sa jambe arrière droite simultanément. Les bandes blanches avancent en même temps. Le principe est exactement le même pour le diagonal droit, avec les membres opposés portant les bandes bleues.
Le temps consacré au passage d’un diagonal à un autre, est appelé un temps de suspension. Chacun d’entre eux est entrecoupé par une battue. Elle matérialise les pieds d’un même diagonal qui se posent au sol.
Comprendre le mécanisme du trot pour trotter sur le bon diagonal.
Intérêt de trotter sur le bon diagonal
Faire du trot enlevé pour le cavalier
Pour le cavalier, faire du trot enlevé s’apparente à une chorégraphie en 2 temps au rythme du cheval. En effet, le cavalier doit se lever de sa selle 1 temps sur 2. À mesure que le cheval alterne de diagonal, le cavalier alterne lui aussi entre un temps levé, un temps assis, et ainsi de suite.
De ce fait, à chaque fois que le cavalier se lève quand le cheval engage son diagonal droit, le cavalier trotte alors sur le diagonal droit. Par conséquent, il s’assoit quand le cheval engage son diagonal gauche.
À l’inverse, si le cheval engage son diagonal gauche quand le cavalier se lève de la selle, on dit qu’il trotte sur le diagonal gauche.
Trotter sur le bon diagonal pour soulager le cheval
En ligne droite, il n’y a pas de bon ou de mauvais diagonal. En principe, votre dadou ne sollicite pas plus un côté que l’autre pour trotter.
En revanche, c’est différent en ce qui concerne le trot en manège. Trotter sur le bon diagonal présente un intérêt particulier pour le cheval : le soulager. Le cheval tourne en piste à main droite ou piste à main gauche. Pour passer au trot tout en effectuant des cercles, le postérieur interne du cheval va devoir fournir un effort plus important pour le propulser. C’est pourquoi il devient intéressant de le soulager en équilibrant cet effort.
Savoir trotter sur le bon diagonal est une competence qui s’acquiert avec de la pratique en equitation. Photo par Barbara Olsen sur Pexels.
Ainsi, quand il trotte à piste main droite, c’est-à-dire dans le sens des aiguilles d’une montre, le cavalier va trotter sur le diagonal gauche et soulager le postérieur interne droit. S’il trotte à main gauche,
Jan 13, 2019
6 min

Lorsque l’on interroge le grand public sur leurs aspirations à pratiquer l’équitation, tous les sondages sont à peu près d’accord pour dire que le plus gros frein à l’équitation, c’est la peur de la chute…Et la principale raison à l’arrêt d’un cavalier, c’est aussi la chute !
Dans la pratique même de l’équitation, la chute, c’est un peu le sujet Tabou. Alors on a plein de petites phrases toutes faites du genre “Faut tomber 100 fois pour être un bon cavalier” ou “C’est quand on tombe que l’on progresse”, “Que c’est le métier qui rentre” ou bien encore “ Qu’il faut absolument remonter tout de suite sur le cheval”. Tout cela pour faire passer la pilule de ce qui est, quand même, un gros problème en équitation. Du coup, on zappe le sujet au lieu de réfléchir vraiment à la chute, et de l’intégrer dans notre vie de cavalier.
Je voudrais avec vous m’interroger sur la chute en elle-même quand on est cavalier. Que ressent-on ? Est-il possible d’y échapper ? Comment s’y préparer ? Comment se protéger ? Et quand elle arrive, comment la dépasser ?
Vaste programme donc.
Mais alors qu’est-ce qu’une chute ?
La plupart des moniteurs ou des cavaliers ultra passionnés vous répondront que ce n’est rien du tout. Les cavaliers un peu plus clairvoyants ou à l’écoute de leurs sensations vous diront qu’une chute, ça fait mal et aussi ça fait peur. Deux notions, pourtant bien réelles que l’on essaie toujours en tant que parents ou en tant qu’encadrants de minimiser. On essaie souvent de réduire la chute à un simple passage, disons désagréable, avec pleins d’avantages d’ailleurs. Alors qu’en vrai, une chute ça fait mal et ça fait peur.
Alors pourquoi se le cacher ? Pourquoi ? La réponse est simple et elle est générationnelle. J’ai 30 ans, euh non 35 ans… et je suis d’une génération qui a appris à cacher ses émotions. Notre éducation, stricte et autoritaire nous a appris à mettre un couvercle dessus, à ravaler et à serrer les dents. Ce qui fait qu’aujourd’hui quand notre enfant ou notre élève a mordu la poussière, notre premier réflexe serait de dire “ Mais non, t’as pas eu mal, t’as à peine touché le sol ! Allez, allez, sèche tes larmes ! ”. Nous avons en fait peur que jaillissent de l’enfant des émotions, que nous ne serons pas gérer car nous même n’avons pas eu le droit de les exprimer …Et dans notre cerveau, se met en place un circuit de stress.
Que se passe-t-il alors chez l’enfant qui est tombé ?
Sachez d’abord que l’enfant croit en vous, vous êtes son moniteur, son parent, sa tata … Bref vous êtes cavalier et vous êtes un modèle pour lui. Et donc, quand vous lui dites qu’il n’a pas vraiment eu mal, qu’il a juste eu un peu peur, il vous croit. Mais pourtant que ressent-il vraiment ? Il peut ressentir de la douleur, de la tristesse, de la colère aussi d’être tombé et de la peur envers son poney. Du coup, il se crée un décalage entre ce que l’enfant perçoit et ce que vous lui dites. Ce qui va créer chez lui un sentiment de mal être, de se sentir bizarre car il ne ressent pas ce qu’il faut. Et s’il s’écoutait vraiment, il n’aurait peut-être pas envie de remonter sur le poney.
