Double Ta Valeur
Double Ta Valeur
Olivier Lambert
Chapitre 5 – Comment devenir drastiquement plus efficace.
51 minutes Posted Feb 24, 2021 at 10:14 pm.
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 “How you do anything is how you do everything”
La première fois que j’ai entendu la phrase, je dois avouer que j’étais un peu perplexe. Je me suis dit: “tiens, un autre plouc analphabète qui essaie de se rendre intéressant en publiant des aphorismes ésotériques sur sa page Facebook.”
How you do anything is how you do everything se traduit en bon français par “tu fais tout de la même façon que tu fais n’importe quoi”. Je crois qu’on peut s’entendre pour dire que ça sonne bizarre, alors on va garder ça en anglais pour le reste du chapitre.
De retour devant mon ordinateur à procrastiner en défilant mon fil d’actualité Facebook, je relis la citation plusieurs fois dans l’espoir d’être frappé d’une profonde épiphanie… J’essaie vraiment fort, mais rien ne vient. Je défile encore. Tiens, un vidéo de chat! *J’aime*
Ça m’aura pris un an, une relation de couple et 5 000 $ pour que cette épiphanie m’atteigne enfin.
Un étranger face à soi-même
Rares sont les gens qui disent “à l’instant même, ma vie est parfaite et je veux que rien ne change”. On a tous une idée, un idéal, de ce qu’on aimerait devenir comme personne ou du style de vie qu’on souhaiterait atteindre. Qu’il s’agisse de perdre un peu de poids, d’arrêter de fumer, de lire un livre, d’acheter une maison, de quitter son emploi ou même de gagner à la loterie…
On a tous une image, une vision de ce à quoi la vie parfaite pourrait ressembler. Si tu lis ce livre, alors probablement que ta vision du futur inclut un bureau vitré en coin, un salaire dans les six chiffres et une Tesla S (il faut bien sauver la planète!). Peut-être que je me trompe aussi, mais là n’est pas la question. Le “toi futur” que tu imagines est une version 2.0 de toi. Une formule améliorée et complètement redessinée.
C’est tout à fait normal, on appelle ça “être optimiste”. Le problème, c’est que lorsque tu imagines cette version de toi-même, tu ne crois pas “vraiment” qu’il s’agit de toi. Du moins, c’est ce qu’a découvert Hal Hershfield, un sociopsychologue de l’UCLA, alors qu’il mesurait les ondes cérébrales des gens après leur avoir demandé de s’imaginer dans 10 ans. Selon ses recherches, on pense à notre “futur moi” de la même façon que l’on pense à un étranger.
Résultat? Notre “moi présent” ne fait absolument rien pour n’avoir ne serait-ce qu’une infime chance de ressembler à notre vision ambitieuse du boss qu’on fantasme si ardemment devenir. On s’imagine qu’on va magiquement se transformer en dieu soleil tout en se disculpant de tout effort en trouvant des barrières hors de notre contrôle nous empêchant d’être cette personne dans l’immédiat.
En d’autres mots, tu pourrais bien gagner 300 000 $ par an, mais ton boss est tellement épais que ça ne risque pas d’arriver de sitôt! Puisque ce n’est pas de ton ressort, alors tu n’as pas vraiment à te sentir mal si tu n’agis pas tout de suite. Et puisqu’on pense à notre futur nous comme étant un badass parfait, c’est certain que LUI va être capable de trouver la solution!
Et pas besoin de se projeter 10 ans dans le futur pour constater les effets ravageurs de ce phénomène. On se dit tous des trucs comme “cet été j’aurai moins de travail, je pourrai me remettre en forme”, “après ce dernier projet, je vais me concentrer plus sur ma famille”, “on est dans le rush de Noël, mais après je vais avoir le temps de lire”. La formule va comme suit: “après X contraintes, je pourrai atteindre Y résultats”.
Le pire dans tout ça, c’est qu’on est toujours complètement sincère. On se ment éhontément et on aime ça. La promesse de changement est l’illusion qui nous enchaîne à la version présente de nous-mêmes. Pour se rendre compte qu’il s’agit d’un paquet de conneries, ça prend une conscience de soi légendaire. D’où l’importance de partager ce livre à un ami et d’avoir un complice de développement personnel qui va avoir l’honnêteté de te dire “si tu ne t’inscris pas au gym aujourd’hui, tu ne le feras probablement pas dans 6 mois, alors aussi bien arrêter d’y penser et accepter que tu es une grosse merde fainéante”.
Des amis comme ça, ça vaut de l’or!
Un cerveau sur l’autopilote
Je devrais probablement consulter un psy puisque j’ai la fâcheuse tendance à vouloir “aider” tout le monde, plus particulièrement mes proches. C’est sûrement ce qui explique mon intérêt envers l’éducation et pourquoi je blogue et crée autant de contenu. Bref. J’avais une petite copine qui, à l’époque, travaillait dans un centre d’appel pour un salaire pas très impressionnant.
Elle suivait beaucoup d’entrepreneurs sur le web et rêvait d’avoir une chaîne YouTube prolifique lui permettant de devenir riche et célèbre. Malheureusement, elle gagnait à peine assez d’argent pour s’acheter l’équipement nécessaire et ses cartes de crédit étaient déjà en train de déborder.
Elle était motivée, lisait Napoleon Hill, écoutait Tony Robbins et rêvait de devenir une “Girl Boss”.
Puisque je vis au Québec et que je déteste l’hiver, j’hiverne souvent sur une plage — l’avantage d’avoir une entreprise sur le web.
Janvier arrive et je propose à ma copine d’aller vivre trois mois en Asie du Sud. Naturellement, elle me répond qu’elle n’a pas l’argent pour faire ça. Je la rassure et lui dis que je vais payer pour tout à une condition: elle doit en profiter pour démarrer son entreprise et quitter son emploi à son retour. 
Elle est motivée, c’est la chance qu’elle attendait. Elle me dit oui et on book notre vol — ça va être tout un voyage!
C’est à destination que j’ai commencé à comprendre… How you do anything is truly how you do everything.
J’ai dû retirer toutes les embûches de son chemin et lui tenir la main pour la faire avancer vers son objectif pour me rendre compte du sens de cette phrase.
Nous sommes des créatures d’habitudes. Si tu n’as pas l’habitude d’être passionné par ton travail, retirer tes embûches ne va pas magiquement faire de toi une personne passionnée. Si tu coupes les coins ronds dans une job que tu n’aimes pas, tu ne vas pas magiquement être perfectionniste en changeant de travail.
On est la somme de nos habitudes de vie. On ne se réveille pas magiquement un bon jour en étant une personne différente. On a un bagage qui nous suit: les mauvais plis (et les bons) qu’on développe et qu’on traîne au fil du temps.
Une habitude de vie, c’est un peu comme un autopilote. Lorsqu’une situation familière se présente, notre cerveau cherche un programme qu’on connaît bien et part la cassette. Faire autrement demande une dose de contrôle personnel difficile à maintenir.
Les habitudes qui nous retiennent dans une chose (comme vouloir perdre du poids) vont souvent être les mêmes habitudes qui vont nous nuire dans les autres sphères de notre vie. Ce qui veut dire que régler une habitude problématique dans ta vie professionnelle a des répercussions positives sur ta vie personnelle et vice versa.
C’est pourquoi il faut faire attention pour ne pas se retrouver trop longtemps dans des situations si désagréables qu’elles nous transforment — comme une relation de couple qui nous rend malheureux ou un travail qui nous ne motive pas. Lentement mais sûrement, ces situations vont changer nos habitudes de vie pour faire de nous de moins bonnes personnes. Tout ça à notre insu.
