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"Quand dans nos urines on retrouve dix fois, voire trente fois, la dose qui est admissible dans l'eau potable, on est en droit de se poser des questions" dénonce Jacky Berrahil, co-organisateur de Campagne Glyphosate 33.
Le mouvement des pisseurs involontaires de glyphosate est né en Ariège, à la suite du procès de faucheurs volontaires d'OGM. Ces militants présents partout en France détruisent des parcelles d'essais transgéniques pour manifester leur opposition à l'utilisation des OGM dans l'agriculture.
"En Ariège, les camarades faucheurs ont pensé à faire analyser leurs urines, et à leur grande surprise ils se sont retrouvés avec des taux impressionnants de glyphosate", explique Jacky Berrahil.
Des taux de concentration bien supérieurs aux seuils tolérés dans l'eau potable
La campagne s'est ensuite étendue à d'autres départements. En Gironde, 137 personnes d'horizons divers ont accepté de se faire tester. Et le résultat est stupéfiant : 100% des personnes testées en Gironde avaient du glyphosate dans leurs urines.
"Les taux les plus faibles sont autour de 0,15 nanogramme par millilitre, et les plus élevés de 3,52 nanogrammes par millilitre, ce qui est vraiment énorme en fait", alerte le militant. A titre de comparaison, les normes en vigueur en France fixent à 0,1 nanogramme par millilitre le seuil de présence de n'importe quel pesticide dans l'eau de boisson.
"A part le Médoc où il y a eu pas mal d'employés de vigne, partout ailleurs [les pisseurs] sont des gens qui avaient un emploi dans n'importe quel type d'activités et pas spécialement dans l'agriculture. Ce qui prouve que la contamination est généralisée et qu'elle n’atteint pas que les personnes proches de l'agriculture. Vraisemblablement, par l'air, par l'eau que nous buvons, nous sommes tous contaminés à des degrés divers" alerte Jacky Berrahil.
Dépôt de plaintes et rassemblement
Objectif de l'action ? Dénoncer la décision européenne de renouveler l'autorisation du glyphosate fin 2017 et la responsabilité des firmes, organisations et personnalités politiques qui ont contribué à cette décision.
5000 à 6000 plaintes ont déjà été déposées dans toute la France. Les pisseurs involontaires girondins vont déposer plainte collectivement mercredi 24 juin. Un rassemblement de soutien se tiendra à partir de 13h30, devant le palais de justice, 30 rue des Frères Bonie à Bordeaux.
L'interview avec Jacky Berrahil est à retrouver en intégralité dans le podcast ci-dessus.
Photo de Une : Épandage près d'un point de captage d'eau à Oberhausbergen (près de Strasbourg), par Rue89Strasbourg

