C’est l’histoire d’un portail vidéo qui fait beaucoup parler de lui.
Depuis le 8 mai, New York et Dublin sont reliés par une œuvre d’art singulière. Il s’agit de deux grands écrans circulaires de plus de deux mètres de large, pesant chacun plus de 3 tonnes, qui permettent aux habitants de ces deux villes de se voir grâce à une webcam. Les habitants peuvent ainsi interagir en temps réel, 24h sur 24, malgré le décalage horaire, puisque 4 800 kilomètres séparent New York de Dublin. De se voir, mais pas de s’entendre, car il n’y a pas de son.
Signée Benediktas Gylys, l'œuvre devenue virale sur les réseaux a pour but de briser les frontières.
Le concept n’est pas nouveau. En 2021, l’artiste lituanien avait déjà relié Vilnius en Lituanie et Lublin en Pologne grâce aux mêmes portails. Mais si la première performance avait été un succès, cette fois, ce n’est pas la même limonade. Au début, les interactions entre new-yorkais et dublinois étaient fugaces, ludiques et bon enfant. Or, très vite, les comportements inappropriés ont fini par occuper beaucoup d’espace.
On a vu, pêle-mêle, des femmes et des hommes montrer leur intimité, des gestes totalement déplacés type doigts et bras d’honneurs qui ont très vite remplacé les cœurs de circonstances et les échanges de numéros de téléphone. Mais il y a beaucoup mieux encore, et plus grave surtout. Alors que beaucoup d’enfants traînent autour de ces écrans géants, un irlandais n’a rien trouvé de mieux que de montrer un film porno via son smartphone. Une irlandaise ivre a été arrêtée par la police alors qu’elle se frottait à l’écran, le tout évidemment visible depuis New York. Dernier exemple, un Irlandais a même brandi une photo du 11 septembre.
Ce phénomène porte un nom, il s’agit de « l’effet de désinhibition en ligne ». Si les comportements inappropriés sont évidemment beaucoup moins nombreux que les interactions classiques, ils sont amplifiés par les réseaux sociaux et font beaucoup parler d’eux.
Pour le moment, il n’est pas question d’arrêter l’expérience, on envisage même de l’étendre à d’autres villes, au Brésil notamment. Pourtant, la situation a tellement dégénéré que l’installation, baptisé « Portail vers l’Enfer » par la presse américaine, a été mise en veille le temps d’y apporter de soi-disant corrections techniques.
Photo : Portals.com sur le site de Benediktas Gylys