Comme un cancer qui se développe sournoisement, on s’en rend souvent compte lorsque les symptômes commencent à se présenter: problèmes financiers, chicanes de couple, difficultés professionnelles, isolement…
La solution face à ce genre de situation n’est pas nécessairement de s’en détacher — ça peut aider, mais le mal est déjà fait. Il faut plutôt avoir de l’empathie envers soi-même, réaliser qu’on a du travail à faire et investir quelques mois à repasser nos mauvais plis. En théorie, les situations désagréables vont progressivement se transformer pour le mieux. Si elles ne se résolvent pas naturellement, alors elles vont devenir instables et se terminer d’elles-mêmes (renvoi, rupture, etc.).
Si tu es dans ce genre de situation et que tu ne vois pas comment les choses pourraient s’améliorer, alors je te recommande (pour le bien-être de ta santé mentale) de prendre la responsabilité d’y mettre fin. Au moins, tu auras la fierté d’avoir terminé ça en tes propres termes et ça va t’éviter de tomber dans une mentalité de victime.
Bref, peu importe ta situation, c’est important de comprendre que la loi du 80/20 s’applique également à nos habitudes de vie. Une poignée d’entre elles sont responsables de la majorité des gains possibles en productivité. Puisque productivité est synonyme de production de valeur, alors ces habitudes sont universelles et s’appliquent à toutes les sphères de ta vie.
Dans le reste de ce chapitre, je vais pointer du doigt trois habitudes de vie de marde. Je vais non seulement t’expliquer comment t’en débarrasser, mais également par quoi les remplacer. 
Ces habitudes de vie sont sournoises puisqu’elles proviennent de croyances populaires (malheureusement fausses). Probablement que la lecture des pages qui suivent va réveiller un sentiment de scepticisme en toi. Ton esprit va être particulièrement distrait et tu vas ressentir l’urgence de regarder tes notifications sur ton téléphone. C’est normal. C’est la résistance à l’oeuvre. Ne t’inquiète pas, on va en parler plus en détail dans le prochain chapitre. Mais pour contrer cet effet, je t’invite à prendre deux minutes pour regarder ton téléphone et ensuite mettre ta sonnerie à silencieux. Dans la vie, rares sont les choses qui ne peuvent attendre que tu finisses ta lecture de quelques pages.
Je t’invite aussi à faire un effort additionnel pour chercher la présence et l’impact de ces habitudes, autant dans ta vie que celle des autres. On est tous imparfaits, il n’y a aucune honte à être humain. La seule honte se trouve à être un humain imparfait qui refuse d’évoluer, car il est convaincu d’être parfait!
Pour une lecture plus approfondie sur les habitudes de vie, je te recommande fortement le best-seller “The Power of Habits” par Charles Duhigg.
Le mensonge de la visualisation
L’histoire d’un mégalomane saoul
“2.5 millions, c’est moins cher qu’on pense!”
Guillaume (mon cousin/meilleur ami) me regarde et peine à retenir son fou rire. “Ah ben oui! Juste 2.5 millions, à ce prix-là t’en prends deux!” Jean-François (mon autre cousin) arrive au même moment. “De quoi vous parlez? — Ah ben… Olivier est en train de me montrer l’île qu’il veut acheter quand il va être riche!”
Je prends une autre sip de scotch, reprends mon sérieux et continue. “Attends, c’est pas ça le plan. Je commence par acheter l’immeuble où j’habite pour faire 2-3 petits changements… Imagine que je fais une terrasse sur le toit et que je mets un spa. Faque là, on est là, dans le spa, avec 2 ou 3 top modèles (évidemment) et, alors que tu te retournes la tête pour remplir ton verre de champagne, tu te fais accueillir par la vue de mon héliport avec mon hélicoptère. BAM!”
J-F me regarde avec ses yeux de “Eille, come on dude” et me lance d’une voix hésitante “Ouain, pas certain que tu aies le droit de faire atterrir un hélicoptère au centre-ville comme ça”.
Il a raison, j’ai fait mes devoirs. Je dois avouer mon hyperbole. “Tu as raison… Ça me fait vraiment chier. MAIS, j’ai trouvé la solution. On reste sur le bord du port, alors j’ai juste à m’acheter un yacht avec un helipad!”
Guillaume part à rire, J-F se met la main sur les yeux.
“C’est là que l’île entre en jeu! Comme ça, je pourrais rentabiliser mon yacht ET mon hélicoptère!”
Pour mes deux amis, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Je les comprends, j’avoue moi-même que mon plan est (un peu) ridicule. Le plus drôle, c’est qu’ils savent que, malgré tout, une petite partie de moi pense sérieusement à tout ça… Du moins, assez pour regarder les prix et m’informer pour obtenir un permis de pilotage.
En quoi est-ce que ma mégalomanie a à voir avec les mauvaises habitudes de vie? Bonne question. J’y reviens…
Optimiste ou réaliste?
En 1999, deux chercheurs ont fait une découverte fascinante en suivant trois groupes d’étudiants pendant une semaine avant leurs examens de mi-session. L’expérience se déroulait comme suit… Le premier groupe devait faire un exercice de visualisation avant chaque session d’étude. Lors de cette session de visualisation, les étudiants devaient imaginer la sensation et l’expérience de recevoir une note parfaite. Les participants du deuxième groupe, quant à eux, devaient faire les mêmes exercices de visualisation, mais cette fois-ci en imaginant le processus, c’est-à-dire le travail nécessaire pour atteindre une note parfaite. Finalement, le troisième groupe était un groupe contrôle et n’avait rien de particulier à faire.
Les résultats ont pris nos deux chercheurs par surprise. Non seulement le groupe B (visualisation du processus) a surpassé les groupes A et C, mais le groupe A (visualisation du résultat) a performé moins bien que le groupe contrôle! D’autres études ont par la suite confirmé ce phénomène.
Il semblerait que l’action d’imaginer le résultat anticipé trompe notre cerveau à penser qu’on ait déjà atteint cet objectif, réduisant ainsi notre motivation à agir dans l’immédiat.
Au contraire, visualiser le processus nous aide à planifier l’atteinte de l’objectif. Ce plan nous rassure sur la faisabilité de notre projet, ce qui réduit notre anxiété et augmente notre confiance.
Même un rêve fou se planifie.
Gary Vaynerchuk est présentement l’un des entrepreneurs les plus influents dans le monde des médias aux États-Unis. Son parcours est, disons… intéressant! Né en Union soviétique, sa famille a immigré aux États-Unis alors qu’il n’était qu’un bébé. À 24 ans, il reprend la business de son père (un magasin de vin) et amène l’entreprise de 1 à 50 millions de chiffre d’affaires annuel en cinq ans. Il a écrit quatre New York Times Best Sellers et a fondé une agence numérique qui gère la présence web de compagnies dans les Fortune 500 telles que GE et PepsiCo. Il a également fait partie des premiers investisseurs dans Facebook, Twitter, Tumblr & Uber.
Bref, Gary est un gars intense. Par exemple, il dit souvent que son rêve est d’acheter les New York Jets, une équipe de football évalué à 1,23 milliard.
Tout ça semble bien, mais maintenant que tu sais que la visualisation d’un objectif ambitieux n’aide pas vraiment, c’est à se demander ce qu’il y a de spécial avec Gary.
Lors de sa première entrevue avec Larry King, il explique la raison derrière son rêve fou: “Je vais sans doute mourir sans avoir atteint cet objectif et ça ne me dérange pas. Acheter les jets n’est pas le point. Ce qui importe, c’est le processus qui va m’amener à acheter les jets.”
