Invités :
· Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au CEVIPOF, enseignant à Sciences Po
· Daïc Audouit, journaliste politique
· Jean Garrigues, historien, président du Comité d’histoire parlementaire et politique
· Nathalie Mauret, journaliste politique pour le groupe de presse « Ebra »
Selon les derniers sondages, la droite (LR) et la gauche (PS) sont, comme 2017, éliminées du second tour. Comment expliquer le désamour pour les partis traditionnels ?
A gauche, la candidature d’Anne Hidalgo ne décolle pas. Créditée entre 5 et 6% des intentions de vote dans les sondages, elle vise le même électorat que Yannick Jadot, le candidat écologiste, bel et bien prêt à partir à la conquête de l’Élysée. Galvanisé par sa victoire à la primaire d’Europe écologie les Verts, Yannick Jadot veut surfer sur cette vague.
Cette tendance se vérifie dans les récents sondages. Selon une étude Odoxa pour Le Figaro publiée le 7 octobre dernier, parmi les candidats de gauche, ce sont Yannick Jadot (25%) et Jean-Luc Mélenchon (24%) qui arrivent en tête de l’adhésion des sympathisants PS et écologistes. Anne Hidalgo ne récolte que 15% et arrive en troisième position.
De plus, le Parti socialiste a perdu une partie de son électorat historique : la classe ouvrière et le vote rural, qui se détournent de plus en plus vers Marine Le Pen.
A droite, le Rassemblement national et Éric Zemmour viennent perturber tous les équilibres. A six mois du scrutin, Les Républicains, parti historique de droite qui a donné tant de président à la France, n’a toujours pas de candidat officiel. Contrairement à Nicolas Sarkozy en 2007, Xavier Bertrand ne parvient pas à s’imposer comme le leader naturel au sein de son camp. « Il a été percuté par l’arrivée médiatique d’Éric Zemmour qui a capté une partie de l’électorat des Républicains », analyse Nathalie Mauret.

