« Parce qu’il est là. » Ce sont les quatre mots les plus célèbres de George Mallory, des mots prononcés lors d’une conférence à New York. L’alpiniste britannique répondait à des journalistes qui lui demandaient pourquoi il voulait absolument escalader l’Everest, il répondait : « parce qu’il est là ».
Légende de l’alpinisme, le Britannique George Mallory, un des tout premiers alpinistes à tenter de gravir l’Everest dans les années 1920, est décédé le 8 juin 1924 à l’âge de 37 ans. Du moins, on pense qu’il est décédé le 8 juin 1924, car nous n’en savons rien. Cette date correspond à la dernière fois où il a été aperçu sur la crête nord de l’Everest. A-t-il vécu plus longtemps ? A-t-il réussi, avec son collègue Andrew Irvine, à accéder au sommet du célèbre mont himalayen ? On n’en sait rien.
Une certitude, ils ont disparu tous les deux ce jour-là. Contrairement au corps d'Andrew Irvine, celui de George Mallory a été retrouvé en 1999 sur la face nord de l’Everest à 8 290 mètres d’altitude et sans son appareil photo, une pièce manquante qui aurait pu apporter la preuve de leur succès.
Si le succès de l’expédition de Mallory et Irvine reste un mystère à ce jour, on en sait un peu plus sur l’avant-expédition que George Mallory a évoqué dans plusieurs courriers adressés à sa femme. Ces lettres, qui viennent d’être numérisées, donnent un aperçu rare de l’homme derrière la légende et éclairent le côté sombre de sa quête intrépide. À l’époque, peu imaginaient gravir l’Everest et les deux amis comptent parmi les premiers alpinistes à s'être lancés dans l'aventure.
Ces courriers poignants, saisissants, révèlent les défis, la détermination, l’optimisme, les espoirs, les doutes, les craintes et les peurs de George Mallory alors qu’il se préparait à l’ascension de la montagne la plus redoutable du monde. Il exprime ainsi ses préoccupations quant aux chances de succès de son expédition. « Les chances sont de 50 contre 1 contre nous » confesse-t-il, bien conscient du danger.
Les lettres numérisées de Mallory offrent un aperçu précieux de l’homme dont la quête, bien que tragiquement interrompue, continue aujourd’hui et à inspirer les jeunes générations d’alpinistes.
Photo : George Mallory sur le sommet de l’Aiguille Verte en France en 1909. Herald SUN, AFP.