Se fixer un objectif précis et ambitieux (comme acheter un yacht, perdre du poids ou même arrêter de fumer) n’est que la première étape — c’est comme se fixer une destination. La deuxième étape est de se faire un plan qui va nous permettre d’atteindre cette destination.
Planifier, c’est amener le futur dans le présent pour qu’on soit en mesure d’y avoir un impact maintenant. — Alan Lakein
Lorsque Gary s’imagine acheter les Jets, il s’imagine aussi se lever à 5 h tous les matins et travailler 13 h par jour.
Au moment où j’écris ces lignes, on est le 24 décembre et il est 8 h du soir. Je ne suis pas obligé d’écrire et je n’ai pas besoin de ce livre pour vivre. Cependant, il joue un rôle bien précis dans un plan machiavélique de domination mondiale. Lorsque je visualise mon île, je visualise également les sacrifices qui viennent avec.
Et pas juste les sacrifices, mais aussi mes propres manques personnels. Je visualise les matins où je n’aurai pas le goût de me lever, les soirs où j’aurai à dire non à mes amis pour travailler, les moments où j’aurai à dire non alors que j’aurais le goût de dire oui.
Il faut prévoir les événements négatifs qui vont se trouver sur notre chemin, les planifier et les anticiper. C’est le seul moyen de s’en prémunir et d’être prêts lorsque l’inévitable va arriver.
La culture et sa pseudo science à 2 cents.
“S’il t’arrive un accident de voiture, c’est parce que tu l’as attiré avec ta pensée. Les pensées possèdent leur propre plan d’existence qui est régi par la loi de l’attraction. Les pensées similaires s’attirent et influencent le monde physique.”
Personnellement, je pense qu’il faut être complètement taré pour croire un tel ramassis de bullshit. Malheureusement pour moi, il semblerait que les 19 millions de personnes ayant acheté “Le Secret” par Rhonda Byrne ne partagent pas mon opinion.
Ce livre est probablement la figure la plus proéminente d’un nouveau courant de pensée populaire sur le positivisme. Selon eux, la visualisation joue un rôle hyper important dans l’accomplissement de soi. Si on visualise ce qu’on désire, notre vie va magiquement se transformer pour concrétiser notre vision.
Le point que j’ai voulu faire dans les dernières pages est: laisse ces âneries aux hippies. La visualisation d’un monde idéal et parfait n’est pas une promesse de changement, mais plutôt un moyen de défense inconscient que notre corps utilise (avec beaucoup d’efficacité) pour combattre l’anxiété générée par une situation (et non pour changer ladite situation).
Voici un extrait de Willpower Instinct par Kelly McGonigal. Elle y explique le “syndrome des faux espoirs”. Je trouve ça pertinent à notre réflexion:
D’un point de vue “bonheur généré”, on peut difficilement comparer l’effort de changer à l’excitation générée par l’action d’imaginer qu’on va changer. C’est non seulement plus facile, mais beaucoup plus agréable de contempler la promesse de changement, sans avoir à gérer le trouble que ça implique. C’est pourquoi plusieurs personnes vont abandonner très rapidement, seulement pour réessayer quelques semaines plus tard. Elles préfèrent recommencer encore et encore plutôt que de trouver un moyen permanent pour changer. Le high qu’on reçoit lorsqu’on imagine son propre makeover est une drogue difficile à quitter. (P.152)
Plus tard, on peut également lire: 
Le suroptimisme mène à l’échec, ce qui entraîne un sentiment de culpabilité et d’anxiété. En réponse, notre cerveau déclenche des habitudes pour atténuer ces émotions négatives (comme procrastiner, manger, consommer, etc.).
C’est normal, voire très sain d’avoir des rêves ambitieux. Cependant, il existe une distinction importante entre réalisme et optimisme. Le premier va t’amener du changement (et beaucoup de travail) tandis que l’autre ne sert qu’à te faire oublier ton mécontentement face à ta propre situation.
Le premier réflexe à avoir lorsqu’on se prend en train de rêvasser à un monde parfait est de déconstruire cette réalité et de calculer exactement tout ce qu’il faut faire pour la concrétiser.
Calcule tout! Le temps que ça va prendre, l’argent dont tu vas avoir besoin, les contacts que tu vas devoir faire.
J’ai souvent fait de la consultation avec des entrepreneurs qui veulent plus de résultats et je dois avouer que ça me sidère à quel point peu de personnes ont cette habitude.
On va me dire quelque chose comme “j’aimerais faire 10 ventes par jour”. À quoi je réponds “Quel est ton coût par prospect (coût publicitaire pour avoir un contact intéressé à acheter) et quel est ton taux de conversion (pourcentage des prospects qui finissent par devenir client)?”
On me répond souvent quelque chose qui tourne autour de 3 $ et 5 %.
Avec ces chiffres, on peut dire que ça coûte en moyenne 60 $ faire une vente et que, pour en faire 10 par jour, il va falloir investir 600 $ par jour en publicité. Lorsque je dis ça, la personne me regarde, la bouche ouverte, et répète mes derniers mots avec hésitation: “600 $… par jour?!
— Yep, 220 000 $ en publicité par année. Et probablement plus autour de 440 000 $ parce que le coût double souvent lorsqu’on met une campagne publicitaire à l’échelle comme ça! Donc 1 200 $ par jour.”
Leur regard pétillant d’ambition devient flat comme un rhum & coke trop fort… Ils aiment fantasmer à l’idée de faire 10 ventes par jour (ce qui équivaut à plusieurs milliers en profits), mais chignent lorsque j’explique qu’ils vont devoir risquer une bonne partie de leur argent pour atteindre cet objectif.
Pour réussir, il faut dire oui à UN rêve, le déconstruire et s’engager à le prioriser sur tout le reste.
Lorsque tu vas manquer de motivation (parce que ça va arriver), passe cinq minutes à rêvasser à ton objectif avant de te rappeler que cette réalité future n’est possible que si tu exécutes ton plan à la perfection dans le présent.
Pour te motiver encore plus, imagine que tu te regardes à travers les yeux de ton “futur moi”, le boss qui a tout ce que tu as toujours rêvé. Mets-toi à sa place et observe-toi, là sur le divan,  à manger des Cheetos en écoutant “Célibataires et nus”. Regarde-toi bien et juge-toi.
Il est possible que tu te sentes coupable. Il faut donc anticiper que ton corps veuille atténuer ce sentiment à travers une routine (ex.: accompagner tes Cheetos d’une coupe de vin). Résiste à cette tentation, rappelle-toi du plan et passe à l’action.
Et si ce n’est pas assez, fais-toi peur en imaginant le pire scénario possible qui te guette. Imagine-toi finir ta vie dans une job qui te donne le goût de te pendre, vivre chaque jour avec un/une partenaire que tu n’aimes pas, et devoir te réconforter à travers l’alcool cheap, la bouffe grasse et Netflix.
Analyse la trajectoire de ta vie. Regarde bien tes deux ou trois dernières années, car elles sont une bonne indication d’où elle se dirige.
Demande-toi: si chaque journée de ma vie est exactement comme aujourd’hui, est-ce que je vais atteindre mes objectifs dans le temps souhaité? Si oui, alors tu peux écouter ton émission niaiseuse sans remords. T’as fait une belle job, tu peux même te verser un scotch avec ça! Mais si la réponse est non, demande-toi ce que tu devrais changer à ta routine quotidienne pour corriger la trajectoire de ta vie.
