Parlons des choses qui, peut-être, vous fâchent : le lundi de Pentecôte. Cette journée est soit une journée de solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées, auquel cas, vous travaillez sans être payés, soit votre employeur considère ce jour comme un jour légalement férié, mais pas chômé, et peut vous imposer de travailler en étant payé comme d’habitude. Pour autant, le plus souvent, les salariés posent une journée de RTT pour en profiter.
Ce débat sans fin sur le lundi de Pentecôte nous rappelle qu’une grande entreprise chinoise a décidé d’offrir dix jours de « congés malheur » à ses employés.
Située dans la province chinoise du Henan, la chaîne de supermarché Pang Dong Lai prend particulièrement soin de ses salariés. En témoigne la mise en œuvre des « congés malheur ».
Quand bien même votre métier vous fascine, quand bien même vous aimez votre entreprise, vos collègues, il y a, malgré tout, des jours où vous n’avez tout simplement pas envie, des jours où votre seul désir est de rester couché. C’est là qu’intervient le « congé malheur ». Il s’agit d’un système permettant aux salariés de Pang Dong Lai de prendre une journée s’ils n’ont pas le moral afin de prendre soin d’eux.
Chaque salarié de la chaîne de supermarché dispose de 10 journées de malheur par an. Cela vaut évidemment pour une baisse de régime temporaire. Si le mal-être est durable, relevant d’une forme de dépression ou d’un burn-out, il faut envisager d’autres options, car ce n’est pas une journée ou deux qui vous remettront en selle.
Les chefs d’équipe de la chaîne Pang Dong Lai n’ont normalement pas le droit de refuser un congé malheur à un·e salarié·e. Ces dernières et derniers n’ont même pas à se justifier.
Il est assez étonnant que ce genre d'initiatives nous vienne de Chine, un pays dont le monde du travail est souvent résumé au nombre 996, qui désigne un système dans lequel beaucoup d'entreprises obligent leurs employés à travailler de 9h du matin à 9h du soir. Cela correspond à 6 jours par semaine alors que cette pratique est pourtant illégale. L'initiative de la chaîne Pang Dong Lai est donc à saluer avec d'autant plus d'enthousiasme.
Cependant, il ne s'agit pas de croire que cette initiative va tout résoudre et que le moral des travailleurs va remonter en un clin d'œil. La mesure contribuerait malgré tout à la levée des tabous autour des problèmes de santé mentale, puisqu'elle aiderait chaque individu à ne plus taire son éventuel mal-être.



