C’est la dernière trouvaille ou provocation de la Corée du Nord à l’encontre de sa voisine du sud : des ballons de merde. Et non, ce n’est pas une expression, ni une métaphore…
Ces derniers jours, la Corée du Nord a envoyé au-dessus de la Corée du Sud des ballons au bout desquels étaient accrochés des sacs remplis d’excréments et de déchets en tous genres, parfois accompagnés de tracts de propagande.
Ces ballons-poubelles, environ 260, d’un diamètre de 3 à 4 mètres, appelé aussi « Cadeaux de sincérité »par Pyongyang, ont survolé l’espace aérien de la Corée du Sud pour atteindre les provinces les plus méridionales de la péninsule avant d’exploser et donc de libérer leur chargement malodorant. Un procédé bien moins risqué qu’une action militaire ouverte, mais qui n’en constitue pas moins une nouvelle tentative d’intimidation et même de déstabilisation, puisque ce sont plusieurs centaines de Sud-coréens qui ont subi cet assaut d’excréments.
Il est très tentant d’en rire, surtout quand on n'est pas concerné, mais cette « attaque » laisse poindre le spectre d’une redoutable guerre psychologique. La Corée du Sud, qui évoque une action inhumaine et grossière, a ainsi conseillé aux habitants des zones concernées de s’abstenir de toute activité en plein air.
Pour finir, il convient de préciser que ce type d’attaque n’est pas nouveau. C’est une méthode fourbe vieille de 70 ans et la Corée du Nord n’a pas procédé au lancement de ces ballons par hasard. Il s’agissait, selon Pyongyang, d’une réponse aux associations de réfugiés nord-coréens qui se trouvent au sud et qui lancent régulièrement, parfois à l’aide de ballons, des tracts vers la Corée du Nord pour en dénoncer le régime.
Il parait même que ces réfugiés font parvenir au nord des médicaments interdits et des clés USB chargées de clips de K-Pop, un genre musical banni en Corée du Nord.
Une attaque qui souligne le malaise encore présent dans le régime autoritaire de la Corée du Nord.
Photo : Ballon d’excréments le 28-29 mai, province de Chungnam, Corée du Sud. Handout / South Korean Defence Ministry / AFP