Jim Rohn disait quelque chose comme “Manger du fast food, c’est une mauvaise habitude. Manger du fast food chaque jour pendant 10 ans, c’est un désastre”.
C’est facile de sous-estimer l’importance des petites choses, mais il faut réaliser que ce sont nos habitudes — ce qu’on fait tous les jours — qui déterminent qui nous sommes et quel genre de vie on mène.
Puisqu’on surestime notre “futur-moi” tout en se dissociant de lui, c’est facile de dire “demain”. Mais demain arrive, et le “moi” présent n’a pas plus la force ou la motivation de faire ce qu’il doit faire. Il faut être pessimiste. Se dire que si on ne le fait pas aujourd’hui, on ne le fera pas plus demain.
Le secret n’est pas la pensée magique. Le vrai secret, c’est une dose démesurée d’ambition mélangée à une douche froide de réalisme.
Victime des circonstances
New York, 11 janvier 1842. Un bébé du nom de William James voit le jour.
L’expression “voir le jour” est incroyablement ironique puisque le petit William est né temporairement aveugle pour ensuite conserver de sévères troubles de vision tout au long de sa vie.
Même s’il est né dans une famille influente, riche et respectée par l’élite new-yorkaise, William est loin d’être chanceux. Il a des problèmes de peau, un trouble d’estomac qui le fait constamment vomir, des problèmes d’ouïe et des spasmes de dos si intenses que ça lui arrive de ne pas pouvoir s’asseoir ou se tenir droit pendant des jours. 
À cause de sa santé fragile, le petit William passe la majorité de son temps à la maison. Il n’a pas beaucoup d’amis et n’est pas particulièrement bon à l’école. Il meuble plutôt ses journées à peindre, la seule chose qu’il aime faire. Malheureusement pour lui, personne ne le trouve vraiment talentueux et, une fois adulte, personne n’achète ses oeuvres.
Pendant ce temps, son petit frère (Henry James) et sa soeur (Alice James) sont occupés à devenir des écrivains reconnus à travers le monde. Incroyablement déçu de William, son père l’intimide constamment en le traitant de lâche ou de bon à rien. Il est le mouton noir, l’échec de la famille.
Dans un dernier espoir de rédemption, son père utilise ses connexions pour faire admettre son fils à Harvard Medical School. Malheureusement pour celui-ci, la médecine n’est vraiment pas quelque chose qui l’intéresse. Sur le campus et dans ses cours, entouré de l’élite, William se sent inadéquat — comme un imposteur.
Après seulement un an, William quitte Harvard. Pour éviter d’avoir à dealer avec la rage de son père, il s’enrôle dans une expédition anthropologique à travers la forêt amazonienne.
Il faut dire qu’en 1860, les voyages intercontinentaux étaient excessivement périlleux — rien à voir avec la mode des jeunes qui partent découvrir le monde en back pack, armés d’un selfie stick et d’un compte Instagram.
Après 6 mois et un intense mal de mer, William réussit à se rendre jusqu’au coeur de la forêt amazonienne. Une fois sur place, la balade en forêt tourne au cauchemar. Non seulement il contracte la petite vérole, mais ses spasmes de dos ressurgissent, le rendant incapable de marcher.
William se retrouve seul au beau milieu de l’Amérique du Sud, abandonné par son groupe d’expédition. Pour revenir à la maison, il doit entreprendre un voyage qui va prendre plusieurs mois et très probablement le tuer.
Contre ses propres attentes, il réussit à retourner en Angleterre, où il est accueilli par un père encore plus découragé. William, maintenant âgé de 30 ans, est un échec lamentable — il a échoué littéralement tout ce qu’il a entrepris jusqu’à ce point. Tout ça malgré le fait qu’il soit né dans une des meilleures familles du pays. Les seules constantes dans sa vie sont la souffrance et l’échec.
Un soir, alors qu’il lisait les écrits de Charles Peirce, il décide de débuter une petite expérience… Pendant un an, il allait assumer et croire de toutes ses forces que tout ce qui lui est arrivé dans sa vie était de sa faute — qu’il est le seul responsable de son triste sort. Pendant un an, il allait tout faire pour améliorer ou changer ses circonstances pour le mieux. S’il en venait à échouer, cela voudrait donc dire qu’il était réellement une victime impuissante du mauvais hasard et que rien qu’il puisse faire n’allait changer quoi que ce soit. Si tel était le cas, la seule option logique serait de s’enlever la vie, chose qu’il s’est engagé à faire.
Ce qui est drôle dans cette triste histoire, c’est que William James est aujourd’hui reconnu comme étant le père de la psychologie américaine moderne. Son travail a été traduit dans des centaines de langues et il est un des auteurs les plus cités dans ce domaine. Ce raté total est devenu un des intellectuels/psychologues/philosophes les plus influents de notre temps. William nous confie dans son journal qu’il s’est senti renaître à travers sa “petite expérience” et lui attribue TOUT ce qu’il a accompli plus tard dans sa vie.
On ne contrôle pas toujours ce qui nous arrive, mais on contrôle TOUJOURS comment on y réagit. Qu’on le réalise ou pas, on est tous responsable de notre expérience de vie.
Le mensonge du travail d’équipe
Voici ce que je viens de trouver en lisant une offre d’emploi: “Vous savez travailler en équipe tout en étant autonome dans vos réalisations”.
Sérieux?! Qui va avouer en entrevue être un sociopathe ayant besoin de supervision constante?
Pour une raison qui m’échappe, 90 % des offres d’emplois possèdent la mention “travail d’équipe”. Dans les RH, on dirait que la notion de travail d’équipe est un genre de panacée miracle.
Dans les faits, la plupart des recherches effectuées sur les dynamiques de travail indiquent que le travail d’équipe nuit à la productivité des gens. C’est surtout le cas lorsqu’il s’agit de tâches additives où il n’y a pas vraiment d’interdépendance entre les membres.
Les études menées sur le sujet proposent trois explications: 
Les membres du groupe s’attendent à ce que les autres se traînent les pieds, ce qui leur donne le droit de le faire.Dans un groupe large, l’individu se sent anonyme & invisible.Rares sont les groupes qui ont des standards / quotas de production / attentes bien définis envers chacun des membres.
En d’autres mots, personne ne veut être le “sucker” qui travaille plus fort que tout le monde tout en ayant le même maudit salaire.
Non seulement ça, mais d’autres études ont également démontré que le fait de travailler en équipe inhibe l’innovation et la créativité. Par exemple, le sens commun suggère que le brainstorm est plus efficace en groupe. Après tout, les idées des uns alimentent la créativité des autres! Non? Eh bien, dans les faits, les brainstorms en équipe génèrent beaucoup moins d’idées que lorsque les gens réfléchissent chacun de leur côté.
Notre culture nous laisse croire que c’est une bonne chose d’accomplir systématiquement chaque tâche en groupe alors que c’est loin de toujours être le cas. De façon générale, les projets individuels sont beaucoup plus rentables pour les entreprises que les travaux d’équipe. Ceci étant dit, certains projets requièrent la coopération de plusieurs experts. Alors dans ce cas, que doit-on savoir pour être un bon “joueur d’équipe”?
Comment gagner plus souvent à League of Legends?
Plus de 100 millions d’individus jouent à League of Legends chaque mois. Et si un jeu peut être utilisé pour expliquer les dynamiques d’équipe, c’est bien celui-là!
