Show notes
«C’est un peu comme une veilleuse, sur un endroit du ciel où l’on ne va pas» J’ai rencontré Carole, la chorégraphe sans fil. Carole elle aime les contrepoints. Ce qui l’intéresse, c’est la précarité de l’équilibre, son ajustement permanent. Dans son dernier solo Mes soudains, elle s’empare du texte d’Henri Michaux, Connaissance par les gouffres et crée une suite d’incidents, de mouvements incongrus, de lâchers prises, plus ou moins rattrapés. Elle dit que dans notre corps, il y a toujours quelque chose sous-tend un événement qui se produit dans une autre région du corps. Ça tombe bien. Comme la grue. Elle me dit qu’elle est majestueuse, et bien répartie. Que nous, on tient debout, par miracle. Elle dit que le déséquilibre, il faut s ‘en saisir, l’accepter, le prendre comme un mouvement. Mais elle me dit que si elle pouvait se déplacer, la grue, ce serait formidable. Elle me dit qu’on danse pour se sentir moins seul, à se sentir seul. Pour accepter sa fragilité.