Il y a alors deux possibilités : soit l’enfant perd la confiance qu’il avait en vous car il a l’impression que vous lui mentez, que vous minimisez ses émotions comme si elles étaient peu importantes. Ou alors, l’enfant va se déconnecter de son corps et de ses émotions petit à petit et va lui aussi apprendre à ravaler ses sentiments et à serrer les dents.
Que se passait-il pour vous quand vous tombiez de poney enfant ?
Moi je me souviens clairement de la réaction de mon moniteur … Il restait planté au milieu du manège, plié en deux “littéralement” car mort de rire. Mais alors vraiment plié de rire. Et après ? Et bien c’est tout. Il restait au milieu de son manège et reprenait son cours.
Que se passait-il pour moi (et pour les autres élèves)? Imaginez un peu,
Feb 23, 2018
4 min
![[Podcast] L’échauffement du cheval](https://cdn-images.podbay.fm/eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJ1cmwiOiJodHRwczovL2FkYWRhbW9uZGFkb3UuY29tL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDE5LzAxL2xvZ28taXR1bmVzLmpwZyIsImZhbGxiYWNrIjoiaHR0cHM6Ly9pczItc3NsLm16c3RhdGljLmNvbS9pbWFnZS90aHVtYi9Qb2RjYXN0czEyMy92NC84Yi80Ny8zNy84YjQ3MzdhYS1mYmQ5LWVjMzktOTg4ZS1kMjdlMTY4NGRlMmMvbXphXzU0NzgzMzcxMjkyNjM1MTQzMTguanBnLzYwMHg2MDBiYi5qcGcifQ.JK_TzCA6xtbV-JeSZ-2CyS74ixUsFZSxWntb2_NYy60.jpg?width=200&height=200)
L’échauffement du cheval
Ça y est, j’ai publié mon premier podcast ! Je vous parle aujourd’hui de l’échauffement de votre cheval.
Comment le structurer ? Quels exercices faire ? Pendant combien de temps ? Dans quels objectifs ?
L’intérêt du podcast, c’est que vous allez pouvoir l’écouter dans votre voiture, en vous rendant aux écuries ou même en préparant votre cheval !
Cliquez sur « play » pour l’écouter ou cliquez ici pour le télécharger directement ( par exemple pour l’écouter sur votre smartphone)
Bonne écoute.
Si vous avez ce tout premier podcast, partagez-le et commentez !
Oct 31, 2017
12 min

En équitation, il faut un certain temps pour acquérir la maîtrise de la position en équilibre. Trouver son équilibre sur les étriers requiert des qualités telles que le liant, la souplesse, une décontraction à toute épreuve, etc. Ces qualités ne font évidemment pas tout. Sans travail, point de résultat. Pour vous aider à améliorer votre position en équilibre, voici les 7 règles d’or à respecter.
La position en équilibre en 7 conseils. Transcription de la vidéo YouTube.
1- Régler correctement ses étriers
Avant toute chose, il est important de bien régler ses étriers. Monter à cheval doit se faire avec aisance, même quand vous êtes en position en équilibre. Des pieds bien installés dans leurs étriers sont les garants de votre stabilité à cheval.
Pour régler vos étriers correctement, je vous invite à prendre la malléole de votre cheville pour point de repère quand vous êtes à cheval. C’est la petite bosse qui ressort sur le côté extérieur de votre pied. Pour bien faire, vous devez placer le plancher de l’étrier 1 ou 2 trous au-dessus de votre malléole.
2- Garder de la souplesse dans les articulations
La souplesse est une qualité indispensable au cavalier. Vous devez imaginer que vos hanches, vos genoux et vos chevilles s’articulent comme des ressorts. Tout cet ensemble doit être souple et mobile. Grâce à l’élasticité de votre corps, vous allez pouvoir absorber les secousses du cheval. Elle vous permet donc d’évoluer en harmonie avec votre dadou.
3- Incliner ses talons vers le bas pour une bonne position en équilibre
Quel cavalier n’a pas entendu son moniteur d’équitation lui seriner « les étriers au bout des pieds, et les talons vers le bas ! ». En effet, ces recommandations sont essentielles, et particulièrement pour la position en équilibre.
Descendre vos talons vous permet de vous ancrer profondément dans votre selle. Le poids de votre corps se répartit ainsi dans vos jambes, et vous offre une stabilité maximale.
Les talons de la cavalière sont descendus
4- Garder les genoux ouverts
Ce point clé va de pair avec le précédent. En outre, c’est l’erreur que l’on observe le plus souvent chez les cavaliers. Effectivement, en serrant les genoux, ils ont l’illusion de mieux tenir sur leur selle. En réalité, c’est tout le contraire ! Pour être stable, ce n’est pas aux genoux d’être au contact de la selle, mais bien aux mollets ! Cela vous surprend ? Vous allez voir qu’à cheval, ça change tout !
Si mon cheval pile sur un obstacle, que se passe-t-il si vous serrez vos genoux ? Et bien, le bas de vos jambes se retrouvent complètement libres. Tout votre corps va donc pivoter autour de vos genoux, et vous serez catapulté vers l’avant de votre cheval.
Si, au contraire, ce sont mes mollets qui serrent les flancs du cheval, celui-ci pourra faire tout ce qu’il veut, vous n’aurez aucun mal à rester dessus.
Vous réalisez que vous commettez souvent l’erreur de serrer vos genoux ? Il est très difficile de se défaire de ce défaut. Pour vous y aider, je vous conseille d’exagérer le mouvement d’ouverture de vos genoux. Au fur et à mesure que vous ne verrouillez plus vos genoux sur la selle, et que ce sont bien vos mollets qui sont au contact du cheval, alors vous pourrez ramener doucement vos genoux en contact léger avec la selle, mais sans serrer évidemment !
Oct 29, 2017
7 min