Dans ce jeu, deux équipes de cinq joueurs s’affrontent pour détruire la base ennemie. Pour ce faire, ils doivent avancer à travers trois couloirs qui lient les deux bases ensemble. Traditionnellement, les cinq joueurs jouent cinq rôles bien différents pour maximiser leurs chances de gagner. Il y a un bruiser en haut, un mage au milieu, un attaquant avec un rôle de support en bas et une personne qui se promène à travers le terrain pour aider ceux qui ont besoin d’assistance.
L’important à retenir dans tout ça, c’est que chaque mort donne un avantage important à l’autre équipe.  Donc, si un de tes coéquipiers meurt deux ou trois fois au début d’un match, ça crée un effet boule de neige difficile à arrêter. C’est une expérience particulièrement frustrante qui, tu devineras, mène à beaucoup d’insultes lancées à droite et à gauche entre les membres du groupe.
Le parallèle que je veux effectuer ici est que toutes les équipes interdépendantes possèdent leurs sources de discorde. Quelqu’un, quelque part, va mal faire sa job. Ça va entraîner une réaction (probablement négative) de la part du reste de l’équipe.
La raison pour laquelle j’ai parlé de William James et de League of Legends est simple: c’est tentant de croire qu’on n’est qu’un pion ou un engrenage dans un système complexe et que nos actions/décisions n’ont que peu ou pas d’impact sur le résultat final.
Cependant, la réalité est tout autre. Oncle Ben a dit à Peter Parker avant de mourir “Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités”. D’accord, mais il a oublié de dire le plus important: le contraire est également vrai. Avec de grandes responsabilités viennent de grands pouvoirs.
Ce n’est que lorsqu’on prend la responsabilité de sa propre vie en cessant de faire la victime qui joue au jeu du blâme (c’est de la faute au joueur qui n’arrête pas de mourir/ Janie qui fait pas sa job) qu’on peut commencer à exercer une influence positive sur son environnement.
En d’autres mots, assumer qu’on est responsable à 100 % de ce qui nous arrive dans la vie nous aide non seulement à exceller en tant qu’individu, mais également à gagner plus de matchs à League of Legends (lire: mieux performer en équipe)!
Selon les statistiques de Riot Game (la compagnie derrière le jeu), une équipe n’ayant aucun joueur négatif a 54 % de chances de gagner. Ce pourcentage baisse à 46 % lorsque trois des cinq joueurs ont une mauvaise attitude.
Et si tu doutes encore de l’impact que peut avoir un seul joueur sur la performance d’une équipe, considère ceci: les joueurs ayant un historique de comportements positifs gagnent 10 % plus de matchs que la moyenne. En contraste, les joueurs avec des antécédents négatifs gagnent 35 % moins de matchs, un écart de 45 %!
La raison pour laquelle je te dis tout ça est simple: tu dois reconnaître ton influence sur la performance de ton équipe, ne jamais blâmer tes coéquipiers et toujours rester optimiste et positif.
Je sais que ça sonne comme un gros tas d’âneries peace and love, mais fais-moi confiance, tu vas bientôt comprendre que les hippies ont peut-être raison sur un point après tout!
Comment entraîner un pilote de chasse
1960, Israël. Un jeune psychologue du nom de Daniel Kahneman donne une présentation à un groupe de pilotes de l’air. Il expose à tous les bases de la psychologie comportementale dans le but d’améliorer les performances des pilotes. Plus précisément, Daniel voulait souligner le fait que de féliciter un comportement positif fonctionne, mais que de réprimander un comportement négatif n’aide pas et peut même nuire.
Dans la salle, les instructeurs bouillaient d’incrédulité. Un d’entre eux lève la main pour s’exprimer: “J’ai souvent félicité mes pilotes lorsqu’ils ont fait des manoeuvres particulièrement spectaculaires. Par la suite, ils sont toujours moins bons. Et au contraire, lorsque je crie après les gens qui performent mal, ils s’améliorent toujours d’une bonne marge ensuite. Ne me dis pas que les encouragements fonctionnent, mais pas les punitions. Mon expérience prouve le contraire! ”
Kahneman a ruminé sur ce paradoxe pendant de longues nuits jusqu’à ce qu’il trouve la réponse dans un concept qu’il nomme “La régression à la norme”. Lorsqu’un instructeur crie après un étudiant, sa performance s’améliore. On a l’impression que c’est le feedback qui a causé l’amélioration du pilote , mais en fait, c’est plutôt la simple chance.
La régression à la norme veut simplement dire que, dans une séquence d’événements aléatoires, un événement extraordinaire va probablement, dû au hasard, être suivi par un événement ordinaire.
Chaque pilote possède une performance moyenne où on retrouve la plupart de ses vols. Bien sûr, la moyenne du pilote s’améliore au fil du temps, mais c’est un processus graduel qui est impossible à discerner d’une performance à l’autre. On doit plutôt observer la tendance.
Donc, lorsqu’un pilote performe de façon significativement supérieure à sa moyenne, l’instructeur a comme réflexe de le féliciter (ce qui est une bonne chose). Or, à cause du hasard, sa prochaine performance va probablement se trouver dans sa moyenne personnelle, c’est-à-dire qu’elle va être moins bonne.
À l’inverse, si le pilote performe mal et qu’il se fait réprimander, sa prochaine performance va s’améliorer, non pas à cause du feedback, mais à cause que sa performance va se rapprocher de sa moyenne personnelle.
J’explique la régression à la norme pour une simple et bonne raison: si quelqu’un dans ton équipe l’échappe, il s’agit sans doute d’un événement négatif qui sort de la performance moyenne de cet employé. Jouer à chercher un coupable ne va mener à rien de bon. Il faut mettre son égo de côté et retenir les pulsions qui nous poussent à corriger les autres pour avoir raison. Il faut se rappeler que ce genre de comportement fait perdre 45 % plus de matchs à League of Legends et que, même si notre coéquipier l’a échappé, c’est notre responsabilité de tout faire pour minimiser l’impact de l’incident sur l’équipe et/ou l’atteinte des objectifs.
Le mensonge du multitâche
Toutes mes excuses à la gent féminine, mais le multitâche est un mythe. Alors qu’on a l’impression d’être productif lorsqu’on fait deux ou trois choses en même temps, notre cerveau, lui, vit une tout autre expérience.
Dans les faits, lorsqu’on pense faire du “multitâche”, notre cerveau ne fait qu’alterner rapidement d’une tâche à l’autre. Et chaque fois qu’on alterne, il doit essayer de se rappeler ce qu’il faisait avant de changer, un phénomène qu’on nomme “Attention Residue”.
Mais là, tu te dis que ça ne doit pas être si mauvais que ça. Changer rapidement d’une tâche à l’autre, même ton iPhone est capable de faire ça. Comme tu vas voir, le multitâche est quelque chose qui coûte cher à notre cerveau. Une étude a démontré que de pratiquer le multitâche peut réduire ta productivité jusqu’à 40 % alors qu’une autre étude met de l’avant que ses participants engagés dans du multitâche subissent une baisse de quotient intellectuel supérieure aux participants ayant perdu une nuit de sommeil ou, tu vas rire, à ceux qui sont très high sur le pot. 
Tu penses que j’ai fini avec mes études, mais je fais juste commencer. Une autre étude a comparé le cerveau des gens qui font du multitâche quotidiennement et d’autres qui en font moins. Résultat? Ceux qui font du multitâche auraient moins de matière grise dans le cortex cingulaire antérieur que ceux qui n’en font pas! Cette région du cerveau est responsable de la régularisation des émotions. Ce n’est donc pas surprenant d’apprendre que le multitâche est associé à l’anxiété et à la dépression.
Avec tout ça, tu te dis sans doute “C’est bien Oli, mais moi je ne suis pas comme ça”.
