C’est l’histoire d’une poudre blanche baptisée Sniffy. Une poudre blanche qui s’inhale par le nez et qui donne un effet énergisant instantané. Ça vous rappelle peut-être quelque chose ? C’est normal, car Sniffy, vendue en petits flacons, ressemble à s’y méprendre à de la cocaïne, à ceci près que le produit est légal.
Disponible en vente libre dans les bureaux de tabac en France depuis quelques semaines, Sniffy rend dingue l’association Addiction France qui est vent debout contre le produit. Mais où est le problème, puisque le produit est autorisé ?
Il y en a plusieurs, et le premier, c’est justement sa ressemblance avec la cocaïne. Fabriqué à Marseille, le produit entretient l’ambiguïté autour de cette ressemblance. Il flirte avec les codes de la cocaïne et du geste du snif au point de contribuer à sa banalisation, selon Addiction France.
De plus, Sniffy, qui emprunte au marketing des boissons énergisantes, s’adresse avant tout à une clientèle jeune, avec des emballages aux couleurs vitaminées et des parfums de menthe, de citron vert, de fruit de la passion ou encore de fraise bonbon. De quoi alimenter la dépendance.
Quant au contenu du produit, le site de l’entreprise qui a inventé la poudre indique que Sniffy contient de la caféine, de l’arginine, de la créatine, mais aussi de la taurine, que l’on retrouve dans la plupart des boissons énergisantes.
Cette situation inquiète, bien sûr, les autorités. Le Ministre délégué chargé de la Santé, Frédéric Valletoux, a qualifié cette poudre de « cochonnerie » et a affirmé sa volonté de l’interdire. La Confédération des buralistes s’est, elle aussi, dite opposée à la vente du produit, qui reste malgré tout encore disponible dans certains points de vente et en ligne et il connaît même depuis quelques jours des ruptures de stocks.
Un succès pour le moins inquiétant.
Photo : sniffyfrance.fr