Je m’excuse à l’avance de devoir éclater ta perception erronée de toi-même, mais une autre étude réalisée à Stanford (je sais, je suis fatiguant) a justement testé cette hypothèse — est-ce que les gens qui s’autoproclament bons au multitâche sont véritablement bons pour faire du multitâche?
La réponse est un délice d’ironie. Les gens qui se croient capables de faire plus d’une chose à la fois avec succès n’étaient non seulement pas meilleurs que les autres, mais pires!
C’est important que tu réalises que le multitâche ruine ta vie. Lorsque tu manges en écoutant la télévision, non seulement tu n’apprécies pas ton émission ou ton met à sa juste valeur, mais tu ingères en moyenne 10 % plus de calories sur le coup et 25 % plus lors du prochain lunch (parce que c’est plus difficile de se rappeler combien on a mangé).
Et le portrait est encore plus lugubre lorsqu’on s’intéresse à l’impact du multitâche sur les relations interpersonnelles. Il a été prouvé hors de tout doute qu’une personne qui texte en présence des autres est 1 000 % plus susceptible de finir ses jours seule, en dépression, entourée d’au moins 7 chats…
L’exil
La réalité est qu’à moins d’être barista ou contrôleur aérien, probablement que tu n’as pas besoin de faire du multitâche, mais que tu le fais quand même.
Tu te fais interrompre par une pensée hors sujet, comme “Je me demande s’il va pleuvoir demain” alors tu sors ton téléphone de façon tout innocente pour vérifier. Je veux dire… C’est sur ta maudite page d’accueil, ça va prendre 2 secondes et ta curiosité va avoir été satisfaite. Le problème, c’est qu’une fois sur ton téléphone, tu vois une notification de Stacey qui a commenté une de tes photos Instagram. Tu veux instantanément voir c’est quoi alors tu cliques dessus. Mais une fois sur Instagram, tu te rends compte que OMG! 7 personnes ont liké tes différentes photos. Qui sont-ils!? Doux Jésus, une de ces personnes s’adonne à être une jolie jeune femme qui aime un peu trop se prendre en photo. Tu scroll à travers ses photos et… Attends, qu’est-ce que tu faisais déjà? Ah oui! Le rapport annuel… Oh! Mathieu a commenté mon dernier statut!
Je crois qu’il y a deux coupables qui nous empêchent de rester concentrés sur une seule tâche à la fois. Numéro un, on est incapables d’attendre pour avoir une information et, numéro deux, on a beaucoup trop de notifications.
Imagine… Si on voulait connaître quelque chose il y a à peine 30 ans, on devait aller à la bibliothèque, trouver le livre et chercher l’information à travers 300 pages. Aujourd’hui? On entre deux ou trois mots dans Google et le tour est joué. De nos jours, on s’attend à ce que tout soit instantané et on est incapables de tolérer de savoir qu’on ignore quelque chose.
La preuve? On voit “Les 4 fruits utilisés par les Incas pour transformer le gras en muscle!” avec une photo d’un fruit vraiment dégueulasse et qu’est-ce qu’on fait si on a le moindrement un surplus de poids? Yep, that’s right. On clique dessus. #Clickbait
Et puisque la plupart des gens ne se sentent pas engagés par leur travail, tu peux être sûr qu’ils ont toujours 1 000 choses qui leur trottent dans la tête. Une de ces choses va les forcer à sortir leur téléphone pour vérifier une information. Et une fois sur le téléphone, le deuxième coupable du déficit d’attention entre en jeu: la notification.
Selon une étude qui a comparé le cerveau de jeunes adultes accros à Internet à ceux de gens normaux dans le même groupe démographique, l’usage abusif des médias sociaux aurait un impact négatif sur les zones du cerveau responsables du contrôle des émotions, de l’attention et de la prise de décision. Ces changements sont étrangement similaires à ceux qu’on peut retrouver dans le cerveau des alcooliques et des cocaïnomanes.
Les médias sociaux nous permettent d’avoir une récompense (une dose de dopamine) avec relativement peu d’efforts (aller voir ta notification), ce qui reprogramme le cerveau à désirer ces situations. Et, comme avec une bonne grosse ligne de coke, plus on en prend, plus on en veut.
Probablement que tu penses que tu n’as pas de problème avec les notifications et que ton cerveau est complètement sain, mais laisse-moi te poser une question… Est-ce que ça t’est déjà arrivé de sentir vibrer dans ta poche alors que ton cellulaire n’y était même pas? C’est ce qu’on appelle des vibrations fantômes et, si tu en as ressenti dans les dernières semaines, c’est la preuve que ton cerveau est, en bon français, fucké ben raide.
La première étape vers notre rédemption est d’accepter notre impuissance face à l’emprise maléfique des notifications sur notre attention.
Le meilleur exemple que je peux donner est mon addiction maladive aux sacs de chips. Si j’ai le malheur de m’installer devant la télévision, je suis absolument incapable de résister à la tentation. Ma solution? Comme un fumeur incapable de se contrôler, je jette le sac aux poubelles et j’évite la rangée des chips lorsque je vais à l’épicerie.
La solution est donc simple: ouvre tes préférences Facebook, Instagram, Twitter, LinkedIn et désactive toutes tes notifications. Personnellement, la seule que je garde est celle de Facebook Messenger.
Ensuite, prends l’habitude de toujours mettre ton téléphone sur “silencieux”. De mon point de vue, si ton téléphone peut te convoquer à tout moment de la journée tel un esclave junkie en manque de sa dose, tu as un “léger” problème. TU décides quand c’est le temps de prendre ton téléphone, pas le contraire!
Lorsque tu travailles sur ton ordinateur, ferme Messenger, Facebook et Gmail. Utilise l’extension chrome Go Fucking Work pour limiter ton accès aux sites qui te dérangent.
Le guerrier zen
Tu ne penses à rien en particulier. Tu es concentré, mais ce n’est pas un effort. Tu es extrêmement productif, mais tu n’as pas l’impression de travailler. Tes mains s’animent sur ton clavier d’ordinateur comme si elles étaient pilotées par une force mystérieuse. Tu perds la notion du temps. Les minutes se transforment en heures et, avant que tu t’en rendes compte, tu sens une main qui te secoue l’épaule.
Tu enlèves tes écouteurs, il est midi et ton collègue veut aller au McDonald’s avec toi. Fuck! Tu étais “dans la zone” et il vient de te réveiller.
Ce que je décris, tu l’as déjà vécu, cette sensation d’être complètement absorbé. Tu es bien, tu ne penses à rien, tout est facile. C’est un état très commun chez les sportifs et on lui crédite la plupart des records mondiaux. C’est aussi très fréquent d’entendre les musiciens et artistes décrire cet état lorsqu’on leur demande d’où leur vient leur inspiration. Et ça va peut-être te surprendre, mais c’est également très commun chez les programmeurs/designers web.
On peut comprendre pourquoi ce phénomène attire depuis longtemps l’intérêt de la communauté scientifique. En fait, Mihaly Csikszentmihaly a été le premier à proposer le terme “flow” pour décrire cette expérience. Dans son best-seller publié en 1990 intitulé “Flow: The Psychology of Optimal Experience”, il explique que l’état de flow est essentiel pour être capable de s’accomplir à son maximum et de vivre une vie pleine et satisfaisante.
Une étude longitudinale réalisée par McKinsey rapporte que les hauts dirigeants des entreprises jugent qu’ils sont cinq fois plus productifs lorsqu’ils sont en état de flow. Si leur jugement est exact, ça veut dire que si tu es en flow pendant 20 % de ton temps de travail, tu doubles ta productivité.
Une étude menée par DARPA est également venue à la conclusion que les recrues qui s’entraînent pour devenir tireurs d’élite apprennent 230 % plus vite lorsqu’ils sont en flow.
Non seulement cet état augmente les performances et l’apprentissage, mais ça donne aussi un solide boost de créativité et de motivation. Il s’agit de l’état naturel le plus addictif au monde.
La raison derrière tout ça est que l’état de flow augmente la concentration de cinq neurotransmetteurs dans le cerveau: la noradrénaline, la sérotonine, l’endorphine, l’anandamide et la dopamine. 
Ce sont tous des neurotransmetteurs qui augmentent nos performances en plus de nous faire sentir incroyablement bien. 
Pour te donner un exemple rapide, l’anandamide s’attache aux mêmes récepteurs que le THC, l’élément psychoactif de la marijuana. Il entraîne un sentiment de “béatitude” tout en stimulant notre pensée latérale, c’est-à-dire notre capacité à “penser en dehors de la boîte”.
L’endorphine, qui est générée naturellement lors de l’activité physique et de l’orgasme, s’attache à nos récepteurs opiacés. Il s’agit d’un antidouleur très puissant (et addictif).
La dopamine est le neurotransmetteur principal de la motivation. Il nous force à porter attention et stimule la sensation d’anticipation.
La noradrénaline augmente le rythme cardiaque, donne plus d’énergie et favorise un état d’alerte.
Finalement, le boost de sérotonine nous met de bonne humeur et augmente notre empathie.
Le cocktail de neurotransmetteurs que je viens d’énumérer ressemble étrangement à l’effet de la MDMA (Ecstasy), une drogue souvent décrite comme étant “la meilleure soirée de ta vie dans une pilule”. Cette drogue stimule ton corps à créer un mélange d’oxytocin, de sérotonine, de dopamine et de noradrénaline (l’oxytocin te donne envie de donner des câlins à tout le monde en plus de tout le reste).
La MDMA pourrait très bien être une pilule de flow sur demande si ce n’était pas du fait qu’elle vide complètement tes réserves de neurotransmetteurs, te laissant dans un état léthargique d’agressivité mélangé à un état dépressif pendant presque une semaine.
D’ailleurs, l’Adderall possède une composition chimique très similaire à la MDMA. Il s’agit d’une drogue qu’on prescrit aux gens atteints de trouble déficitaire d’attention. Elle entraîne un mixte d’adrénaline, de noradrénaline et de dopamine.
Ou peut-être connais-tu le Méthylphénidate, une amphétamine vendue sous le nom de Ritalin. Similaire à Adderall, la coke ou la MDMA, le Ritalin donne un high de dopamine, de noradrénaline, et de sérotonine.
Et la liste continue: Vyvanse, Concerta, Focalin, Dexedrine, Methylin, Metadate…
Sachant que plus de la moitié de la population ne se sent pas “engagée” par son travail, c’est facile de comprendre la montée en popularité de ces drogues chez les adultes. Il s’agit de l’antidote parfait pour notre population de travailleurs qui s’emmerdent royalement. 
Comment avoir son high naturel?
Tu sais maintenant qu’être en état de flow est le raccourci le plus efficace pour devenir plus productif. Malheureusement, être en flow n’est pas si évident que ça.
La façon la plus facile est d’aller te plaindre à ton médecin que tu as un déficit d’attention et d’espérer qu’il te prescrive de la cocaïne en pilules.
Heureusement pour nous, il existe un autre moyen qui s’adonne à être beaucoup plus sain en plus d’être complètement gratuit!
Selon Steven Kotler, auteur de Rise of Superman, il existe 17 facilitateurs qu’on peut utiliser pour créer un environnement qui nous force à être en flow.
Voici un bref résumé des six facilitateurs les plus pratiques/faciles à appliquer dans nos vies. 
La concentration
Aller en flow, c’est un peu comme aller dormir: c’est une transition qu’on permet à notre corps d’effectuer. On ne peut pas forcer le flow, mais on peut se laisser aller dans un état de flow.
Lorsqu’on commence à travailler, c’est normal d’être distrait par n’importe quel détail insignifiant (ton chandail pique, ta chaise n’est pas confortable, tu as faim…) Quand ça nous arrive, il faut prendre sa voix autoritaire et se parler: “Olivier, tu ne quittes pas ta chaise tant que tu n’as pas fini d’écrire ce chapitre, ça ne sert à rien de résister”.
La concentration est l’élément le plus important du flow. C’est impossible de se rendre à cet état si on nous dérange. Ça prend la discipline personnelle de fermer ses notifications et de refuser toutes les distractions qu’on aurait dans notre environnement. 
Je sais que c’est difficile. On vit dans une ère où, si on ne répond pas en moins de 15 minutes, les gens commencent à devenir anxieux. Ferme tes messages et mets ton téléphone sur silencieux. Crois-moi, il n’y a aucun message texte qui ne peut pas attendre 12 h pour une réponse. Si c’est réellement important, le téléphone va sonner. Et non seulement il va sonner, mais on va laisser un message sur la boîte vocale.
Parfois, ce sont les patrons qui nous bombardent de messages texte. Honnêtement, je doute qu’il soit fâché si tu ne réponds pas immédiatement. Après tout, lui aussi a autre chose à faire. Mais s’il est fâché, alors je pense qu’il sera facile de lui faire comprendre que, pour effectuer un travail de qualité, tu dois être concentré et sans distractions. Ouain… Il risque de se sentir niaiseux un peu.
Si on ne cédule rien à son horaire, il va se faire remplir d’un paquet de petites choses pas tellement importantes. C’est pourquoi c’est primordial de planifier ses blocs de productivité à l’avance. “Entre 1 h et 4 h, je fais X.” Pendant ce bloc, tu travailles uniquement sur ta tâche. L’alternative étant de fixer ton écran et de t’emmerder royalement. Ne laisse absolument rien te distraire ou te déranger. Pas un collègue, pas un e-mail, pas un appel, pas un patron: rien.
Parlant justement de collègues… J’ai travaillé quelques années dans un bureau ouvert et une des solutions que j’ai trouvées pour qu’on arrête de me déranger est de m’acheter une grosse criss de paire d’écouteurs. Ça envoie le signal aux gens que tu es concentré et que tu ne veux pas te faire déranger. Et si tu n’es pas le genre de personne qui aime écouter de la musique en travaillant (comme moi), alors je te recommande fortement d’investir dans les Bose QuietComfort. Ils possèdent une technologie qui écoute le son ambiant pour ensuite inverser le signal dans tes oreilles, annulant ainsi tout bruit dans ton environnement.
Un objectif clair
Dans l’état de flow, c’est important que ton esprit n’ait pas à se demander quoi faire. Aussitôt que tu finis une tâche, tu dois enchaîner avec la suivante sans prendre de pause. C’est pourquoi il faut débuter chaque session de travail avec une petite période de planification.
Déconstruis la tâche que tu es en train d’accomplir en microétapes. Lorsque je programme, j’énumère toutes les étapes logiques que je devrai faire sur un bout de papier ou un tableau blanc. Lorsque j’écris, je fais un plan détaillé de chaque section du texte et de tous mes arguments avant de l’attaquer.
Mais ce n’est pas tout. Il faut non seulement savoir quoi faire, mais aussi pourquoi on le fait.
Que ce soit la mission d’entreprise ou encore ta mission personnelle, il ne faut pas hésiter à utiliser des éléments internes ou externes pour te motiver. Que ce soit pour changer le monde ou t’acheter une plus grosse piscine que ton voisin, il n’y a pas de mauvaise raison pour travailler fort!
Un bon défi
Pour être en flow, c’est important que la tâche en cours soit juste assez difficile pour qu’on ait à se forcer, mais pas assez pour nous faire chier.
Si la tâche est trop difficile, elle va nous rendre anxieux. Si elle est trop facile, elle va nous ennuyer. Ce principe crée un corridor où c’est plus facile de se retrouver en flow. 
La méditation aide aussi grandement à élargir ce corridor puisque ça augmente notre capacité de concentration et facilite la gestion des émotions négatives comme l’anxiété.
De la rétroaction
La rétroaction immédiate aide à garder la concentration sur la tâche en cours. Un auteur contemple chaque phrase qu’il écrit de la même façon qu’un musicien entend chaque note qu’il performe. Similairement, un programmeur sait si ça fonctionne (ou pas) instantanément et un vendeur peut lire le langage non verbal de son prospect tout au long de l’interaction.
Si on a accès à du feedback immédiat, notre cerveau n’a pas besoin d’utiliser ses ressources pour analyser et chercher des indices pour s’améliorer. Non seulement ça, mais ça nous garde en état d’alerte — la rétroaction nous pousse à porter attention. On reste engagés à 100 % dans le moment présent, ce qui augmente nos chances d’être en flow.
Des enjeux importants
L’être humain étant une créature sociale, rien ne nous motive plus que la peur de l’humiliation!
Lorsque tu prends un projet en main et que tu es publiquement responsable de son succès, te concentrer va être une tâche facile. Si tu t’engages publiquement à faire quelque chose, tu vas avoir peur du jugement des autres si tu échoues. Ta responsabilité n’est pas obligée d’être publique, ton entente peut être entre toi et ton patron.
Il n’y a pas que la peur, mais aussi l’anticipation de la gloire! La promotion ou la médaille qui t’attend à la fin de tout ça.
Je parle de conséquences sociales parce qu’elles sont celles qui s’appliquent le plus à ta situation, mais il existe également les enjeux physiques. Par contre, je doute que la CSST soit d’accord qu’un employeur mette volontairement la vie de ses employés en jeu pour améliorer leur productivité! 
Mais rien ne te pousse en flow comme la peur de la mort! Et puisque c’est l’état naturel le plus addictif au monde, ce n’est pas surprenant que certaines personnes prennent des risques incroyables pour ressentir cette émotion. Felix Baumgartner, par exemple, a fait un saut en parachute à partir de l’espace! Dans une entrevue qu’il a accordée au journal The Telegraph, il admet que l’expérience l’a terrifié. “C’était l’enfer!” 
Un environnement riche
Dans l’immédiat, un environnement riche est un environnement difficile à prévoir qui t’expose à beaucoup de nouveautés et de complexité; trois choses qui captent ton attention (un peu comme le risque et la pression sociale). Après tout, si on ignore ce qui va se produire ensuite, on n’a pas le choix d’être attentif!
Mais un environnement peut également être riche lorsqu’il force ton cerveau à créer de nouvelles connexions. Le fait de voyager dans une autre ville ou un autre pays, de débuter une nouvelle routine de vie (comme aller au gym), de lire des livres de non-fiction ou encore de travailler dans un milieu ayant une démographie variée (ethnie, âge, sexe) va te stimuler intellectuellement et faciliter ton accès au flow.
Sommaire du chapitre
L’objectif de ce chapitre était de déconstruire les habitudes les plus utiles à développer pour améliorer son éthique de travail ainsi que sa productivité.
La raison pour laquelle j’attaque les habitudes est simple: alors qu’on pense tous être des entités raisonnables et autodéterminées, la vérité est tout autre. Notre vie est le résultat de millions de microdécisions prises inconsciemment par notre cerveau.
Une partie importante de notre comportement est commandée par nos habitudes de vie. Malheureusement pour nous, une fois qu’une habitude s’est formée, c’est impossible de s’en débarrasser complètement. La seule chose qu’on peut faire, c’est développer une nouvelle habitude par-dessus l’ancienne. C’est pourquoi il faut faire attention lorsqu’on est dans un emploi ou une relation qui nous déplaît. Les mauvais plis qu’on prend vont rester avec nous toute notre vie! 
How you do anything is how you do everything. Si tu es toujours en retard et que tu bâcles tes tâches dans un travail que tu n’aimes pas, ces habitudes ne vont pas magiquement disparaître si tu as une promotion! D’où l’importance de faire attention aux habitudes qu’on développe et à celles qu’on souhaite remplacer.
Cependant, ces habitudes de vie n’ont pas toutes le même impact. Certaines sont inoffensives, comme le côté du lit que tu préfères pour dormir, alors que d’autres ont un impact démesuré. 
Dans ce chapitre, j’ai tenté d’expliquer l’importance de quatre de ces habitudes: la visualisation, la victimisation, le multitâche et le flow.
Alors que c’est très commun de “visualiser” ses objectifs, c’est moins commun de visualiser le processus qui nous amène à réaliser ces objectifs. Si on veut vraiment réussir, mieux vaut anticiper les embûches et le travail à accomplir que la carotte au bout du bâton. Bien sûr, c’est possible de faire les deux, mais une bonne dose de réalisme optimiste est préférable à une illusion démesurée de grandeur.
Ensuite, on a vu comment Williams James a changé sa vie avec une petite expérience: vivre sa vie comme s’il en était responsable à 100 %. Il existe un mot pour décrire les gens qui délèguent la responsabilité de leur propre vie, on appelle ça des victimes. Ne te méprends pas, blâmer les autres pour ses circonstances est une habitude au même titre que de se brosser les dents. Les habitudes peuvent être autant physiques que mentales. Dans le palmarès des pires habitudes mentales, jouer à la victime remporte la première position.
La mentalité de victime est suivie de très près par notre obsession maladive avec le multitâche. On pense tous être très bons pour faire plus d’une chose à la fois, mais la réalité est tout autre. Notre cerveau n’est pas fait pour gérer deux tâches à la fois. À la place de les traiter en silo, il alterne rapidement entre chacune d’entre elles. Ça donne l’impression de faire du multitâche, mais cette impression vient au coût d’une lourde pénalité en termes de productivité. Donc, mets ta sonnerie sur silencieux, ferme les onglets inutiles et travaille!
J’ai terminé ce chapitre en discutant d’un phénomène que tout le monde connaît: l’état de flow. Lorsqu’on est en flow, tout est facile: on est plus créatif, on a plus de concentration… C’est comme un état magique où on a l’impression d’être dopé. Une étude de McKinsey va même jusqu’à proposer que le flow peut nous rendre jusqu’à cinq fois plus productifs. Ça vaut donc la peine de moduler notre environnement et de changer nos habitudes de vie pour favoriser l’état de flow dans notre vie.
Pour ce faire, on a vu six des 17 facilitateurs identifiés par Steven Kotler: la concentration, un objectif clair, un bon niveau de difficulté, la rétroaction instantanée, les enjeux sociaux/physiques (perde la face/mourir) et un environnement stimulant.
C’est mon espoir que les informations contenues dans ce chapitre seront suffisantes pour faire en sorte que tu portes un regard différent sur le rôle que jouent les habitudes dans ta vie.
Au cours des prochains chapitres, je vais introduire non seulement de nouvelles habitudes à intégrer à ta vie, mais aussi de nombreuses tactiques et stratégies à employer pour vaincre la procrastination et travailler de façon plus efficace.
Chapitre 5 – Comment devenir drastiquement plus efficace. was first posted on février 24, 2021 at
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